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au choc de toûs les tremblements de terre dont nous sommes prochainement menacés. à

Voici le log-house du père Buchanan, une des maisons de pension échelonnées sur la ligne ; on y prend un bon repas pour vingt centins ; le prix est le même pour tout le monde, car l'ordinaire ne peut être que le même pour tous ; du reste, ce prix est invariable, dans toutes les pensions qui s’établissent, au fur et à mesure que les hommes séjournent quelque peu dans un endroit. Le père Buchanan à une belle grande fille, une blonde anglo-saxonne, aux membres d’athlète, qui vous débite en trois coups de hache une énorme buche, et, l'instant d’après, vous servira gracieusement, avec sa main redoutable, une assiettée de soupe ou un rosbif taillé comme dans un billot. Ici, le sol est superbe pour la culture des grains et des légumes ; on le voit bien aux couches jaunes, argileuses, pâteuses, que la pelle tranche et qu’elle rejette symétrique ‘ment de côté, pour former les terrassements : mais cette région est aussi parfois tant soit peu marécageuse, comme il arrive partout où l’on approche de l’arête de séparation des eaux; les savanes toutefois ont peu de profondeur et un égouttement bien entendu en aurait facilement raison,

Mais qu’on me permette de remarquer combien on peut tirer d'enseignements, même d’un tout petit voyage, quand on observe bien. Une foule de choses différentes se présentent à la

fois dans un cadre étroit, Tout est intéressant .

dans un pays neuf ; on y voit les hommes dans leur nature même, anx prises avec tout ce qui les entoure. Le moindre petit fait y prend un intérêt qui nous touche de près, et c’est ainsi que nous apprenons à connaître par le détail intime comment se sont formées les sociétés qui, plus tard, vivent en pleine civilation. L'histoire du monde n’est pas autre chose, et c’est depuis qu’on a commencé l’étude de cette vie intime qu’a été apporté, dans les recherches historiques, un élément nouveau, absolument indispensable pour connaître l’origine, la formation et les développements successifs des sociétés, élément bien autrement considérable et important que le récit fastueux des grands événements, des actions éclatantes, des batailles, des conquêtes et des règnes de princes la moitié du temps ineptes, ignares, réfractaires à tout progrès et incapables de faire quoi que ce soit, pas même des log-houses !

sù-

Parfois on traverse des espaces ravagés par le feu. Quel spectacle grandiose et mystérieux, en apparence, que le feu dans les bois! Vous le voyez s'allumer subitement, à droite, à gauche, devant vous, sur vingt points à la fois, poussé par une force inconnue, dévorant sans merci les arbres les plus robustes, tandis que les broussailles rampantes lui échappent. L'air est plein d'une poussière ardente, coupée de longues flammèches qui, en s'envolant dans toutes les directions, vont porter l'incendie dans des endroits jusqu'alors épargnés, pendant que d’autres, tout voisins du fléau, restent intacts. Là où le feu a pour ainsi dire sauté par dessus le dôme de la forêt, pour aller au loin distribuer ses colères, apparaissent de grands arbres, secs et dénudés, solennels, impassibles comme des rangées de .Squelettes, sans une branche jusqu’à la mi-hauteur du tronc, et laissant tomber de leur moitié supérieure leurs feuilles mortes, une à une, lentement, par intervalles, comme les pleurs silencieux qu'on verse dans l'abandon.

Les bouleaux surtout sont démesurément longs et maigres. Le bouleau est le yankee des forêts du nord, avec une écorce beaucoup plus

souplé que la peau de nos chers voisins; sa

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qualité supérieure est de pouvoir pousser dans n'importe quelle espèce de terre, surtout dans la mauvaise ; c’est pourquoi il n’y a pas un pouce de terrain inutile dans notre pays, si ce n’est peut-être celui de l’ancienne caserne des Jésuites, où les bouleaux vont bientôt sans doute faire leur apparition, à moins qu’on ne les prévienne par quelque nouvelle construction monumentale, surchargée “ d’extras” et sillonnée d’avance de lézardes, comme les murs de notre palais législatif.

Nous habitons le pays par excellence des lacs, des rivières et des pouvoirs hydrauliques. Il n'y en a pas d'autre au monde où l’eau utilisable, pour fins industrielles, soit en plus grande abon-

dance. Sur le parcours du chemin de fer du lac’

Saint-Jean on pourrait construire aisément, en quelques années, peut-être une cinquantaine de

scieries, et il faudrait alors deux à trois mille

wagons pour transporter tout le bois abattu, et cela durerait une dizaine d'années, et la valeur nouvelle donnée à cette région jusqu'ici improductive et inculte ne s’élèverait à rien moins

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