IL. Monnaies, poids et mesures
Mesures de longueur...
Mesures itinéraires IL. Neœud marin
D mn
Avant-Propos
La plupart des Français instruits qui visitent le Canada sont frappés de l’uniformité du parler et de la conservation de la langue telle qu’on la parlait en France jusqu’au XVIIIe siècle.
Cette observation est très juste, très exacte, et M. J.-P. Tardivel, dans une conférence faite à Montréal en 1901, a copieusement démontré que le langage des Canadiens- Français, encore à l’époque actuelle, était rigoureusement conforme aux règles grammaticales du XVIIe et du XVIIIe siècle, et surtout à 1. prononciation de l’époque.
Oui, dit-il, le français que parlent nos gens de la campagne, particulièrement ceux qui ne sont jamais venus en contact intime avec l'élément anglais, est un français très pur, bien que quelque peu archaïque... Nos cousins de France, ajoute-t-il, plus loin, ont laissé tomber dans l'oubli grand
nombre de mots et d'expressions qui sont d’un usage courant ici et que, là-bas, on ne retrouve plus guère que dans les bouquins d’un autre siècle.
Après avoir multiplié les citations et les exemples sur lesquels il appuie sa thèse, M. J.-P. Tardivel ajoute :
Ouvrons maintenant quelques vieilles grammaires françaises et voyons si réellement nos habitants parlent comme on parlait à la cour de Louis
Lorsqu'un bon Canadien de nos Campagnes dit : c'est difficile à crère ; il fait et aujourd’hui ; le chemin est étret ici; il ne peut pas marcher dret ; j'ai failli me nèyer ; il faut nelèyer cela ; que le bon Dieu so béni ; loè et moè, on s’imagine qu’il parte-horriblement mal. C’est ce’ qu’on appelle par dérision du canayen, Pourtant, cet habitant s'exprime absolu. ment comme s’exprimaient ceux qui, au commencement du XVIle siècle, se piquaient de parler le beau langage.
Dans ces quelques lignes, M. J.-P. Tardivel a touché le fond de la question. Tout cela est vrai. Mais cette évidente vérité linguistique peut-elle nous autoriser, si nous persistons dans notre conservatisme obstiné, à soutenir