‹ Recueil complet d'impositions, exécutées en caractères mobiles; suivi d'une nouvelle classification de la casse françaiseChapitre 30 sur 31 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

Depuis son origine , et particulièrement depuis un demi-siècle , l’Imprimerie a subi , dans presque toutes ses parties , de nombreux et utiles changements. Mais , au milieu des progrès qui semblent avoir fait atteindre à cet art sublime toute la perfection dont il est susceptible , il est à regretter que la Casse française, devenue sensiblement vicieuse dans sa classification, n’ait éprouvé aucune amélioration, même partielle. Elle occupe cependant une place assez importante dans l’Imprimerie , pour mériter de fixer particulièrement l’attention; et rien, selon nous (si ce n’est la routine, pourtant), ne saurait motiver l’oubli dans lequel on l’a laissée jusqu’à ce jour x.

Compositeur pendant près de vingt ans , nous avons été à même de remarquer les imperfections de cette classification , et d’apprécier le préjudice qu’elle cause ; placé ensuite à la tête d’une maison, nous

1 M. Vinçard et l’auteur de la casse tachéotype ont bien , à différentes époques , cherché à la modifier ; mais comme les changements qu’ils proposaient ne consistaient que dans la réintroduction de ligatures , ils n’ont pas été adoptés.

Depuis la première publication de cette Notice , que nous reproduisons ici sans y rien changer, il a paru un Manuel dans lequel ï’auteur, M. Frey, offre aussi une nouvelle classification : nous sommes persuadé que tout praticien éclairé regrettera avec nous de la voir figurer comme amélioration dans un ouvrage si bien traité du reste.

nous sommes occupé , pour y remédier, de celle que nous offrons ici 1 , et dont nous allons essayer de faire sentir l’avantage en motivant les déplacements que nous avons opérés.

Nous commencerons par le haut de casse.

En blâmant la disposition ancienne des grandes et des petites majuscules, notre intention n’est certainement pas d’en faire un reproche à ceux qui nous Font léguée; car nous trouvons, au contraire , qu’ils avaient calculé juste en plaçant ces lettres dans la partie la plus éloignée du casseau supérieur 2 , afin de pouvoir consacrer la partie inférieure aux doubles lettres minuscules 3 , et aux signes divers 4 dont ils faisaient un très-fréquent usage. Nous convenons même , que la réforme de ces doubles lettres ne s’étant faite que successivement, il a été pour ainsi dire impossible, plus récemment, de rien changer à l’organisation primitive, et qu’il a fallu se contenter de mettre dans les cassetins qu’occupaient les lettres supprimées , d’autres lettres nouvellement introduites , lesquelles , relativement à leur emploi ,

1 Cette classification, qui a reçu la sanction d’un des plus savants maîtres Imprimeurs*, à l’examen duquel nous i’ayions soumise avant sa publication, est adoptée depuis trois ans chez M. Goujon, à Saint-Germain en Laye, maison dans laquelle ont été occupés plusieurs Compositeurs instruits et habitués à raisonner leur travail : nous ne craignons pas que le jugement qu’ils en ont porté lui soit défavorable.

2 On peut supposer cette classification très - ancienne , puisque le J et l’U , introduits vers le milieu du seizième siècle , n’ont probablement été casés si loin de leur véritable place , que pour éviter de déranger l’ordre déjà établi des autres majuscules.

3 as, et, et, fr, ffr, is, sb, si, ss, ssl, sp, st, us, â, ê, 5, u, etc. etc.

< Les croix, les pieds -de- mouche , les crochets, les paragraphes , etc., ainsi que les lettres â, i , 6 , û , i, à , étaient autrefois bien plus souvent employés qu’ils ne le sont aujourd’hui.

* J. M. Eberbart, dont la Typographie est en deuil. C'est à ses presses que l’on doit le Xénophon (grec, latin et français) de M. Gail, véritable chef-d’œuvre, et le plus beau de tous nos livres classiques; le Thucydide (latin, grec et français) ; et plusieurs autres ouvrages , dont la belle exécution a contribué sinon à faire sa fortune , du moins à établir la haute réputation dont il jouissait.

se sont trouvées ou trop rapprochées ou trop éloignées. Mais maintenant que tout est à peu près fixé dans la fonte de nos caractères ; que , par le fait des réformes opérées à diverses époques , une partie des cassetins des quatre dernières rangées sont vides *, et que l’autre partie (à l’exception toutefois des lettres minuscules accentuées) n’est occupée que par des sortes d’un emploi presque nul, nous avons jugé raisonnable de placer les grandes et les petites majuscules dans ces quatre rangées 2, parce que le rapprochement de ces lettres , indépendamment de l’économie de temps qui en résulte , procure encore les avantages suivants : 1° celui d’apercevoir le cran en les composant; 2° celui de n’être pas autant exposé à faire des coquilles en les distribuant ; 3° celui , enfin , d’éprouver moins de fatigue dans le bras pour les compositions où elles sont employées en grand nombre.

Les premières lettres de l’alphabet étant plus usuelles que les autres, on sentira facilement ce qui nous a fait préférer la direction ascendante à la direction descendante.

Deux raisons nous ont engagé à rejeter les chiffres dans le haut de casse : la première est que , dans les ouvrages courants , ils sont employés en bien plus petit nombre que les lettres accentuées que nous avons mises à la place qu’ils occupaient 3 ; la seconde , que la nature de certains ouvrages ne permettant pas de composer d’avance les titres courants , il fallait , dans la mise en pages de ces ouvrages , pour le folio de chaque ligne de tête, déranger la copie, ordinairement placée, pendant cette opération, sur la partie où se trouvaient les chiffres.

Le petit emploi que l’on fait des lettres supérieures, des paragraphes, des crochets, etc. etc.,

1 Voyez les modèles de casse des Manuels typographiques de MM. Brun et Audouin de Géronval.

2 Nous avons appris, depuis peu, que dans les imprimeries d’une partie du midi de la France, ces lettres occupent à peu près la même place que celle que nous leur assignons ici.

3 Dans la police des caractères , le nombre total des chiffres , pour une fonte de 100,000 lettres , ne s’élève qu’à 2,2so ; tandis que celui des minuscules accentuées usitées dans le français , s’élève à 2,730. Il y a cependant , nous le savons , des ouvrages dans lesquels on en emploie considérablement; mais ces ouvrages sont en trop petit nombre pour servir de règle: on peut s’en convaincre en compulsant, ainsique nous l’avons fait, les Bulletins bibliographiques de toute une année.

nous a autorisé à les placer dans la partie la plus éloignée du haut de casse1, où nous les avons groupés le plus convenablement possible.

La disposition du bas de casse, quoique moins vicieuse que celle du haut de casse, demandait néanmoins à être modifiée aussi.

Nous nous sommes donc attaché , d’abord , tout en appropriant la place de chaque lettre à l’emploi qu’on en fait dans le français, à y réunir tout ce qui en dépend; car la répartition des minuscules et de la ponctuation dans les grandes et dans les petites majuscules, nous a toujours paru peu convenable. Nous avons ensuite cherché, comme nous l’avons fait pour le haut de casse, à y grouper certaines sortes, telles que les voyelles accentuées usitées dans le français2, les doubles lettres3, et la ponctuation , afin de faciliter à l’élève l’étude de la casse.

Quant aux autres changements , voici les raisons qui nous ont porté à les faire.

Ve, le s et la virgule, étant beaucoup plus souvent employés que Yi , l’o et le point 4, nous ont paru devoir occuper la place de ces derniers, parce qu’elle est plus rapprochée de la main.

Nous avons mis le Z à la place du p, celui-ci à la place du q, et ce dernier à la place du l , nonseulement pour le même motif5, mais encore parce que le q se trouve mieux placé relativement

' Le guillemet est le seul signe que nous ayons mis dans le bas de casse ; son usage assez répété nous a fait penser qu’il occuperait avec avantage la place de l’ astérisque.

2-3 Les ff, ffi, ffl, étant encore en usage dans beaucoup d’imprimeries, et ces sortes étant plus fréquemment employées que les ë,ï,ü, nous avons dû les mettre dans le bas de casse ; mais dans les maisons où elles sont entièrement rejetées, on devra les remplacer par ces dernières lettres. Quant aux lettres supérieures ( l,m,s ) et accentuées ( â , i , ô, u) qui, dans notre modèle, occupent la première rangée du haut de casse, elles pourront, au besoin, être remplacées par les chiffres supérieurs , dans l’ordre où nous les indiquons.

4 -s Dans une police de too,ooo lettres, on fournit 12,000 e et 6,000 i; 8,000 s et s, 000 0; 4,500 l, 2,500 p , et i,coo q. Le point est fourni en même nombre que la virgule ; mais il est incontestable que son emploi est bien moindre dans les

à Vu, dont il est toujours suivi dans le latin comme dans le français; le mouvement à faire pour prendre et pour replacer ces deux lettres devenant plus bref en cessant d’être croisé.

Enfin , il nous a semblé que Y espace fine (d’un point) , si avantageusement et si fréquemment employée, devait être placée au-dessus des autres espaces1; ce qui, tout en diminuant sa distance de 1 pied 4 pouces2, nous a donné la possibilité de rapprocher aussi de 10 pouces 2 lignes le f, le g et le h. Nous avons formé son cassetin en diminuant celui de Yi , qui était beaucoup trop grand pour la composition du français et même du latin.

Ce qu’on vient de lire devrait suffire pour prouver que , s’accordant parfaitement avec l’échelle de proportion numérale établie pour la fonte des caractères , et avec ce que disent tous les Manuels à l’article Casse 3, notre classification offre une amélioration notable sur l’ancienne , laquelle s’écarte

ouvrages d’un texte ordinaire. Au reste, ce que nous avançons ici se trouve confirmé par le travail que nous avons fait, et que nous exposons dans le tableau ci-après.

1 Nous avons entendu dire à des Compositeurs , que X espace fine était mieux placée dans le cassetin où nous avons mis le petit-qué, parce que là elle se trouvait plus près de la virgule, pour laquelle, disaient-ils, cette espace a été fondue. Quoique cette erreur ne soit partagée que par un très-petit nombre de personnes qui ne peuvent point faire autorité , nous croyons cependant devoir la relever. L 'espace fine n’a pas plus été imaginée en France pour séparer la virgule, qu’elle ne l’a été en Angleterre, où elle n’est jamais employée à cet usage : la véritable destination de cette espace est de faciliter la justification des lignes et l’espacement régulier des mots. Mais quand bien même elle ne serait employée que pour séparer la virgule, comme ces Compositeurs le prétendent , nous leur demandons si, parce que ce signe de la ponctuation se trouve éloigné , ce doit être un motif pour que l 'espace fine qui le précède le soit aussi , plutôt que X espace forte qui le suit?

2 Cette différence , qui comprend la distance parcourue pour l’aller et le venir, est calculée en supposant X espace fine placée dans le cassetin qu’occupait autrefois le s long elle serait un peu plus grande si nous l’avions prise du cassetin qui est à côté du y?, où beaucoup de personnes ont l’habitude de la mettre.

3 « La distribution des cassetins a été combinée, d’après les données de l’expérience, de telle sorte que la proximité « ou l’éloignement de chacun fussent proportionnés à la nécessité d’y recourir plus ou moins fréquemment; que leur

en grande partie de ces deux points importants. Mais pour ne laisser aucun doute à cet égard, et en même temps pour faire apprécier, par des calculs exacts , la valeur de cette amélioration , nous avons fait un travail, objet du tableau ci-joint, auquel nous avons procédé de la manière suivante.

Nous avons pris une casse vide , de moyenne grandeur (35 pouces) , et nous avons mesuré la distance du centre de chaque cassetin, tant du haut que du bas, relativement au centre du cassetin aux espaces (colonnes I et II). Ces distances une fois connues , il nous a été facile de calculer la différence , soit en moins, soit en plus, que donne le déplacement que nous avons fait éprouver à chacune des lettres (colonne III). Cette première opération terminée, nous avons distribué dans la casse vide un nombre de paquets de petit-romain (texte courant) équivalants à 18,000 n, terme moyen de deux journées de composition1; après quoi nous avons compté attentivement le contenu de chaque cassetin : le total général s’est élevé à 24,408 lettres , divisées ainsi qu’il est marqué dans la première partie de la colonne IV. Nous avons fait ensuite une distribution de cicéro , égale à celle de petit-romain , laquelle nous a produit 24,265 lettres (seconde partie de la colonne IV ). La petite différence que nous avons trouvée dans les nombres partiels et dans le nombre total des lettres de ces deux distributions2,

« distance de la main qui doit s’y porter fût en rapport avec l’emploi plus ou moins répété des lettres qu’ils contiennent. » (Manuel de M. Fournier, in-8°, page ai.)

Il est fâcheux qu’un passage qui se trouve en haut de la même page , forme une contradiction des plus grandes avec ce raisonnement. Le voici : « Le complément de l’une et de l’autre partie (la partie inférieure du haut de casse, et par « conséquent la plus rapprochée de la main) contient des lettres accentuées et autres signes d’un usage peu fréquent et « quelquefois nul dans certaines compositions. » Ce qui a été dit en général ne doit-il donc pas aussi s’appliquer au haut de casse?

Le même Manuel dit encore, ainsi que celui de M. Audouin de Géronval, que les majuscules sont classées par ordre alphabétique, sans tenir compte que, dans le modèle qu’il donne, on saute de l’I au K, et du T au V. Tout en réparant cette imperfection, nous avons motivé l’ancienne organisation.

* Nous avons fait le calcul pour deux journées , afin que les sortes fussent plus variées.

2 Le nombre total des lettres de ces deux colonnes , nous prouve que l’on s’est trompé en prenant le n pour base du

nous ayant convaincu de l’exactitude de ce travail , nous avons multiplié le nombre de chacune des sortes de cette dernière distribution par leurs distances ancienne et nouvelle ( colonne V ) ; et celte multiplication nous a fait connaître, aussi justement que possible, l’avantage de notre classification pour la composition. Il nous restait encore à savoir la différence produite par la distribution , et , pour cela, il fallait posséder le rapport de l’espace parcouru pour la distribution à celui de la composition. Pour l’obtenir, nous avons fait distribuer devant nous trois lignes à 41 n, et nous avons mesuré avec soin la distance parcourue pour placer chaque lettre (colonne VI ) ; puis , comparant cette distance avec celle qui est à parcourir pour composer ces trois mêmes lignes (colonne VII ) , nous avons trouvé que la première est à la seconde comme 66 est à 100.

Il en résulte que , pour faire une composition de 18,000 n (24,265 lettres , espaces , etc.) dans une casse ancienne, la main parcourt un espace de 30,242 pieds 8 pouces 10 lignes; tandis que, dans une casse nouvelle, elle ne parcourt que 27,828 pieds 3 pouces 1 ligne. La distance à parcourir pour la distribution étant des ^ de celle de la composition , si nous ajoutons aux 30,242 pieds 8 pouces 10 lignes ci-dessus, les ^ de ce nombre, qui sont de 19,501 pieds 7 pouces 6 lignes, nous obtiendrons le total de 49,744 pieds 4 pouces 4 lignes pour la composition et la distribution des 18,000 n dans une casse ancienne ; et , en faisant la même opération pour la casse nouvelle , c’est-à-dire , en ajoutant aux 27,828 pieds 3 pouces 1 ligne les ^ de ce nombre, qui sont de 18,364 pieds 6 pouces 10 lignes, le total ne s’élèvera qu’à 46,192 pieds 9 pouces 11 lignes. Ce qui porte la différence en moins, sur deux journées de travail, à 3,551 pieds 6 pouces 5 lignes, ou environ yj.

La distance parcourue dans trois cents jours de travail (à raison de 9,000 n chacun) étant de 7,461,654 pieds 2 pouces dans la première casse, et de 6,928,923 pieds 11 pouces 6 lignes dans la

calcul du mille : on emploie généralement , en y comprenant les espaces , beaucoup plus de lettres au-dessous qu’audessus de son épaisseur.

seconde, la différence en moins sera donc de 532,730 pieds 2 pouces 6 lignes, lesquels, divisés par 46,192 pieds 9 pouces 11 lignes (espace parcouru pour deux journées) , donnent, à peu de chose près, pour quotient 1 1 \ , et procurent , par conséquent , un bénéfice qui répond au temps employé à parcourir la distance nécessaire pour la composition et la distribution de vingt-trois jours.

Nous ferons en outre remarquer que cette différence, produite par un texte courant, serait encore plus considérable sur les dictionnaires, les pièces de théâtre, et en général sur toute espèce de versification ; genre d’ouvrages dans lesquels on emploie beaucoup de grandes et de petites majuscules 1 : puisque, sur la composition et la distribution de chacune de ces lettres, on gagne, l’une dans l’autre, 1 pied 2 pouces 4 lignes.

L’avantage que nous venons de signaler comme résultant de notre classification , quelque important qu’il soit, n’est pas le seul motif qui nous fasse désirer de la voir adopter; une considération majeure vient encore s’y joindre. Tout le monde connaît le mauvais état dans lequel se trouvent les casses de presque toutes les imprimeries de Paris 2 ; ce désordre , qui porte un si grand préjudice aux maîtres et aux ouvriers , par la nécessité oii il met les premiers de faire fondre des sortes qui , trop souvent , sont enfouies sous les pâtés des casses , et par le temps qu’il fait perdre aux seconds à chercher ces mêmes sortes, a pour principales causes : 1° le placement différent des É, È,Ê,Æ, Œ,W, Ç (grandes et petites majuscules) , des lettres supérieures, et des divers signes d’un usage peu fréquent; parce qu’il en résulte que les Compositeurs , malgré l’attention qu’ils peuvent y apporter, sont exposés

1 II n’est pas rare de trouver dans une feuille in-8° de 13,000 n ( tragédie ou comédie ) , de 560 à 400 grandes majuscules , et de i,ooo à i,ioo petites majuscules.

2 Les cassetins des rangées inférieures du côté droit du haut de casse , notamment ceux de la dernière , ne contiennent généralement que des pâtés. Nous devons pourtant dire qu’il n’en est pas ainsi chez M. Crapelet : on y exerce à ce sujet une surveillance assez active.

à brouiller ces lettres chaque fois qu’ils changent d’imprimerie; 2° la possibilité qu’ont certains ouvriers peu soigneux , de remplir de pâtés les cassetins laissés vides par l’organisation actuelle du haut de casse, ces cassetins se trouvant à la proximité de leur main.

Il est facile de sentir qu’une classification uniforme pour toutes les imprimeries , pourrait seule faire cesser la première cause de ce désordre ; et nous pensons que celle que nous proposons ne laissant pas de cassetins vides , détruirait naturellement la seconde.

Puissent donc les raisons que nous avons exposées être senties ! L’ordre qui en résultera dédommagera amplement les maîtres Imprimeurs de la légère dépense que nécessite la formation de trois nouveaux cassetins , et les Compositeurs regagneront bientôt le temps qu’ils auront consacré à transposer les sortes, et à graver dans leur mémoire une classification qui ne présente aucun obstacle sérieux à des ouvriers intelligents x.

' Il n’est peut - être pas superflu de dire ici que , dans les imprimeries où l’ancien système de casse est en vigueur, il est nécessaire , pour opérer le changement d’une manière satisfaisante , de faire d’abord distribuer les Compositeurs dans les casses ordinaires , et de les leur faire ensuite survider, à l’aide d’un modèle , dans des casses auxquelles on aura ajouté à l’avance les traverses des nouveaux cassetins de l’e , de Vi, du k, du fi, du fl et de l’espace d’un point. Par ce moyen, lorsque le Compositeur aura levé sa lettre dans la nouvelle casse, il en connaîtra en grande partie la classification, et sera en état d’y distribuer sans rien brouiller. On sentira facilement qu’il est très-important qu’on n’apporte aucun retard dans le changement successif de toutes les casses et casseaux de chaque caractère ; sans quoi il en résulterait un désordre qui dégoûterait immanquablement et le maître et les ouvriers. Il ne peut exister aucun embarras pour une imprimerie que l’on monte à neuf : il suffit seulement, dans ce cas, d’avertir chaque Compositeur que la classification est différente , de lui donner un modèle de la casse , et de tenir à ce que ce modèle soit rigoureusement suivi.

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