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AVANT-PROPOS

Notre intention était de réunir dans un seul fascicule les épitaphes des nécropoles libyques de la Chefl&a, relevées en 1868

* Avant de communiquer son travail sur les Inscriptions libyco-berbères à la Société française de Numismatique et ^Archéologie^ M. le docteur Reboud avait déjà faix part de ses découvertes à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Tinstitut, qui les mentionne, avec éloge, dans le rapport de son secrétaire perpétuel du 22 janvier 1869. D'\m autre côté, lé 1*' décembre 1868 et le 3o mars 1869, M. Renan, secrétaire de la Conmiission des Inscriptions sémitiques, écrit à Fauteur deux lettres dont je crois devoir reproduire l'extrait suivant : « L'Académie et la Commission des Inscriptions sémitiques ont reçu communication de vos belles découvertes. Vous rendez par vos fouilles et par vos actives investigations le service le plus signalé à la science. La G>mmission des Inscriptions sémitiques me charge de vous remercier de vos précieux envois, et de vous prier de vouloir bien continuer à nous £edre part de vos intéressantes recheiches. Les Inscriptions libyques prendront place dans un appendice à la fin du recueil. Votre nom. Monsieur, figurera au premier rang parmi ceux des personnes qui auront contribué au progrès de cette branche si curieuse de l'épigraphie antique. » Un témoignage aussi élevé et aussi considérable ofirait à notre Société une garantie trop sérieuse, pour qu'elle ne s'empressât pas de donner place dans ses Mémoires au travail de M. le docteur Reboud.

Le Directeur des Mémoires de la Société française de Numismatique

et d^ Archéologie j

L* LéouzoN Le Duc.

6 ÉTUDES d'ÉPIGRAPHIE.

et 1869, et publiées par M. le docteur Judas dans la Revue Africaine et les Annales des voyages y épitaphes qui devaient être accompagnées de quelques renseignements sur Thistorique de leur découverte, la topographie du pays, et de figures pouvant donner une idée exacte de la forme des monuments.

Mais, de nouveUes inscriptions ayant été trouvées dans la même vallée, au Chabet el Hanencha, par MM. Dubourg, Letourneux (i) et le général Faidherbe (2), il nous a paru nécessaire de comprendre dans ce même travail toutes les inscriptions du cercle de Lacalle^ en réunissant à nos textes ceux que ces amis de la science ont bien voulu nous communiquer.

D'un autre côté, nous ne pouvions rejeter d'autres épigraphes inédites, en très-grande partie relevées dans la province de Constantine par MM. Blanché-Arrault, Cherbonneau, DaroUes, Gay, Mougel, Poulie, de Salle et Zill-des-Ues.

Il ne nous restait plus, alors, pour faire de ce Mémoire un recueil complet, qu'à rassembler les rares inscriptions qui se trouvaient éparses dans des ouvrages spéciaux et les Revues scientifiques de France et d'Algérie.

Pour faciliter la comparaison des épigraphes du Tell afi-icain avec celles de la région saharienne, nous avons reproduit les inscriptions rupestres de M. Henri Duveyrier (3), auxquelles nous avons ajouté deux autres textes touaregs, dont l'un est un autographe du cheikh Othman.

(i) Comptes rendus de la Société française de numismatique et d'archéologie, 1869, p. 249, 25o, 25 1.

(2) Idem. 1870.

(3) Touaregs du Nord, ^zi Henri Duvejrrier, 1862.

Notre Mémoire est donc un Recueil d'inscriptions libycoberbères (i).

« Ce nom semblera peut-être un pléonasme aux personnes qui « ont dans Tesprit la notion de Tidentité fondamentale de la

« langue dite libyque, mais tous les lecteurs n'auront pas cette « notion. Si on leur dit simplement Ujpyque, ils ne se reporte- « ront qu'à une langue des anciens Lybiens^ sans savoir que « cette langue s'est perpétuée et vit toujours, sauf quelques légères « différences d'alphabet et d'orthographe, peut-être de grammaire, « dans celle que nous appelons aujourd'hui berbère.

« Si on dit simplement berbère, ils ne sauront pas qu'il s'agit « d'une langue qui date de la plus haute antiquité et qui existait « primitivement sous un autre nom.

« D'ailleurs, l'identité n'est pas absolue. II y a certaines diflFé- « rences de formes ou d'âges, qui, sans constituer une distinc- « tion radicale, de manière à produire deux langues, établissent « cependant des nuances essentielles qui s'opposent à une dé- « nomination simple, laquelle pour la plupart des lecteurs serait « mévitablement fallacieuse, et serait au contraire une constate tation dans la dénomination.

« Avec l'expression complexe : langue libyco-berbère, nous « avons le mot singulier et simple langue qui représente l'idée « fondamentale, et le terme double libyco-berbère, qui repré- « sente les deux grandes dififérences accessoires, différences his- « toriques que contient cet idiome (2). *>

(i) Sur récriture et la langue berbère dans l'antiquité et de nos jours , par A. Judas. Pans, i863, p. 47.

(a) Judas : Jn litteris.

8 ÉTUDES d'ÉPIGRAPHIE.

Nous exprimons ici notre reconnaissance à toutes les personnes qui ont bien voulu nous prêter leur concours, et en particulier à M. le général Faidherbe, à MM. les colonds Digard et Gandil, commandants par intérim la subdivision de Bône, qui ont facilité notre exploration de la CheflSa par tous les moyens dont ils pouvaient disposer; à M. Rouvière, capitaine d'étatmajor, pour les soins affectueux qu'il a mis à assurer la réussite de nos excursions; à M. deMassot, directeur du service topographique de Constantine, qui nous a gracieusement fait délivrer une carte de la Cheffia, où M. Gelas a eu Theureuse idée de marquer avec le plus grand soin l'emplacement des ruines romaines et des nécropoles libyques.

. Paris, le i5 mars 1870.

RECUEIL D INSCRIPTIONS UBTCO-BERBERES.

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