Rev. oVassyr. et arch. or., IV, p
4. M . Berger ne signale que le n à deux branches au lieu de trois ; il considère cette forme comme un indice de paléographie plutôt araméenne ; il faut ajouter qu'elle se retrouve sur la stèle de Mésa et, aussi, sur divers cachets notoirement israélites. De plus, il est à noter que le T, le p et le y (non reconnu par M. Berger) ressemblent tout à fait à ceux de Siloè et des poids israélites portant la légende *pu (cf. Rec. d'arch. or., IV, p. 25).
5. M. Isid. Lévy(J. c, n. 3) semble croire que ce double trait, très fréquent sur les cachets israélites, n'aurait été signalé, comme pouvant les caractériser, que postérieurement à l'observation faite par M. Berger. Il n'en est rien. Depuis des années, à l'École des Hautes-Études comme au Collège de France, dans mes leçons sur la sigillographie sémitique, j'ai toujours insisté sur la signification de ce dispositif matériel qui m'avait frappé pour la première fois, en 1870, par le rapprochement des n°" 1 et 2 de mes Sceaux et cachets avec celui de Haggaï trouvé par Sir Charles Warren dans ses fouilles d'Ophel. J'ai fait valoir, entre autres occasions, cet argument de la disposition matérielle de la légende pour diagnostiquer i'origine israélite du sceau de c Obadyahou (Rec. dareh. or., I, p. 33), et, aussi, du sceau de Yahmolyahou (id., t. II, p. 27). Il convient, d'ailleurs, de n'en user que dans une certaine mesure, car il n'a pas une valeur absolue et n'implique qu'une présomption.
tion de Siloé et des poids israélites dits tpu. L'étymologie de ce nom ainsi restitué demeure très obscure. M. Lé vy repousse avec raison le rapprochement avec le nom de Horus, dont M. Berger n'avait, du reste, parlé que pour l'écarter. Mais l'explication qu'il suggère lui-même n'est guère plus satisfaisante ; il est bien douteux que ce puisse être, comme il incline aie croire, un nom composé avec l'élément rut, apocope en n, et un second élément, yy\ lequel ne répondrait à rien de connu. De toutes façons, ce % ainsi écrit au milieu du nom, fait assurément difficulté, si l'on s'en tient à cette règle générale de l'orthographe défective à laquelle semble obéir la vieille épigraphie sémitique. Mais cette règle est-elle aussi absolue qu'on le suppose d'ordinaire? Nous avons des cas avérés àescriptio plena, là où l'on s'attendrait à la scriptio defectiva. Je rappellerai, par exemple, pour me borner à l'épigraphie sigillographique, et à la lettre 1, les cachets 1 portant, l'un, la légende : \SM p wn» " ; l'autre, la légende : pim» 1 ; sur la stèle de Mésa, nous trouvons : mn, pTin (cf. le cachet précité); dans l'inscription de Siloé, nous avons : TO, Kino 4 . Il semble donc bien que cette règle de l'orthographe défective était propre surtout au phénicien et était loin d'avoir la même rigueur dans les autres langues de la famille sémitique, notamment dans le groupe hébraïque, — encore un motif de plus pour classer notre cachet à ce groupe. Nous serions donc, par suite, autorisés jusqu'à un certain point à considérer notre nom énigmatique ynn comme un simple dérivé normal de la racine y^n, « acer, strenuus, sollers fuit ».
Quant au patronymique SSps il est fort embarrassant. M. Lévy élève, contre la façon dont M. Berger a essayé de l'expliquer 1 , des
1. Lévy, Sieg. u. G., aram., n° 34 (cf. Phoen. Stud., III, p. 78).