‹ Récits militaires (volume 3)Chapitre 21 sur 21 · BR.ETON · texte numérisé non relu

BR.ETON

Ex sergent^ 1er secrétaire, employé à la Sous-Préfecture.

Mascara, le 6 décembre 1884.

Mon Général,

M. le commandant Albert m'avait transmis la lettre ci-jointe, d'un ancien sous-officier du 2e tirailleurs, en me disant que, comme doyen des officiers du régiment, il m'appartenait de faire les démarches nécessaires auprès de M. le général Ambert pour obtenir qu'une rectification fût faite dans les futures éditions de son ouvrage, Récits militaires, 2e volume {Après Sedan).

Ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai pu prendre connaissance, à la page 352 de l'ouvrage précité, du récit de la mort glorieuse du sergent de zouaves, René Gombaud.

Le sous-officier français qui fut fusillé à Ingolstadt, par les Bavarois, appartenait au 28 tirailleurs algériens, et se nommait GOMBAULT Charles- Jules-Marie.

D'après les archives déposées chez le capitaine-trésorier, Gombault

RÉCITS MILIT. — LA LOIRE ET L'EST. — 3e SÉRIE. 30

Charles-Jules-Marie, fils de Auguste-Pierre et de Louise-Françoise Cochet, naquit à Dinan, le 17 novembre 1848. Il était surnuméraire dans l'administration des Ponts-et-chaussées, lorsqu'il contracta, à Dinan, un engagement volontaire pour sept ans, le 17 décembre 1866. Il fut incorporé au 7(5- de ligne, où il fut promu successivement, caporal le 3 juillet 1S67 sergent-fourrier le 10 janvier 1868, sergent-major le 1er septembre 1869.

Ayant fait la remise volontaire de ses galons, Gombault passa, comme soldat de 2e classe, au 2e régiment de tirailleurs algériens, par décision ministérielle du 21 mars 1870. Il avait, au corps, le numéro matricule 5652.

Au moment où la guerre de 1870 éclata, Gombault fut promu au grade de sergent. Fait prisonnier le 6 août, il fut interné avec d'autres militaires du 2e tirailleurs, à Ingolstadt.

Tous ces renseignements, puisés dans les archives du 2" tirailleurs, ne laissent aucun doute sur l'identité du sergent Gombault Charles-Jules- Marie, fusillé par les Bavarois, à Ingolstadt.

J'ai l'honneur, mon Général, de vous prier de vouloir bien transmettre notre demande à M. le général Ambert.

Je suis convaincu qu'appuyée par notre ancien colonel, elle ne manquera pas d'être agréée.

Je suis avec respect, mon Général, votre très respectueux et très obéissant subordonné,

Le capitaine adjudant-major du 2e tirailleurs,

Hanteaux.

Paris, le 25 décembre 1884.

Mon Général,

En vous adressant le petit dossier cijointqueje reçois du plus ancien officier du 2° tirailleurs algériens encore présent au corps depuis 1870, je ne puis que confirmer le fait que Charles Gombault était sergent au 2e turcos et non au 2e zouaves.

La rectification qui vous est demandée n'ajoute rien à la vaillante attitude du 2e tirailleurs qui, placé à l'extrême aile gauche du corps d'armée de Mac-Mahon, résista deux heures encore pendant que tout le reste du corps d'armée avait battu en retraite et payé de plus de 900 tués sur un effectif de moins de 1.800 hommes nue opiniâtreté qu'il considérait comme un devoir. Gombault était des nôtres, et si nous le revendiquons c'est en vertu du Suum cuique.

Gombault était mon secrétaire avant la guerre et je le nommai sergent quand j'appris notre départ. Je commandais comme lieutenant-colonel le régiment, mon colonel, le brave et regretté Suazoni, étant détaché comme commandant supérieur de Laghouat ; ce dernier nous rejoignit la veille du départ d'Afrique.

Comme je n'ai pas le moindre doute de l'accueil que vous ferez à notre demande, je vous prie, mon Général, d'accepter à l'avance tous nos remerciements, et d'agréer l'expression respectueuse des sentiments de haute estime que possède pour vous votre jeune et tout dévoué camarade.

Général V. Colonjeu.

Page 1