‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 27 sur 251 · Oros., VII · texte numérisé non relu

Oros., VII

l'Empire, et son père, officier distingué, avait commandé sous Valens la cavalerie barbare, ou, comme disaient les poètes du temps, « les escadrons aux cheveux rouges ^ » Mêlé à. la jeunesse romaine dans les écoles et dans les camps, il avait reçu toute l'éducation d'un enfant de Rome, et l'on put de bonne heure distinguer en lui une intelligence vive, unespril plein desaillies, une éloquence facile, et le goût des lettres joint à la passion des armes. Cette éducation, en développant son génie, avait échauffé son âme ; il admirait, il aimait Rome, il s'identifiait avec elle jusque dans son passé. Se croire Romain, se confondre avec ces héros que lui montrait l'histoire, et dont il occupait la place dans Uome encore puissante, c'était une illusion qui le charmait. Il fallait, pour plaire à ce Vandale, le comparer aux Fabricius, aux Gurtius*, aux Camille \ et son cœur dut se gonfler d'orgueil quand un poêle que les contemporains égalaient à Virgile vint, aux applaudissements du sénat et du peuple, se proclamer en vers harmonieux l'Ennius d'un second Scipion*. A tout prendre, il y avait moins loin de ces races neuves et énergiques, où Rome recrutait alors ses dé-" fenseurs, aux Romains des premiers âges que de Cin-

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