‹ Recueil d'expériences et d'observations faites sur différens travaux exécutés pour la construction du pont de Nemours, pour celle de l'arsenal et du port militaire d'Anvers, et pour la reconstruction du port de Flessingue; dans lequel on a traité la théorie de l'équilibre des voutes;Chapitre 19 sur 37 · III* EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

III* EXPÉRIENCE

Sur un petit chapelet ordinaire.

I.a chaîne d'un chapelet ordinaire , tel que ceux en usage dans les travaux pour les réparations du canal deLoing, fait trois cent vingtquatre tours dans une heure. Ce chapelet, manœuvré par six hommes, élève l’eau h la hauteur de g pieds 8 pouces. La chaîne a 36 pieds 6 pouces de longueur ; elle porte sept clapets et sept patenôtes. Elle pèse, dans l'air, sans ses cuirs, 49 livres 11, et dans l'eau 4a livres 77; par conséquent son volume est de i 58 pouces cubes 3. Le diamètre des rondelles ou de la colonne d’eau est de 5 pouces 6 lignes, sa surfacede 33 pouces 7190; la solidité de la colonne élevée dans un tour de chaîne = 25 pouc. 7190, X 26 pieds 6 = 23 pouc. 7190X 3 i 8 pouc. = 754 a pouc. 64a, dont il faut retrancher la solidité deladhaîuede 1 58 pouces 2, et celle des cuirs de 1 14 pouces 562 i 534 (le trou intérieur de chaque garniture de cuir a 1 pouce de largeur et 16 lignes de longueur ; l’épaisseur de la garniture est de 8 lignes). Il reste donc 7270 pouces 083 pour la colonne réellement élevée dans un tour de chaîne. Celle élevée dans une heure = 7270 pouces 08a x 3 a 4 = 23565 o 6 pouces 568 ; celle élevée dans vingt-quatre heures. = 56556 i 57 pouces 63 a ou 33739 pieds cubes, à la hauteur de 9 pieds 8 pouces.

11 résulte de cette expérience, que six hommes élèvent en une seconde,

à la hauteur de g pieds 8 pouces, un poids de 26 livres 2” , ou qu’un homme élève 26 livres 2S à la hauteur de 1 pied 61 1, ou enfin a 5 livres à la hauteur de 1 pied 6g.

On voit que les produits des chapelets des trois expériences sont cntr'eux comme les nombres i 5 S, 1 34 » iGg* Le dernier chapelet parait devoir être plus avantageux que les deux premiers , que l’on peut considérer comme donnant le même produit. Si l’on considère cependant que dans le cours d'une campagne le chapelet anglais n’est sujet à aucune réparation qui en arrête la marche, tandis que les chaînes cassent très - fréquemment aux autres chapelets , on ne balancera pas à lui donner la préférence. D’ailleurs , on peut encore remarquer que , si soif produit est inférieur à celui du chapelet de la troisième expérience, cela vient du trop grand volume de sa chaîne, qui occupe le treizième du corps de pompe, tandis que celle du petit chapelet n'en occupe que le vingt-huitième , et celle du ctiapelel de la deuxième expérience le vingt-cinquième. On peut diminuer de beaucoup le volume de la chaîne du chapelet anglais sans nuire à sa solidité, soit en supprimant quelques clapets, soit en forçant moins les garnitures de cuirs, qui occujtenlà elles seules plus du tiers du volume de la chaîne. On pourrait encore, sans retrancher de clapets, diminuer un peu les dimensions de chaque pièce de la chaîne. Au moyen de ces légères corrections, on rendrait le chapelet anglais préférable , o tous égards , aux autres chapelets , sur lesquels il a déjà tant d’avantage.

On doit remarquer qu’en évaluant la force des hommes dans les expériences précédentes , on n’a point eu égard aux résistances occasionées par les frollemcns, qui absorbent une partie sensible de celle force.

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