PRÉFACE
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Il en* est autrement de Chrysostome. Tout dans la vie du patriarche de Constantinople est historique au premier chef, et sa personnalité qui se détache avec tant de relief au milieu des événements n’en saurait être séparée. Chrysostome, dans nos récits, est l’archevêque plutôt que l’orateur à qui sa douce et abondante élocution fit donner le surnom de bouche d’or. Homme du gouvernement épiscopal visà-vis de son clergé et des autres clergés d’Orient, il représenta vis-à-vis de l’empereur et de la cour
l’autorité ecclésiastique dans ses droits réels comme
dans ses écarts. A l’aide de ce double caractère, nous avons pu entrer dans l’analyse de la société orientale plus profondément que ne l’eût jamais permis l’histoire profane la plus détaillée.
Des sources que nous avons consultées, comme par exemple les livres mêmes de Chrysostome, surtout ses lettres, sa biographie par Palladius, son ami, et les débats des . deux conciles qui l’ont condamné , jaillit une lumière qui pénètre tout ce monde oriental jusque dans ses entrailles. On y voit se dessiner avec la même netteté le camp de l’impératrice et celui de l’archevêque: d’un côté la cour de Byzance avec ses intrigues ambitieuses et ses galanteries ; de l’autre les inimitiés des évêques, leurs sourdes cabales, leurs impitoyables vengeances; et dans le fond du tableau un peuple fanatique envoyant pour adieu à son pasteur exilé les