LE CALENDRIER JULIEN ET GHEGOBIEN
NOUS n'avons l'idée de la succession des instants que par le mouvement. Les divisions du temps ne peuvent être marquées que par des espaces parcourus. Mais, pour que la mesure soit exacte, il Faut que le mouvement soit constant et uniforme. Il n'en est point de tel sur la terre. L'âme qui souffre et l'âme qui jouit ne comptent pas de même; et le temps, qui se traîne en vieillard dans les jours de la douleur, a la course rapide du jeune homme pendant les courts instants d'une jouissance agréable et vive. Le seul mouvement constant et uniforme est celui des corps célestes. Ces corps marchent d'un pas égal et tranquille dans l'espace de l'univers avec une constance qui a été refusée à l'homme, avec une durée, peut-être sans limites, qui n'est pas dans sa nature. Il emprunta de l'Astronomie la mesure
Première récréation.
du temps. L'intervalle d'un lever du soleil à l'autre est une mesure qui fut appelée jour. Mais la société a besoin de mesurer de plus longs espaces; on fit donc usage des mouvements du soleil et de la lune. En effet, le retour des mêmes phases delà lune ou des mêmes saisons donnait des intervalles sensiblement égaux. Les peuples s'y réunirent; les uns comptèrent par lunes ou par mois; les autres, par les révolutions du soleil ou par anw^'e^; d'autres comptèrent par mois et années. (Bailly, Histoire de V Astronomie.)
La combinaison de ces mouvements et de leurs révolutions nous a donné la mesure du temps, par le Calendrier, qui devait servir beaucoup plus tard à formuler les lois du mouvement des corps célestes par l'attraction universelle!