‹ Récits de guerre et de foyerChapitre 32 sur 42 · LETTRE DU COMTE DE CHAMBORD · texte numérisé non relu

LETTRE DU COMTE DE CHAMBORD

Au Duc de Reggio.

Mon cousin, comme Français, comme fils aîné de l'Église, je ne pouvais rester étranger au grand fait d'armes que vous venez d'accomplir. Rome rendue à son Souverain légitime, la ville des apôtres ramenée sous l'obéissance de celui qui a hérité de leur mission divine , ce sont là d'illustres souvenirs qui demeureront attachés aux armes françaises. J'ai éprouvé un vif sentiment de joie en voyant nos soldats ajouter cette nouvelle gloire à tant d'autres gloires qui sont notre patrimoine à tous ; je ne suis pas moins heureux de penser que c'est vous qui avez rempli cette haute et belle mission, que c'est à vous qu'en appartient l'honneur et en est due la reconnaissance. Votre épée a été digne de celle de votre noble père le guerrier de Zurich, de Friedland et de Wagram. Quoique les portes de la patrie me soient fermées encore et que ma position me prive du bonheur de distribuer les récompenses nationales justement acquises à la valeur et aux services rendus, je sens cependant le besoin de vous donner ici un témoignage de ma satisfaction personnelle auquel je sais que vous attachez du prix.

Je vous renouvelle, mon cousin, l'assurance de toute mon estime et de ma bien sincère et constante affection.

Henri.

15 septembre 1849.

Rappelons que Auguste Oudinot, deuxième fils du maréchal, trouva une mort glorieuse en Algérie, au combat de la Macta (1835).

Deux filles, nées du premier mariage du maréchal, avaient épousé, Tune le général comte Pajol, l'autre le général comte de Lorencez, qui tous deux firent les guerres de la République et de l'Empire.

Pajol (1772 -f 1844), un des plus brillants officiers de cavalerie de son temps, se distingua particulièrement à Hohenlinden, à Eckmùhl, en Russie, à Leipzig, à Montereau et pendant la campagne de Waterloo.

Lorencez (1772 -f 1827) prit part à la bataille de Wagram, aux cajnpagnes d'Espagne, et fut si grièvement blessé à Bautzen que l'équitation lui demeura depuis interdite.

De son mariage avec Eugénie de Coucy, le maréchal eut deux fils, le colonel Charles Oudinot (10 mars 18 19 -j* 10 décembre 1858), dont il a déjà été parlé, et le général Henry Oudinot (3 février 1822 -j* 28 juillet 1891), qui prit une part brillante aux principales campagnes de notre temps. L'un et l'autre s'étaient signalés en 1849 sous les ordres de leur frère aîné, le général Oudinot, duc de Reggio, commandant en chef l'expédition dont le résultat fut la restauration du Saint-Siège.

L'esprit militaire s'est perpétué jusqu'aux petitsenfants du maréchal Oudinot. Deux fils du général Pajol ont été, le premier, Charles Pajol (7 août 18 12 -f*2 avril 1891), général de division, le second, Eu-

gène Pajol (13 novembre 181 7 -{* 18 avril 1885), général de brigade.

Le général de Lorencez a laissé un fils, Charles- Ferdinand (23 mai 18 14 -J* 23 avril 1892), qui est devenu lui-même général de division.

C'est ce dernier qui, en 1862, s'aventura intrépidement au cœur du Mexique avec une poignée d'hommes et dirigea une première attaque contre Puebla.

Le lieutenant Antoine de Lévezou de Vesins, petit-fils du maréchal Oudinot et d'Eugénie de Coucy, fut tué à la bataille de Gravelotte, le 16 août 1870. Gravement atteint, il refusa de quitter le champ de bataille et voulut épuiser ses dernières forces en luttant ,pour la patrie. Une deuxième blessure le frappa mortellement; il se fit alors tourner de façon à expirer face à l'ennemi. Il était à peine âgé de vingt-cinq ans.

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