‹ Récolte et Préparations des Organes destinés à l'OpothérapieChapitre 5 sur 17 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

pa Histoire de l'opothérapie. — L'homéothérapie des Sauvages. Brown-Séquard. — Les médecins commencent

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par employer l'organe frais.

# Nous limitons cette étude à la préparation des médi-

caments opothérapiques. Même en restreignant de la

sorte notre sujet, il nous faut remonter très loin dans l'histoire.

On a attribué aux hommes primitifs l’origine de l’opothérapie. De fait, ils mangent les organes d'hommes et d'animaux pour acquérir leurs qualités, et ces pratiques se retrouvent chez les sauvages et même chez nos pay-

sans. Mais ce n’est là qu’une caricature de l'opothérapie.

3 Car les motifs qui les incitent à agir ainsi sont entiè- 4 ee rement différents des nôtres, et les résultats qu'ils obtienpe nent sont nuls.

Lea Leurs motifs d'action sont différents des nôtres ; car,

on tend trop à l'oublier, l'homme primitif ne pense pas

de la même façon que le civilisé. Il croit, en mangeant

l'organe d’un animal, s'en approprier avec la substance,

les qualités physiques et morales. Il mange le cœur d'un

gazelle

Pa lion pour en acquérir ses forces, le cuissot d’une ; son agilité à la course, l'œil d’un aigle sa vue perçante, la cervelle du renard sa ruse, la queue du castor son amour du travail, etc...

Dans ce même but, il mange non seulement le cadavre de son ennemi, mais encore de ses parents, et l’anthro-

pophagie dérive souvent de sa croyance, Mais, comme Æ

il borne son savoir à cette imprécise homéothérapie, il :

ne cherche pas à analyser comment doit être mangé l'or- gane pour être réellement efficace. Il le fait rôtir, il le

sèche et en absorbe la poudre , il le laisse putréfier avant #4

son emploi, etc... Ou encore, au lieu de le manger, il se

er borne à l'appliquer sur la partie malade, ou à le porter s + en amulette. | 4 é L'opothérapie, de superstitieuse et magique qu'elle E était, devint empirique dans là médecine des Grecs. En F: cet ordre d'idées, quelques pratiques utiles paraissent avoir D. été connues d'eux : ils mangaient du foie pour guérir de à à l'ictère, Hippocrate le recommande contre l’héméralopie, 5 mais ces pratiques judicieuses étaient mêlées d'erreurs et D. d'associations analogiques que nous jugeons aujourd’hui : ridicules. Nous oublions qu'elles ont persisté dans la * A Science durant le Moyen-Age et la Renaissance et plus 3 a loin encore. De

Cette phase empirique de l’opothérapie existe encore de nos jours en Chine, Comme les Anciens, les Chinois ne distinguent pas entre l'organe frais et l'organe cuit : ils mangent par exemple, pour conquérir la virilité, des

testicules grillés de tigres. FAUNE

Le ‘détail de cette longue période de préopothérapie te

a | s, pourrait remplir de gros volumes. Nous avons hâte de 3 . passer à la phase scientifique.

Sans entrer dans un long historique sur les précurseurs

de Claude Berxar», sur la preuve par ce physiologiste du

rôle du glycogène dans le foie, nous nous arrêterons à |

Browx SÉQuARD, car de lui dérive vraiment l'opothérapie.

” il importe de savoir ce qu'elle était au début pour comprendre comment elle évolua.

1200 Browx Séquarp utilisa toujours les extraits d'organes en injections hypodermiques. Il les utilisa d’abord frais.

£; de" Le Quand la médication orchitique fut essayée dans la clien-

= tèle, le docteur Deroux, le premier, pratiqua des injec- - 104 tions sur les indications du maître. Il tuait devant le client, le lapin et en utilisait de suite l'organe. Quand re l'opothérapie se vulgarisa, les malades se plaignirent ;

l'injection était douloureuse ; il y eut de nombreux acei-

dents car l'extrait était difficile à obtenir aseptique, il donnait des abcès et des phlegmons.

+ Brown Séquanp s’efforça alors, avec D'ARSONvAL, d'en s

faire une préparation durable et aseptique. Voici com-

ment ils décrivent leur technique : « Le tissu est broyé avec 5 fois son poids d'eau distillée à 10 % de chlorure de sodium dans un mortier, et par intermède avec du sable calciné. On passe à travers un linge, et le liquide obtenu est soumis pendant une heure au gaz carbonique à 50 atmosphères dans le stérilisateur imaginé par D'AnsonvaL. On filtre à la bougie de l'appareil par pression du gaz. On obtient ainsi un liquide que l'on peut injecter sous la peau, dans le péritoine, ou dans les veines

Pour conserver celte préparation on la So ä

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de la glycérine et 10 % d'acide borique. Elle se conserve 2, ainsi cinq semaines.

L'injection se fait elle-même avec la seringue de DeE- BovE ou de PrRAvaz. Au moment d'opérer, on mélange 1/3 du liquide ci-dessus à 2/3 d’eau récemment distillée. Asepsie minutieuse, une aiguille par malade, massage consécutif aussi lent que méthodique. Malgré cela on observe des abcès, des indurations et des phlegmons ».

Les spécialistes fournirent alors des ampoules stérilisées d'extraits glycérinés organiques injectables. Malheu-

reusement toutes ces préparations n'eurent pas l’activité

- des produits frais. Si on passait le liquide sur un filtre

en porcelaine, il devenait inactif, les substances actives

étant rélenues par la bougie. On recourut alors à la filtration sur ouate stérilisée ; les extraits furent colorés et actifs, mais la préparation en était extrêmement délicale. Il fallait les stériliser sans détruire les principes actifs ; et trop souvent elles n'étaient à la fois ni actives ni stériles et restaient très douloureuses. De plus, les préparations fluides injectables s'altéraient rapidement. Il élait impossible de les préparer à l'avance.

Les chimistes entin firent des objections : certains produits actifs ne sont-ils pas solubles dans l’eau avec laquelle on broie les glandes ? Le 10 % de chlorure de sodium ajouté est-il sans action sur ces principes ? Quelle sera l’action de la glycérine et de l'acide borique ?

Toutes ces difficultés firent délaisser les injections,

au point qu'aujourd'hui les injections de suc testiculaire

par où commença la vogue de l'opothérapie, sont tota-

lement abandonnées, Quand on découvrit que l'extrait q

thyroïde agissait par ingestion, on conclut que tous les

extraits organiques pris par la même voie restaient actifs.

On recourut alors à la voie buccale. On commença par

donner les extraits frais d'organes. En 1897, on employait déjà les organes frais, pulpés, étalés sur des tar-

tines de pain et ainsi mangés.

Ce mode de préparation qui consiste à ordonner des EE organes frais a pris récemment un regain de faveur sous ss l'influence de M. Grey qui veut que l'on recoure uni- Le quement aux extraits frais. Voici la technique que pré-

conise M. G. ScHRADER : il prélève lui-même la glande

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