‹ Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparChapitre 166 sur 175 · COLOMBELLE · texte numérisé non relu

COLOMBELLE

Le genre des Colombelles est un démembrement des Volutes, car leur columelle plissée avoit fait ranger la plupart des espèces parmi ce grand genre. L’épaisseur et les dentelures de leur lèvre les font aisément reconnoitre dans la famille des Columellaires. L'échancrure du syphon est si peu marquée que M. de Blainville les a placées dans sa famille des Syphonostomes, tout en reconnoissant leur aflinité avec les Volutes. Je crois en effet que c’est près de ce genre que l’on doit laisser les Colombelles.

MM. de Humboldt et Bonpland en ont rapporté quatre espèces : une d'elles est connue déjà depuis long-temps; Linnée la rapportoit à ‘ses Volutes, sous le nom de Voluta rustica. M. de Lamarck lui donne pour patrie l'Océan des Antilles. Je ne puis indiquer le lieu précis où la coquille que j'ai sous les yeux a été prise : je le regrette : il seroit fort utile de faire connoitre son origine, car M. de Blainville assure avoir vu dans la collection de M. Bertrand- Geslin cette Colombelle péchée dans la mer Adriatique. La coquille de M. de Humboldt étoit mélée avec les autres Colombelles rapportées d’Acapulco. Il ne seroit-donc pas impossible qu’elle ait été prise sur cette côte qui nourrit un grand nombre d'espèces extrémement voisines de celles de nos mers. Je saisis l’occasion que j'ai de parler de cette Colombelle , pour faire observer que l’on ne doit pas s'appuyer du témoignage de M. Sowerby, et croire que le Colombella rustica se trouve sur les côtes de Californie; car l'espèce que le naturaliste anglois a représentée dans ses Genera of shells, 9° livraison, fig. 3, est différente du C. rustica. Je la crois nouvelle. ;

J'ai vu un exemplaire de la seconde espèce dans la collection de M. Duclos où elle est nommée Colombella costata.

Enfin , la troisième a été communiquée à M. de Lamarck par M. Bonpland : elle est indiquée dans l'Histoire naturelle des animaux sans vertèbres sous le nom de Colombelle strombiforme ; et, depuis, différens,auteurs en ont donné d'assez bonnes figures. Mais sous ce même nom de C. strombiformis, ils ont confondu une espèce bien distincte, également découverte à Acapulco par M. de Humboldt; M. de Lamarck ne l'a pas connue, aussi on ne la trouve pas mentionnée dans son ouvrage. Pour éviter toute confusion , je vais d’abord décrire avec quelques détails celle que ce savant conchiologiste a nommée

Zoologie, Tom. IL. 42

COLOMBELLE STROMBIFORME.

CoLUMBELLA STROMBIFORMIS, {esta ovala, superne lævi, infra transversim sulcata; castanea, strigis albidis longitudinalibs variegata ; anfracuüibus - angulatis ; labro dilatalo , crassiusculo.

. Lam., Hist. nat. an. sans vert. , tom. VII, p. 293. Blainv., Malac., pl. xxix, fig. 3, @, d.

Buccinum strombiforme, Wood , ind. test. suppl, pl. 4, fig. 18. Var 8 Castanea punctis albidis picta.

Habitat ad Acapulco.

Cette espèce a été comparée avec raison à un Strombe. Sa spire se forme de sept tours. La hauteur des six supérieurs ne fait guère que le tiers de celle de la coquille. Une gouttière spirale monte le long des anfractuosités des tours et les détache nettement les uns des autres. Le dernier est gros, renflé, et enveloppe une grande portion du pénultième. Le haut de la coquille est lisse, mais la moitié inférieure du dernier tour a des sillons transversaux assez bien marqués. Près du bord supérieur, il y a un aplatissement et un angle prononcé qui trace une rampe spirale le long de chaque tour.

L'ouverture est rétrécie et sinueuse; la lèvre est épaisse , dentelée et fait une assez forte saillie dans le milieu. L’angle supérieur saille en une sorte de tubérosité qui contribue à donner à cette Colombelle la figure d’un Strombe. La partie supérieure de la columelle est lisse, un peu saillante, au-dessus est une lévère concavité qui répond à la partie convexe de la lèvre. La couleur des premiers tours est jaunâtre, tachetée de blanc; sur le dernier tour, c'est un marron foncé éclairé par des lignes flexueuses et blanches : il y du jaunâtre le long du bord interne de la lèvre. L'intérieur de la coquille est blanc.

J'en trouve une variété roussâtre ou marron clair, tacheté de points bee. Nos individus ont un pouce de hauteur.

La seconde espèce, confondue avec la précédente , est plus bossue; je l'appelle

SUR LES COQUILLES UNIVALVES MARINES. 33x

COLOMBELLE B OSSUE.

CoromnerLA ciBBOSA, testa ovata, gibbosa, supra striis transversis long: tudinalibusque sublüilissimis instructa, infra sulcata; castanea, albo punctata ; anfractibus planiusculis.

Colombella strombiformis, Sow., Gen. of shells, 9° Livraison, fig. t.

Habitat cum præcedente.

Cette coquille ressemble beancoup à la précédente, mais le dernier tour est comprimé et comme relevé en bosse. IL n’y a point d'angle ni de rampe montant en spirale le long de chaque tour. Cependant le test est moins lisse que celui de l'espèce précédente , et l’on voit, sur la Colombelle bossue, des stries longitudinales et transversales ; elles sont fines. |

La moitié inférieure du dernier tour est sillonnée. La lèvre est moins épaisse ; elle offre la même saillie à l’intérieur. Ses dents sont plus fortes. L’angle supérieur de la lèvre n’est pas aussi saillant. Près de cet angle, la columelle a une callosité très-forte qui manque toujours à l’autre espèce. Les plis de la base de la columelle sont plus forts.

La couleur est roussâtre, plus égale, et n'offre de points blancs que sur la moitié inférieure du dernier tour. Le bord externe de la lèvre est jaunâtre; l'interne est blanc comme le dedans de la coquille. On voit des individus qui ont de grosses taches blanches.

La hauteur de ces coquilles n’est aussi que d’un pouce.

Je crois que M. Sowerby a pris cette espèce pour le Colombella strombiformis. Sa figure me paroit représenter le C. gibbosa et non pas celle de M. de Lamarck que j'ai vue dans la collection de M. le duc de Rivoli.

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