‹ Recueil choisi de traits historiques et de contes morauxChapitre 124 sur 148 · L'EPAGNEUL ET LE CAMÉLÉON · texte numérisé non relu

L'EPAGNEUL ET LE CAMÉLÉON

TRADUIT PAE L'EDITBUB.

Un Epagneul bijou de sa maibresse

Avait reçu cette éducation

Que l'on donne à plus d'une Altesse,

Luxe de soins — ^nulle correction.

Les heures s'écoulaient dans une douce aisance, n ne savait rien — Mais, il était de naissance.

Du reste fort impertinent, On le trouvait charmant quand il montrait la dent ; Tout était de sa part gentillesses étranges, Et chaque méchant tour lui valait des louanges.

Le vent était au sud, et le matin fort beau.

Notre Epagneul sort du château, A prendre l'air il s'aventure,

Erre dans la prairie et puis dans le vallon ;

Sur l'herbette il roulait sa lonsfue chevelure. Quand il vit un Caméléon

Dont à peine on pouvait distinguer l'encolure.

" En ces lieux que fais-tu, cher cœur !

Vivre avec des manants, est-ce là le bonheur !

Quel amour bucolique as-tu pour la campagne P Pour toi la cour est pays de cocagne.

Vas-y, mon cher, empoigner le succès ! '*

" Ah I " dit le flagorneur, " un jour j'y fis florès,

Monsieur, car autrefois je vivais dans sa sphère ; Né comme vous pour être courtisan J'avais des Bois l'oreille tout entière,

Et de moi le beau sexe était fort partisan ;

Je maniais le vers du quatrain jusqu'à l'ode.

Et je savais flatter chaque vice à la mode :

But Jove, v^lio hâtes the lîar's ways, At once eut short my prosp'rous days ; And, sentenced to retain my nature, Transform'd me to this crawling créature :

Doom'd to a life obscure and mean, I wander in the sylvan scène :

For Jove the heart alone regards ; He punishes what man rewards.

How différent is tby case and mine !

With men, at least, you sup and dine ; While I, condemn'd to thinnest fare, Like those I flatter' d, feed on air.

TO A SEAGULL.

BT GEBALD ORimN.

White bird of the tempest ! ! heautiful thing, With the hosom of snow, and the motionless wing, Now sweeping the hillow, now floating on high, Now hathing thy plumes in the light of the sky ; Now poising o'er océan thy délicate form, Now breasting the sûrge with thy bosom so warm ; Now darting aloft, with a heavenly scorn, Now shooting along, like a ray of the morn, Now lost in the folds of the cloud-curtained dôme, Now floating abroad like a flake of the foam, Now silently poised o'er the war of the main, Like the spirit of charity brooding o'er pain ; Now gliding with pinion ail silently furled, Like an angel descending to comfort the world !

Maïs Jupiter le Eoî des Dieux Qui trouve les menteurs des êtres dangereux,

Me condamnant à garder ma nature, Ooupa court tout à coup à ma longue imposture :

Transformé comme je le suis, Je me cache sous Therbe et vis comme je puis ;

Car Jupiter estime Tâme, Et pour lui plaire il faut que soit pure sa flamme.

Que votre sort est préférable au mien !

Vous mangez avec Thomme, et cela quoique chien, Tandis que moi réduit au menu le plus mince, Je me nourris de l'air... que j'offrais à mon prince,"

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