CHAPITRE DEUXIÈME
jetèrent à la côte. Dans ces derniers jours du Canada, tout est épique ; YAtalante, commandée par Vauquelin, brûla sa dernière gargousse et fut prise, sans avoir amené son pavillon ; à bord il n'y avait pas un homme qui ne fut blessé ; quand on héla le navire silencieux, Vauquelin répondit seulement : « Si j'avais eu de la poudre, vous m'entendriez bien >).
Montcalm et le Canada français.
Charles de Bonnechose
Faucher de Saint -^laurice a raconté beaucoup plus dramatiquement la fm de VAtalante :
« Enfin les x\nglais se décident à aborder ce mystérieux vaisseau qui brûle par l'avant. Pas un mouvement ne se fait à bord du navire français : on n'entend que les crépitements de la flamme qui fait lentement son œuvre. Les Anglais grimpent à l'abordage. Ils aperçoivent Vauquelain en grande tenue et sans épée ; il l'avait jetée dans le Saint-Laurent pour éviter de la rendre. Le commandant de l'Atalante était assis au milieu de ses blessés, au pied du pavillon.
« — Pourquoi n'amenez -vous pas vos couleurs, lui demande l'officier anglais ?
— Si j'avais eu plus de poudre, je causerais encore avec vous. Monsieur, lui répondit fièrement Vauquelain. Quant à mon drapeau, si vous voulez le prendre, vous n'avez qu'à monter le déclouer. Ma devise de Français est non pas de l'amener, mais de faire amener ceux des ennemis de mon pays »...
Le commandant Swanton reçut Vauquelain à Québec, en héros...
Mém. de la Soc. Royale, II, 43.
Faucher de Saint-Maurice
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