LETTRE DE FRÉDÉRIC-GUILLAUME, ROI DE PRUSSE
Monsieur le duc, j'ai toujours porté un attachement véritable au maréchal, duc de Reggio, votre père ; la nouvelle de sa mort, que vous avez bien voulu m 'annoncer par votre lettre du 28 du mois passé, m'a donc frappé douloureusement. L'intérêt que je prenais à tout ce qui le concernait ne cesse pas avec sa mort, et passe à sa famille. Je sens vivement avec vous, Monsieur, la perte que vous venez de faire. Feu votre père a su se concilier dans ce pays-ci l'estime générale sous les cir-
constances les plus critiques, et dans un temps d'irritation sans exemple contre le souverain qu'il servait alors. C'est, selon moi, un des plus beaux titres de gloire et qui honore le plus sa mémoire. La conduite du maréchal à Berlin n'a, comme vous le savez, jamais été oubliée parle feu Roi, mon père, et j'ai été l'héritier de ses sentiments. Conservant dans mon cœur ces souvenirs, je vous engage à accepter mes sincères regrets ainsi que l'assurance réitérée de ma parfaite estime et de ma bienveillance. Sur ce, je prie Dieu, Monsieur le duc, qu'il vous tienne dans sa sainte et digne garde. Votre affectionné,
Signé : FRÉDÉRIC-GUILLAUME.
Sans-Souci, le 30 octobre 1847.