TT
elles consistent en ce que si l'on nomme k la plus courte distance des directions des deux petites portions de courans électriques » c l'angle de ces directions, a:, z, les distances des milieux de ces petites portions de courans à la ligne k^ et u, Vy leurs distances à l'intersection de deux
fJans élevés perpendiculairement sur ces mi* ieux j la formule devient :
g^ÇÂi'cos. c + ^g sîn.'c)
ou
^ ( COS.CH Ti J.
^f^^TUX
LtTTRE à M* BerihoUet sur F Etat magnétique des corps qui transmettent un courant d^élec^
trldté.
VkK W'Jn Bbazelius.
Ie me snû occupé de quelques expériences pour vérifier la belle découverte de M. OErsted, relative à l'influence ti&cée sur Taiguille aimantée par un fil de métal qui décharge la pile voltaïque. C'est une chose extrêmement intéressante de voir Télectricité , la lumière , le calorique et enfin le magnétisme^ se produire en même temps et pur une même cause* Serait-il un jour possible de dé- . mêler ce que c'est que tous ces phénomènes ?
H y a quelque chose de mystérieux dans les expositions que Ton a faites des phénomènes magnétiques d*un fil conducteur : cependant ces phénomènes sont très-faciles à concevoir lorsqu'on étudie Tétat magnétique du condup j teur; étude qui a été Tôbjet de quelques-unes de mes expériences dont je vais vous communiquer le résultat.
Il est connu que les corps qui possèdent la vertu magnétique sont dans un état de polarité qui généra* lement suit la longueur du corps ; mais comment concevoir cela dans un fil mince, magnétique dans le sens de sa largeur, et qui parait changer de polarité suivant i}ue Taiguille aimantée se trouve au-dessus ou «u-dessous de lui ?
Dans le voisinage d'un fil conducteur magnétique, Tai* guille aimantée se trouve sous Tinfluence de deux forces : celle du fil devenu magnétique et celle du magnétisme
(94) de la terre; la direction qu'elle prend devient donc le résultat de raction commune de ces deux force». M. C£rsted a fiiit voir que la direction ordinaire de Fai-guille aimantée reste sans altération lorsque leifil-Gonduc* teur fait un angle droit avec Taxe de Taiguille : c'est que, dans ce moment , le magnétisme du courant et celui de ' la terre agissent dans le même sens : Faiguille aimantée prendrait toujours cette position relativement au Gondncteur si le magnétisme de la terre n'existait pas. B s'ensuit donc que la tension ou la polarité magnétique fait des angles droits avec la direction du courant électrique»
Les expériences suivantes ont été faites avec ane seule paire de zinc et de cuivrç. La plaque de zinc était un carré de 12 pouces de côië, qui plongeait dans une augi dé cuivre, large d'un pouce. Pour conducteur humide, je me suis servi d'un mélange de 60 parties d'eau avec i p. d'acide sulfurique. Le Gl conducteur fit dévier l'aiguille aimantée de 25 degrés de chaque côté.
J'ai substitué au fil une feuille très-mince d'ëtain la^ miné de 8 pouces de longueur sur a p. de largeur , doDfc fai marqué le inilieupar un trait longitudinal. J'ai étendis cette feuille dans la direction du méridien et dans nm. plan vertical à l'horizon. Auprès de cette feuille j'aS placé mon aiguille aimantée, suspendue sur un pivot qo^je pouvais hausser et baisser à volonté sans donner dK mouvement à l'aiguille* J'ai ensuite examiné ce qui §9 passait dans l'aiguille lorsque \f liais le zinc et 1^ cuivre au moyen de cette feuille. Descendue vers le bord inférieur de la feuille d'étain, l'aiguille fut repoussée k 20 degrés du méridien magnétique* EIn la faisant remonter doucement vers le bord supérieur, cette déclfr**
(95) Mïilson diminna jusqu^à ce que Paignille eut repris sa premièie position parallèle au méridien magnélique. Ella était alors dans le même plan horizontal que la ligne du milieu de la feuille: mais Taiguille panchait, comme cela avait aussi lieu dans les expériences de M. OErsted lorsque Taiguille aimantée se trouvait dans le même plan horizbntal avec le fiil conducteur. En faisant remonter l'aiguille vers le bordsupérieur de la feuille, elleenfut attirée jusqu^à ce qu^clle déclina ao^ de l'autre côté du méridien magnélique; au-delà des bords delà feuille la déclinaison diminua assez promptement. Je détachai à moitié un morceau du bord supérieur de la feuille, et je le, tournai en haut , de manière à ïormer un point qui s'é* levait s un demi-pouce au-dessus du bord. Je fis ensuite remonter Taiguille, ayant Tun de ses pôles près de ce point. La déclinaison que Taiguille montrait au bord, se conservait aus^i long*temps qu'elle se trouvait près du morceau relevé; elle était visiblement moindre à la même distance du bord uni. J'ai ensuite fait passer le courant électrique par un carré d'étain laminé , dans la direction de deux angles opposés. En examinant, au moyen de raignille, Tétat magnétique de ce carré, il se trouvait que les deux autres angles opposés étaient devenus polaires, et que la plus grande déclinaison eut lieu aux deux pointes. Plus on faille carré grand, plus Tint^-^iSité mag*nétique diminue ; mais c'est toujours dans les ^'oînts. opposés les plus reculés du conducteur que la déclinaison est k son maximum : circonstance qui prouve i|t.?^ la polarité magnétique du courant cherche les extrémités opposées , tout comme cela a lieu dans la polarité électrique* «t. dans celle des aimans artificiels.
Tous ces phénomènes auraient eu Heu si je me fusse servi , au lieu de la feuille d'étain , d'un aimant artiBdel mince et plus large que long. Mais la feuille présentait «encore un phénomène que Taimant n'aurait pas produit : c*est que les mêmes effets se passèrent au même «degré de Tautre côté de la feuille : le bord supérieur^ qui, du côté de Test, attira le pôle austral, le repoussa du côté de Pouest. Uaimant ordinaire aurait attiré le même pôle de? deux côtés. Les phénomènes magnétiques de la feuille se passent donc comme si Ton avait appliqué Tun contre Vautre et en sens inverse, deux aimans très-minces et également forts.
Pai répété Texpérience avec la feuille d'étain en rendant sa largeur parallèle à l'horizon, et en gardant tou* X \ jours la direction parallèle au méridien magnétique. Dans
v) / cette position, elle agissait sur Taiguille absolument
comme un fil. La déclinaison de Taiguille était à son maximum lorsque son centre de rotation se trouvait au milieu de la feuille. H est évident qu'une aiguille qui se meut dans un plan horizontal ne saura mar» quer aucune ligne de culmination magnétique sur vs» surface horizontale ; mais en mettant en équilibre nn» aiguille qui se meut dans un plan vertical ,et eu la faisanS passer dessous la surface magnétique d'un côté à rau— tre , on trouve que Taiguille aimantée reste en équilibra au milieu de la surface , et que les bords attirent et W^ poussent chacun son pôle.
Par ces expériences, nous concevons quîsl doit étr^ Tétat magnétique d'un parallélipipède métallique, par lequel passe le courant électrique. Chacune de s^ aféM est im pôle magnétique dont la largeur e&t égale à ^â
(97) loDguenr dn parallélipîpède y ou plus exactement à lit diçiension du parallélipipède que le courant parcourt } les frètes diamétralement opposés contiennent la même eépèce de polarité, tandis que celles qui terminent la même fate contiennent une polarité opposée. On peut donc représenter Fétat magnétique intérieur sur la coupe transversale du conducteur, par celui de deux aîmans appliqués par leurs pôles opposés Tun contre Tautre , à-peu-prèf comme la figure ci-après le représente.
n parait que chacune des deux électricités doit être représentée par son aimant , et que chacune a son pôle magnétique analogue tourné vers le même côté par rap-^ port à sa direction.
Si an parallélipipède on substitue un cylindre, Tétat magnétique de celui-ci sera le même v mais les phénomènes magnétiques seront plus difficiles à examiner sous eçtte forme : c^est cependant celle avec laquelle oa lesa jusqu^ici. étudiés.
Urne parut probable qu^un cube par lequel passe, un courant électrique pouvait présenter quelque distribution magnétique particulière ; mais en rendant une de» arêtes d'un cube métallique parallèle au méridien mag-^ ziétiqne, et en faisant passer un courant électrique dans; cette direction par le cube ,. j*ai trouvé qu'une aiguille aimantée placée au-dessous de la surface inférieure » ékhné comme à Tordinaire : preuve que le cube:
(9») Titsi sons ce rapport qu^un parallélipipède très-
court
L'exposition que je viens de donner explique tons les phénomènes magnétiques du courant électrique observés )Usqu*À piésent, et laisse prévoir tous ceux dont le rorpg conducteur pendant cet état est susceptible. Il fst évi« Vient que les phénomènes du magnétisme ordinaire diffè* rent de ceux du .courant en ce que, dans ces derniers, il y a une polarité double et inverse, tandis que, dans les aimans ordinaires, il n*y a que polarité simple; et bien que Ton puisse imiter artificiellement la polarité magnétique double , nous ne connaissons point encore im moyen d^imiter par l'électricité la polarité magnétique ikimple. 11 y a donc une diilerence bien établie entre ces deux états de polarisation magnétique, de manière qu^on ne peut pas attribuer les phénomènes magnétiques des aimans ordinaires, c'est-à-dire, d'une polarité simple, i un courant électrique qui les travenierait continuellement dans un sens perpendiculaire â leur axe de polarisation, comme M. Ampère vient de le conjecturer. Quelques savans prétendent que notre globe a quatre po* les magnétiques ; mais si cela est ainsi , les pales homologues sont tournés du même côté , de manière qae l'on peut les considérer comme un seul interrompa par une substance non magnétique,
M. Œrsted a eu recours k une hypothèse ingéniense à la vérité , mais fort improlxible , savoir, qne les phénomènes magnétiques du courant doivent leur orif^ne à un mouvement en hélices des deux électricités, dont Tune détermine la position de l'aiguille audessus , et l'autre au«dessous du fil conducteur* La po-
(99) larité magnétique double du conducteur me parait ètr« une explication bien plus simple et plus vraisem» blable.
Lettre de M. Ampère à M. Arago. /
tt Monsieur et cnER ami ,
)» Je pense que vous vous proposez de publier, dans les Annales de Chimie et de Physique, la lettre de M« Berzelius à M, Berthollet, qui a été communiquée à TAcadémie, dans la séance du 8 janvier 1821. Le nom seul de l'auteur de cette lettre suffirait pour faire désirer i tous ceux qui sMntéressent aux progrès des sciences , de connaître ce que pense cet illustre chimiste de Faction entre les conducteurs voltaïques et les aimans découverte par M. OErsted. M» Berzelius Ta écrite avant quMI pût avoir aucune connaissance de celle dont j'ai reconnu Fexistence, au mois de septembre dernier, entre deux conducteurs voltaïques, et des conséquences que j'en ai tirées relativement à Tidentité des fluides électriques et magnétiques; les expériences quil y décrit sont une suite immédiate de la théorie fondée sur cette identité, et je crois utile aux progrès de cette branche de la phy-> sique de vous faire part des réflexions que m'a suggérées klecture qui en a été faite à l'Académie , pour que vous, puissiez aussi les insérer dans les Annales , si vous jugez. qu'elles soient dignes d'y paraître.
mi Les observations de M. Berzelius sur la cause pour hquelle M. OErsted n'avait obtenu dans ses expériences ^'nne déviation toujours moindre qu'un angle droit,
peovjent laiasia? aucua doute suc ce que cette causé ne
( ïoo ) soit dans Taction du globe terrestre , qui se combinait; dans ces expériences , avec celle du conducteur voliaïque , et je n'en parlerai ici que pour vous rappeler que » dans la séance de l'Académie du ^5 septembie 1820, j'ai montré la même chose , par une expérience directe, à Taide de l'instrument représenté dans la planche 4 du tomeXY des Annales de Chimie : Taiguille aimantée de cet instrument ne pouvant se mouvoir qu'en tournant dans un plan perpendiculaire à Taiguille dMncIinaison, Faction du globe terrestre ne tendait plus à lui donner aucune direction déterminée, et il fut constaté , dans cette séance, que quand le conducteur voltaïque agissait sur elle , elle se plaçait constamment dans une direction perpendiculaire à la sienne.
» M. Berzelius a examiné les effets que produit sur Taiguille aimantée une feuille très-mince d'étain laminée, située dans le plan du méridien magnétique, et dont la largeur était, dans ses expériences, de deux pou» ces. Quand celte feuille communique avec les deux extré* mités de la pile, il doit s'y former , dans le sens de sa lon« gueur et suivant des lignes horizontales , une série de courans électriques ; ceux de ces courans qui se trouvent au-dessus du plan horizontal menés par le point de suspens sion deTaiguille aimantée soumise à Faction de la feuille^ d'étain , doivent , d'après la théorie , faire tourner Taiguille dans un sens , tandis que ceux qui se trouvent au-dessous du même plan doivent la faire tourner en sens contraire \ d'où il suit , comme Ta observé M. Berzelius , que le maxi^ mum d'action a lieu dans le premier cas quand l'aiguiU® est de niveau avec le bord inférieur de la feuille d'étain 9 ^^ dans le second quand elle l'est avec son bord supériet^^i puisque ce n'est qu'alors que tous les Courans agisse
(lOt)
dans le même sens sur l'aiguille à la moindre distance possible. Lorsque l'aiguille est plus haut que le bord supéiieur de la feuille d'étain , ou plus bas que son bord inférieur , tous les courans agissent encore dans le même sens , mais l'augmentation de la distance diminue Tintensité de leur action sur l'aiguille ^ quand celle-ci est à une hauteur plus grande que celle du bord inférieur, et plus petite que celle du bord supérieur, une partie des courans agitdansun sens, et l'autre dans le sens contraire : rjeffet n'est produit que par la différence de leurs actions \ il est donc nécessairemen t moindre que dans le$ cas oùils agissent tous dans le même sens : quand l'aiguille répond au milieu de la largeur de la feuille d'étaia , cette différence devient nulle , et l'action des courans éliectriques pour faire tourner l'aiguille dans le plan horizontal qui passe par son centre de gravité l'étant par conséquent aussi , cette aiguille revient par Faction terrestre dans un plan parallèle au méridien magnétique ; mais si ces extrémités peuvent alors s'élever ou s^abaisser dans ce plan , elle s'incline en s'approchant de la situation verticale où elle aurait son pôle austral à gauche des courans électriques de la feuille d'éiain ; elle se placerait même dans cette situation verticale sans Tactiôn de la pesanteur qui l'en empêche , lorsque l'aiguille est suspendue comme elle Test ordinairement , parce que son centre de gravité se trouvant au-dessous du point de suspension , la pesanteur tend à ramener Faiguilie dans le sens horizontal. Cette sorte d'inclinaison , produite par un conducteur voltaïque dans une aiguille aimantée qui lui est parallèle, et situé dans un même plan horizontal , observée par M. OErsted , est le même fait que la déviation de cette aiguille , quand elle
( loa )
est placée au-dessas ou au-dessous d*un conducteur ho?rizontal parallèle au méridieu magnétique , ainsi que je Tai fait voir dans mon premier Mémoire sur ces phénomènes, lorsque, dès le 1 8 septembre dernier, j'ai réuni ces deux cas sous cet énoncé général :
(( Lorsqu'un aimant et un conducteur agissent Tan sur )i l'autre , et que Tun d'eux étant fixe , l'autre ne peut que j> tourner dans un plan perpendiculaire h la plus courte » distance du conducteur et de l'axe de l'aimant , celui » qui est mobile tend à se mouvoir, de manière que les )) directions du conducteur et de l'axe de l'aimant for* » ment un angle droit , et que le pôle de l'aimant qui » regarde actuellement le nord (le pôle austral) soit à » gauche du courant électrique ^). » Il est aisé devoir en effet , que quand l'aiguille aimantée est au-dessus ou au-dessous du conducteur, la ligne qui mesure leur plus courte distance est verticale , en sorte que Faiguille tend ^ d'après cette règle générale, à tourner dans un plan horizontal , tandis que quand l'aiguille est à côté du conduc* teur et de niveau avec lui , la ligne qui mesure la plus courte distance est horizontale , et que l'aiguille tend , d'après la même règle , à tourner dans un plan vertical.
)) Les deux expériences que M. Berzelius rapporte ensuite dans sa lettre rentrent dans celle dont je viens de parler ; mais elles n'en sont pas moins intéressantes pour les physiciens, en prouvant que quelle que soit la fonneda contour d'une feuille métallique qui fait partie d'ufi cir-» cuit voltaïque, il s'établit dans tous les points de ce|tt: feuille descourans électriques dirigés de l'extrémité pQii--
tive de la pile à son extrémité négative. Les couran»
(i) Jnmleê de Chimie et de Physique , t XV^ p. 1^2^
C io3 ) doivent , diaprés la théorie , être disposée dans la première de ces deux expéciences , comme on le voit fig. 12, et dané la seconde, comme on le voit fig. i3 ; il est aisé d^en conclure l'action quHls doivent exercer sur Taiguille aimantée, et cette act)<>a se trouve être précisément celle que M. Berzelius a observée.
» L^auteur insiste sur ce que , dans cette dernière expérience où la feuille d^étain a la forme d^un carré A CBD (fig. 1 3) qui Communique avec la pile par les angles u4, B, \e maximum de déviation de Taiguille aimantée a lieu' quand elle est dans un des deux plans horizontaux qui passent pair les ailles C, 77 f mais il est évident que cela ne peut être autrement , quelle que soit la cause du phëhoinènè, puisque ce n*est qu'alors que les couraus électî^qties se trouvent , à la plus* petite distance possible , tous au-dessus ou tous au-dessous de l'aiguille*
» M. Berzelius reniàfque ensuite avec raison que tous 6es 'phénomène^ auraient eu lieu sMl se fut servi , au lieu de la' feuille' d'étain , d'un aimant artificiel mince et plus lai^e' que long.; mais que la feuille présente en<core un phénomène que Taimlant n'aurait pas produit ^ c'est que le bôtti supérieur de la feuille fait toujours tourner Taigtiillé dû même côté, sodt qu'on la place à Test ou à Touest de ce bord datis le plan horizontal où il se trouve , tatidis qu'un aiixtant mince et plus large que lorig , tei que celui qui est représenité dantf la fig. i^j en en supposàût les pôles en C ex D , fait, dans les mêmes circonstances, tourner dans un sens l'aiguille ainàbittëe lorsfjpi'elle est à l'e^it de cet aimant , et dans le sens opposé' lorsqu'elle est à l'ouest.
3» Men ne peut mieux que cette observation confirmer ce qiie j*aî dit eut k disposilicU des couraU électriques
des aimans auxquels sont dues tontes leurs, prenne* tés.
» Eu elTet , la feuille d^étain u4B (fig. t5 ) , comiiiu-^ niquant en^ et eni? avec les deux extcémités de la pile, est un système de courans horizontaux qui se trouvant tous ^ dans cette expérience , plus bais que Taiguille aimantée , la font mouvoir toujours dans le même sens , et comme le ferait un conducteur unique placé au-dessous d'elle; mais Taimant j4B (fig. i4) que M. Berzelins suppose qu'on substitue à cette feuille , est un as^ semblage de deux systèmes de courans , Tun formé des courans qui se trouvent du côté de Taimant qu'on voit en avant dans la figure , et qui vont , par exemple , de A Qu B , Tautre des courans qui reviennent de B enj£ de Tautre côté de Taimant, c'est-à*-dire derrière lui lorsqu'on le regarde comme il est représenté dans la figure. Lorsqu'on place Taiguille aimantée dans un plan horizontal passant par le bord supérieur EF de cet almaut , tantôt à Test , tantôt a Touest , elle prend la direction que tend à lui donner celui de ces deux systèmes de courans qui en est à une moindre distance , et comme leurs directions sont opposées , ils tendent à la faire tourner dans des sens qui sont aussi opposés Tun à l'autre; quand Taiguille est à l'est de Taimant c'est celui de ces systèmes de courans dont elle est le plus près qui détermine le sens de son mouvement; quand elle est à Tonest elle est plus près de l'autre, et se meut par conséquent en sens contraire.
)» Il ne faut pas perdre de vue que )'ai établi sur un grand nombre de faits que ce n'est point sur les pôles des aimans , mais sur les courans électriques qui oui liea dans des plans perpendiculaires & leurs axes^ que
( io5 >
«^exerce l'acdon des courans électriques , soîl d'un conducteur YoltAÏque , soit d'un autre aimant , et que cette action tend uniquement à amener les premiers dans des situations parallèles aux seconds , de manière qu'ils soient dirigés dans le même sens que ces derniers ; on voit par là qu'un seul système de courans , comme celui de la feuille d'éiain , par exemple^ doit toujours. faire tourner du même côté laiguiile aimantée qu'on place auprès de lui dans le plan horizontal passant par son bord supérieur , soit qu'elle soit à l'est ou à l'ouest de ce bord, et qu'il faut deux systèmes de courans dirigés en sens contraire sur les deux côtés opposés de l'aimant dont parle M. Berzelius, pour que cet aimant fasse mouvoir l'aiguille endeuxsens contraires , suivant qu'elleen est à Test ou à l'ouest , comme il la fait mouvoir en effet dans l'expérience décrite par ce grand physicien.
» Il suppose cependant que c'est dans la feuille d'étain que se trouve ce qu'il appelle une double polarisation, et que la polarisation est simple dans un aimant ) il s'appuie sur cette donnée de l'expérience : si l'on place contre l'aimant , qu'il compare à la lame d'étain , un autre aimant pareil au premier , de manière qu'ils se touchent par toute l'étendue de l'une de leurs plus grandes faces , telle qu'est la face GHIK (fig. 14)9 et que les pôles d'espèces opposées se trouvent du même côté idans les deux aimans, de manière que l'un ait en bas , par e:!i^emple , son pôle austral et l'autre son pôle boréal, l'assemblage de ces deux aimans agira sur l'aiguille comme la feuille d'étain ,* mais cela est aussi une •uite nécess|iire de la théorie que j'ai exposée dans le tome XV ^s Annales de Chimie et de Physique y car il ^ » alors quatre systèmes de courans , deux dans chaque
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aimant. Ceux de ces systèmes qui se trouvent dans chaque aimant du côté de la face par laquelle ils se touchent sont alors dans le même sens , et ceux qui se ti cuvent du côte opposé ont lieu dans l'autre sens , Tun de ceux-ci se trouvant toujours plus près de Taiguille que ne le sont les premiers , c'est leur action qui est toujours prépondérante ; et par conséquent , soit qu'on place à Test ou i Touestdo ces deux aimans Taiguille qu'on suppose toujours dans le plan horizontal passant par leur bord supérieur, elle prendra dans les deux cas la même direction comme lorsqu elle est mue par le système unique des courans électriques de la feuille d'étaiii.
•M M. Berzelius ajoute que , quoiqu'on poisse imiter avec la pile voltaïque ce qu'il appelle la polarité double, on ne peut imiter ce qui a lieu dans les aimans , et qu'il. nomme polarité simple ^ c'est là l'unique objection qu'il oppose à la manière dont j'ai expliqué l'action mutuelle d'un aimant et d'un conducteur, découverte par M. Œrsted , et celle de deux conducteurs que j'ai observée le premier. Mais celte imitation parfaite de tous les phénomènes que présente un aimant est précisément ce que j'ai obtenu à l'aide de l'instrument décrit dans le tome XY des Annales de Chimie et de Physique , et représenté dans les planches qui y sont jointes (pi. a, 6g; 3)|» au moyen d'un fil métallique qu'on met en communication avec les deux pôles de la pile , et dont uhe pi^rtie est renfermée dans un tube de verre et l'autre, est pliée en hélice autour de ce tube. D'après les lois mathéoiatiques de l'action qu'exercent les conducteurs vollaïques , celle de la partie pliée eif hélice se compose de deux autres, dont l'une est égale à celle que produirait un conducteur rectUigne placé dans l'axe de Uié-
lice et de même longueur que cet axe^ et l'autre à celle qui résulterait d'autant de courans électriques circulaires dans des plans perpendiculaires a cet axe que Thélice a de spires. La première action est détruite par l'action égale et opposée de la partie du conducteur enfermée dans le tube, en sorte qu'il ne reste que celle des courans circulaires parfaitement identique , comme le prouve l'expérience , h celle d'un aimant qu'on substi* tuerait simplement à ce tube ; identité qui se vériBe , soit en suspendant le tube comme l'aiguille d'une boussole , et le soumettant à l'action d'un aimant ou d'un fil conducteur , soit en se servant , au contraire , de ce tube comme d'un barreau aimanté /pour étudier son action sur l'aiguille.
» C'est celle expérience qui montre d^une manière plus directe l'identité des fluides électriques et magnétiques ^ eUé répond en même temps à toutes les objections qui m'^ont été faites sur ce qu^en supposant l'aimant composé , comme je l'ai dit, de courans électriques y il n'en résulterait pas tous les phénomènes que présentent les aimans; mais ce n'est pas seulement sur elle que j'établis cette identité ; tous les faits que j'ai observés depuis six mois , et vos découvertes sur l'aimantation de l'acier par l'électricité produite , soit par une pile voltaïque , soit par une machine électrique ordinaire, s'accordent à prouver la vérité de la théorie qui range tous les phénomènes de l'aimant parmi les phénomènes purement électriques, et je ne doute pas que cette théorie ne fût bientôt généralement adoptée si , au liea de se borner à examiner l'action mutuelle des conducteiu's voltaïques sur les aimans , on s'occupait avec le même soin de l'action que deux fils conducteurs exercent Tua
UlTL'
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sur l'autre , et de celle du globe terrestre sur un con« ducteur. En multipliant et variant les expériences sur ce sujet, on observe, à chaque instant, des effets dont on ne peut se rendre raison qu'en partant de la théorie que j'ai donnée de ces phénomènes , et qui en dé* . coulent si immédiatement qu'elle aurait pu servir à les prévoir d'avance. Ces expériences n'exigent , au reste , qu'un appareil vol laïque d'une force moyenne ; j'ai fait toutes les miennes avec une pile formée de douze plaques de zinc d'un pied carré , plongeant dans le li« quide acide indiqué par M. OErsted , de manière que la surface totale de ces plaques en contact avec l'eau acidulée renfermée dans des vases de cuivre d'un pied de hauteur et d'un pied de longueur sur une largeur de huit ou dix b'gnes , était de plus de vingt pieds carrés.
» Les observations que vous venez de lire, AL et cher ami , ne m'ont été inspirées que par le désir d^indiquer aux savans qui mettraient à la question de Fi* dentité des fluides électriques et magnétiques Pimportance dont je crois que cette question est pour les pro* grès de la physique , quelques-uns des motifs qui me portent à regarder cette identité comme démontrée. Bien loin d'avoir eu l'idée de combattre l'illustre «auteur de tant de découvertes dans les diverses branches des sciences chimiques et physiques, c'est à M. Berzelius lui-même que }e soumets les remarques que m'a suggérées la lecture de la lettre qu'il a écrite à M. le comte BerlhoUet. léserais trop heureux si elles ne lui paraissaient pas indignes d« sonUuffrage. »
Notice sur les Eocpériences électro-magnétiques de MM. Ampère et Arago, lue à Séance publique de V Académie rojale des sciences de P4iris , le 2 a\^ril 1821. ^^^
Par m. Ampère.
Un Dourefta genre de phénomènes , aassi remarquables par leér singniarîté que par les nombreuses applications qalls fo0t espérer, s'est offert récemment aux regards ^physiciens. Plusieurs d'entre eux, tant en France que ^aos le reste de l'Europe, en ont fait avec plus ou moins dé bonheur l'objet de leurs recherches. Tandis que le mouremtet Imprimé â l'esprit humain par cette brillante décoorerte promet à l'une des branches les plus intéressantes de la physique des progrès comparables, peut-être, â ceux que dot ia théorie de la lumière au trayail , sur la polarisatimi, «Tun collègue (i) dont tous les membres de l'académie pleureront long-tems la perte, j'ai pensé qu'il me teraitpermisde rappeler, dans cette séance solennelle, que de» Français entrèrent les premiers dans la carrière qui Tenait de s'ouTrir , et qu'ils y rencontrèrent aussi quelques £ttts Doureaux. Je m'étais d'abord proposé de présenter, dans cette notice, l'ensemble de leurs recherches; mais e<»Dme on en trouve une exposition complète dans ^a/ialyêê^ publiée aujourd'hui même, des travaux de Pacadêmie pendant l*année idao, j'ai cru deroir me borner à une courte indication des faits qui paraissent les plus dignes d'attention.
Les àîmans naturels et artificiels, le fer, le nickel et lecobalt 9 étaient les seuls corps dans lesquels on eût reconnu la pnqpriété d'agir sur l'aiguille aimantée , lorsque M. Obbstëd , secrétaire de l'académie royale des sciences
(1) M. Malvs, mort en 1819.
( lio )
de Copenhague^ découvrît que^ dan» certaines circons-* tances 9 tous les métaux sans exception^ et en général tou9 les corps susceptibles de conduire l'électricité, exercent sur cette aiguille des actions trés-întenses. II suffit pour cela que, mis en communication avec les deux extrémités d'une pile de yolta , ils servent de conducteurs au courant électrique qu'elle produit.
£n m 'occupant 9 dans le mois de septembre dernier , d'expériences relatives à cette importante découverte , j'at reconnu ce fait, plus général et non moins inattendu 9 que deux fils métalliques, de quelque nature . qu'ils soient, agissent l'un sur l'autre , lorsqu'ils transmettent tous deux un courant électrique; et, ce qui ajoute à la singularité de ce résultat, c'est que l'action est attractwe quand lt9 courans sont dirigés dans le même sens, et rèpuUwe quand ils se meuvent en sens contraire.
Dans k même tems , M. Arago annonçait à Tacadémie que le courant voltaïque qui, d'après les expériences' dé M. Oersted , donne à tous les métaux la propriété d'agir sur les aimans, est lui-même un puissant moyen d'aimantation. En disposant convenablement le fil conducteur autour du barreau d'acier, même à une distance considérable^ on parvient par ce moyen à produire dans le barreau autant de pôles que l'on veut, et aux places que l'on a choisies d'ar vance. Le même physicien montra bientôt après que ces effets s'obtiennent également, lorsqu'on se sert de l'électricité ordinaire , au lieu de celle qui est produite par la pile de volta.
L'action directrice du globe terrestre sur les aimans n'est pas seulement un des faitsles plus remarquables de la physique ; on sait à quelle hauteur elle a élevé l'art de la navigation. J'ose me flatter que les marins n'auront pas appris sans intérêt que je suis parvenu, par la seule combinaison des conducteurs électriques, à produire un appareil, dans lequel il n'entre que des fils de laiton, et qui est ^ns-*
ceptible» comme la boussole ordinaire, d'indiquer ta direction du méridien.
J'ai obtenu , par une combinaison analogue de fils métalliques, les mouremenscorrespondansàceuxde Taiguille d'inclioaison; et il m'a été facile de reconnaître que leci aimans et les conducteurs yoltaïques prennent, par l'action de la terre, précisément les positions que tendraient à leur donner des courans électriques , dirigés dans le sens du l^ouyement apparent du soleil, perpendiculairement aux méridiens .jQCiagnétiques , et d'autant plus intenses qu'ils seraient phis près de l'équateur. Il suffit pour cela d'attribuer à ces courans le même mode d'action que l'on déduit^ relativement aux aimans, des expériences de M. Oersted,ct^ rellitivement aux conducteurs , de celles que j'ai faites sur leur action mutuelle.
Telle est, en effet, suivant moi , la cause de la direction constante qu'offrent les aimans et les fils conducteurs de nos appareils ; mais, si la force directrice du globe terrestre est produite par de tels courans , n'est-il pas naturel d'admettre que l'action qu'exerce un aimant, soit sur un conducteur Toltaïque , soit sur un autre aimant , est aussi due à des courans électriques situés dans des plans perpendi- <^uiaires à son axe, et dirigés , relativement à ses pôles , comme le mouvement apparent du soleil l'est à l'égard des pôles de la terre correspondans à ceux de l'aimant ?
Qn parvient ainsi à représenter par une force unique ,
toujours dirigée suivant la ligne droite qui joint les deux
points entre lesquels elle s'exerce, non seulement les phé-
noix^^Qes magnétiques anciennement connus , mais encore
toutes les circonstances de l'action d'un conducteur vol-
^ïquc sur un aimant , découverte par M. Oersted, et de
^eile que j'ai reconnue entre deux conducteurs. C'est ce
^^i me semble appuyer fortement l'opinion que j'ai émise,
^ Vépoque de mes premiers travaux sur ce sujet, relative-
lû^nt à l'identité d^ l'électricité et du magnétisme. Les ré«
»u)tats àe^ expéri6>ii€€S que j'ai faites depuis 5 m'ont paru la rendre de plus en plus probable.
Je a'entrerai posât ici dans les détaiis ^ ces expériences; |'a|onterat seulement que^ confiormément à la itramèra dcmt je conçois qae l'électricité produit tous les phéw onii i it s magnêtifaes^ un ûl de lattoo, renfermé en partie dans un Imliedâ Tcorre et se replia»! extérieurement en liéliee autour àt œ tabe^ est attiiré et repoussé par «a aimant, et agit Mr lui en tcoM» cireonataiieeê, oomme le ferait un autre aimant, dès qu'on établît autour de ce tube "des cetR'atts éleetrlques , en ttieitsait le» deux extrémités du Ûl en eommunkation arec-celles d'tane pile Toltaîque.
Les effets ^'<on obsette & l'aide de cet instrument, Cfffrent d^s pteHves directes et multipliées de Héentité de l'électricité et du magnérisme. Urne des principales conséfvieneefr de la tMorie fondée imt cette Identité, est que l'action directrice de la terre n'émane nrrdes réglons polaire» ni an eehtre du gld^e , comrme on l'a supposé successrremèiit, et qu'elle protient surtout et la tone équatoriale, 0^ la chaleur et la ltimièi<e agissent avec le plus dlntenftîté. h^ pense que cette détermination des régions de la terre oé réside la caese de l'action directrice , intéressera les pbysieleAS qui cherchent à représenter par des formules générales les Taleurs des déclinaisons et des indlinaisons de l'aiguilk aimantée, depuis les pôles jusqu'à l'équateur.
Afkisi, tamiis que, d'après les expériences de M. Arago , l'éleetropbore et la bouteille de Leyde pourront désormais senrir aux navigateurs comme un moyen infaillible de réaiwanter à saturation les aiguilles de leurs boussoles , lorsque le tems ou d'autres circonstances les auront affai* blies, j'ailrai peut-être ciratribué, par mes recherches, au perfectionnement des formules magnétiques, destinées à rendre fJus sûr, et à étendre, par de nouvelles ap^rficaitions, l'usage d'un instrument, sans lequel la plus grande partie de k terre nous lerait encore inconnue.
Lettre de Mr. ampère a Mr. Ermai^ « secrétaire pb
l'Académie Royale de Berlin;
Paris y 20 At>ril 1821.
Mr. le Secrétaire perpétuel ,
X/EPUis que vous avez eu Textrême bonté de me faire remettre un exemplaire de votre ouvrage sur Faction électromagnétique découverte par Mr. Oersled ,. vous avez du. être surpris de mon silence i je vous devois tant de remercîmens de Tenvoi d*un travail aussi précieux , que rLçn ne pourroit m'excuser de ne vous en avoir pas plutôt témoigné ma reconnoi^sance , si, d'une part une indisposition très*grave , jointe à une multitude d'occupations indispensables ^ ne m*avoIt empêché de vous écrire dans le temps , et si d'autre part, mon ignorance de la langue allemande, en m'obligeane à faire traduire votre ouvrage pour pouvoir en prendre connoissance , ne m*en avolt long-temps privé ; il y a bien peu de temps que j'en ai la traduction en français, et je n'ai point encore eu le temps d'en faire une étude aussL approfondie que je l'aurols désiré. J'ai eu l'honneur , Monsieur de vous oflFrir , par l'entremise de votre illustre compatriote , Mr. le baron de Humboldt, un. exemplaire du Mémolrç^qui contient une partie de mes recherchas sur ce sujet études conséquences que j'en ai tirées , dès le mois de septembre de l'année dernière. ,'*
J'ignore si les faits nouveaux contenus dans ce Mémoire ont été vérifiés en Allemagne , mais ils l'ont été tant de fois en France , qu'il ne peut rester aucun doule sur leur e^ac-
C ii4 )
titude. Un habile physicien Mr. Tillaje , Conservateur du cabinet de physique de TÉcoIe de médecine de Paris , vient de les obtenir avec une pile vohaïque de dix paires seulement , dont les plaques , disposées suivant la méthode de Mr. WoUaston , n'avoient que quatre pouces de hauteur sur trois de largeur. C'est avec ce simple appareil qu'il a obtenu , comme je Tavois fait avec une pile beaucoup plus forte , le$ attractions et répulsions de deux fils conjonctifs y sans l'action d*aucun aimant ; et la direction de Test à Touest du plan d'un cercle en fi.l de laiton , où Ton fait passer un courant électrique , et qui prend , par Taction de la terre ^ cette situation, de manière, que le courant aille de Test i rt)uest dans sa partie inférieure , et revienne Ae Touest i Test dans sa partie supérieure ; ces deux faits principaux n*ont pu être produits par l'instrument avec lequel vous les aviez tentés , uniquement parce que l'appareil voltaïque , faisant corps avec le fil conjonctîf, devoit se mouvoir avec lui; tu lieu que je rends mobile une portion seulement de ce fil ^ en la faisant porter sur une pointe d^acier plongeant dans une petite coupe pleine de mercure en communication avec une des extrémités de la pile, ensorte que cette pointe tourne librement sur le fonds de la coupe , tandis qu'à l'extrémité opposée de la portion mobile du fil conjonctif , une pointe pâï^eille plonge dans une seconde coupe pleine de mercure, communiquant à l'autre extrémité de la pile, mais sans tour» cher le fond de cette sècbnde coupe, pour qu'elle ne gêne en rien le mouvement de rotation autour de la première pointe; ce mode de suspension est représenté dans les planches qui accompagnent mon ^Mémoire pi. III. fig. 6 et 7. C'est avec ces appareils que je crois qu'il convient dans un travail régulier sur les phénomènes dont nous nous occupons , de commencer par étudier; i.° Paction d'une portion fixe du conducteur voltaïque sur cette portion mobile y tant pour
( ii5 ) Taturer ou' la repousser , que pour l'amener dans une dircc- ' tîon parallèle à celle de la portion fixe du conducteur , quand la portion mobile ne peut que tourner autour de l'axe vertical passant par son point de suspension et que la poitioa fixe est horizontale ; a.® Faction du globe terrestre sur cette même portion mobile , qu'on reconnoît aussitôt être précisément la même que celle qu*exerCeroient, d'après les lois de l'action entre la portion fixe et la portion mobile , des courans électriques qui auroient lieu dans notre globe de Test à Touest , avec d'autant plus d'intensité qu'ils sont plus près de l'équateur.
L'existence des courans terrestres est confirmée par ce fait, que l'aiguille d'une boussole se dirige précisément comme la doivent dirige^ ces courans d'après la manière dont elle l'est par un courant voltaïque, dans les expériences de Mr. Oersied. Ce travail préparatoire achevé , et les deux actions que j'ai découvertes , Tune entre deux conducteurs voltaïques ; l'autre entre un conducteur et le globe de la terre , étant bien connues , on a tout ce qu'il faut pour passer à l'explication des phénomènes que présentent les aimans dans les expériences électro-magnétiques , expériences , qui n'offriroient sans ces préliminaires qu'un dédale inextricable.
Il suffit en effet, d'après les résultats fournis par le travail préparatoire dont je viens de parler , relativement à la manière dont deux conducteurs voltaïques agissent l'un sur l'autre , de chercher, ce qui doit arriver à un assemblage de courans électriques circulaires tournant tous dans le même., sens et dans des plans perpendiculaires à une droite quei'on^ considère comme l'axe de cet assemblage , et alors en annonçant d'avance tout ce qui doit lui arriver , soit par l'attion de la terre , soit par celle d'un courant voltaïque, smt enfin par celle d'un autre assemblage de courans olecuiques circulaires formé comme le premier, I'oa verrai qu'on a Aé-
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terminé d'avance ce qui arrive en effet à un aimant ; !•* par Taction du globe terrestre ; a.® par celle d'uh conducteur voltaïque dans les expériences de Mr. Oersted ; 3 • par celle d'un autre courant , lorsque Ton observe les phénomènes connus de Tactlon mutuelle de deux aimans.
Voilà ce qui me semble établir aussi solidement que le peut une théorie physique , que les aimans ne son]( réellement que de tels assemblages de courans électriques , ainsi que je l'ai annoncé à l'Académie des sciences de Paris le aS septembre i8ao, dans les conclusions du Mémoire dont j'achevai la lecture dans la séance de ce Jour, et que j 'a vois commencé dans la séance précédente. Cette conclusion est d'ailleurs indépendante de l'idée qu'on peut se faire de la manière dont l'électricité est dispensée et agit dans le fil conjonctif , c'est aussi celle dont elle est disposée et agit dans les plans perpendiculaires à l'axe d'un aimant suivant des courbes tracées , soit autour de cet axe , soit autour de chacune dés particules de l'aimant ; puisqu'en ne l'admettant d'abord que comme une hypothèse, elle sert a prévoir et à annoncer d'avance tous les phénomènes magnétiques anciennement connus , ceux que Mr. Oersted a découverts , et les propriétés nouvelles dont, j'ai reconnu l'existence dans les conducteurs voltaïques. Cette disposition de l'électricité a lieu aussi dans la pile elle-même, d'après une des premières expériences que j'ai faites sur ce sujet , expérience qui a été publiée dans le temps. Quand on trouve un pareil accord entre les faits et l'hypothèse d'oùf Ton est parti , peut-on ne la reconnoitre que comme une . simple hypothèse ? n'est-ce pas au contraire une vérité fondée sur des. preuves incontestables? mais pour rendre ces preuves plus complètes et les mettre en quelque sorte sous nos sens , j'ai construit l'instrument représenté dans les planches de mon Mémoire, PL II,fig. 3: un £1 de cuivre dont
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les deux extrémités communiqvient avec celle de la pile ^ est roulé en hélice autour d'un tube de verre , et revient par rintérieur du tube , de manière que l'action de la partiç irectiligne de ce fil renfermée dans le tube détruit là portion de Faction de rhélice qui est représentée par la somme des projections de ses spires sur Taxe de cette hélice , et qu'il ne reste que l'action représentée par la somme des projections sur des plans perpendiculaires à l'axe ^ ce qui donne autant de oourans circulaires semblables, à ceux dont je regarde les aimans comme composés, que l'hélice a de spires.
Cet instrument suspendu comme une aiguille aimantée se conduit en toute circonstance comme elle , et met ainsi dans tout son jour l'identité du niagnétisme de l'électricité.
Il faut seulement observer qu'on n'obtient le phénomène de la directioi) par l'action du globe terrestre j que quand on donne à l'hélice un assez grand diamètre , et que la pile est très - forte ; cette expérience est plus facile à faire avec un seul conducteur circulaire tel que celui qui est rer présenté PI. HI fig. 7.
H suffit d*obserYer avec attention les divers mouvement qu'imprime un barreau aimanté à rhélice disposée eomme je viens de le dire , pour qu'il ne reste aucun doute sur l'assimilation que j'ai faite de cette hélice et d'un aimant« Je dois à l'obligeance de Mr. De La Rive , Prof, à l'Académie de Gjenève, up appareil propre à faire cette expérience avec une e;Ktrème facilité (i) : il consiste dans un fil de laiton disposé comme dans ^a fig. 3 PI. II de mon Mé-* inoire , à l'exception qu'il n'est point adapté à .un tube de verre , mais enveloppé de soie ^ a(ln d'empêcher les spires de l'hélice de communiquer avec les parties du fil qui reviennent par l'intérieur de cette hélice ^ de ses extrémités
(0 Voy. fiiJU. Vnivp $c* et JUii. Vol. XVI^ pag^ 2«i<
vers son milieu. Les deux bouts du £1 de laiton, qui dans l'appareil que j*ai décrit communiquent avec les deux extrémités de la pile au moyen du mercure où ils plongent et où ils peuvent tourner librement , sont dans Tinstrument de Mr. De La Rive , soudés à deux plaques , lune de zinc et l'autre de cuivre , qui traversent un flotteur circulaire en liège qu'on place sur de Teau acidulée où plongent les deux plaques; si Ton met sur un flotteur pareil une aiguille aimantée , et qu'on approche successivement dans toutes les situations qu'on pourra imaginer un barreaju aimanté, tantôt de l'appareil à hélice , et tantôt de l'aiguille, en faisant attention à la correspondance que j'ai établie entre les pôles de l'aimant et les extrémités de l'hélice , d'après la direction du courant électrique qui la parcourt, on reconnoîtra une identité d'action si parfaite , que je ne crois pas qu'on conserve , après cette expérience , des doute» sur l'identité de l'électricité et du magnétisme expliquée comme je l'ai fait.
Voila , Monsieur , bien des motifs d'admettre cette explication si simple des phénomènes magnétiques , et toutes les expériences que j'ai faites depuis six mois s'accordent à la confirmer; quand on ne la consldéreroit que comme une manière de représenter tous les faits , elle n'en seroît pas moins iitile aux physiciens. Les observations décrites dans le Mémoire que vous avez eu la bonté de m'ehvoyer, en sont autant dé nouvelles preuves ; car , si je ne me trompe ^ on les pouvolt toutes prévoir d'après la théorie où l'on considère les almans comme des assemblages dé ce que j'appelle courans électriques , il suffit d'en tirer les conséquences qui en découlent le plus îmriiédialemcht pour voir que les deux branches d'un aimant en fer à cheval doivent attirer ou repousser ensemble un même conducteur voltaïque vertical, tel que h portion dû ' fir qui établit dans votre • ingénieux appareil la
jcommnnicatloti entre le cuivre et le zinc , de manière que quand il j a attraction entre les pôles de Tainiant , il y ait répulsion en dehors, avec tous les autres changemens de signes dans cette action que vous décrivez. On voit de même pourquoi le pôle qui attire quand il est plus haut que le conducteur, repousse quand il est plus bas, et généralement tous les faits que vous avez observés , sont une suite nécessaire cle cette théorie. Il faut seulement se rappeler que l'attraction a lieu quand les courans de Taimant , dans la partie
la plus voisine du conducteur , sont daijs le même sens que celui du fil conjonctif, et la répulsion quand ils sont en sens contraire, et faire attention à la direction des courans de Taimant relativement à ses pôles , telle que je l'ai déterminée en la comparant à celle du mouvement apparent du soleil relativement aux pôles de la terre , bien entendu que j'ai toujours nommé , comme on le fait aujourd'hui en France et en Angleterre , pôle austral de l'aiguille celui qui se dirige au nord. ^ ' Plus j'ai étudié le Mémoire plein de tant d'observations neuves et ingénieuses que vous avez eu la bonté.de m'envoyer , plus j'y ai trouvé de preuves de ma théorie ; les ressemblances dans certains cas , et les dissemblances complètes dans d'autres , entre l'action d'un fil conjonctif, et celle d'un barreau d'acier aimanté transversalement, en sont également des vérifications bien précieuses pour moi, les unes et les autres résultant évidemment de ce que dans le fil conjonctif le cou* rant parcourt la longueur de ce fil , et que dans un barreau aimant^ transversalement, les courans électriques forment dés circuits j(içrmés contenus dans des plans parallèles à l'axç dtt barreau, au lieu de l'être, dans des plans perpendiculaires à cet axe^comme dans les aimons, ordinaires. Toutes les circonstances que présentent le fil conjonctif, l'aimant . transversal et^Vàim^nt prdinaire,. résultent ainsi d'une açtjon toù-
jours la même entre les courans électriques soit An fil cùn^ jonctif, soit de ces deux sortes d*aiman$; et îl pie paroit que d'après les propriétés que j*ai reconnues dans les con'- ^ucîeurs voltaïques, la supposition de fluides ou de forcer magnétiques , diiFérentes des fluides ou des forces électriques , li*est plus qu'une conception purement gratuite; car enfin ^ quand un fil de laiton faisant partie d'un circuit voltaïque est attiré, repoussé ou dirigé par une autre portion de fil c^&* ducteur, il faut bien que l'état électrique de ce fil, et les forces qui résultent de la manière dont l'électricité j est dis-* posée , ou s'y meut , produisent ces phénomènes : d'où ii suit que si le même état électrique existe dans le globe ter-*" restre et dans les aimans, suivant les directions indiquées dans mon Mémoire , les forces qui en émaneront produiront nécessairement tous les effets qu'on observe , soit dans l'action de la terre sur un conducteur voltaïque ou un aimant, soit dans r^ction mutuelle d'un conducteur et d'Un aimant, ou de deux aimans ; quelle raison pourroit-il donc rester de supposer d'autres fluides d'autres forces , dont rien ne prouve Texistence ? Je suis , etc. A. Amfàke.
EXTAAIT d'une lettre DE SlH H. DaVY A Mr. AsipiES^
.Grospenor Street. 20 F^A'. .1831* Mr.
J s vous remercie des deux exemplaires de votre ouvrage sur les phénomènes électro-magnétiques que vous avez eu la lonté de m'envoyer. Vos vues sont toujours neuves et îngé^ «lieuses , et les physiciens de tous les pays les méditeront avec l'attention qu'elles méritent.
Avant que feusae connoissance que vous poonuiviez les expé*
riences d'Oersted j*avois Eaît quelques recherches sur le même sujet, et je communiquai à la Société royale un Mémoire qui en contenoit le détail. Ce travail a été publié , mais il a perdu le mérite de la nouveauté, car la plupart d^ mes observa-
tions ont été faites par d'autres physiciens.
Quelques-uns des faits que j*ai obserws m'ont conduit k douter de.rîdenlité de l'électricité et du magnétisme; et mes doutes sont plutôt augmentés que détruits par quelques nou^ vellés expériences , telles que celles qui démontrent le pouvoir qu'ont de très-maUvais conducteurs électriques , de devenir des aimants, et TindiiTérence absolue des courans électriques très-forts qui passent à travers l'air, soit les Uns pour les autres, soit pour les aimants.
J'aurai un grai^d plaisir à recevoir de vous des éclaîrcissemens ultérieure sur ce sujet important et obscur, etc
ExxmuT b'uite lettre de Mr. ÂMPiiiE au Paof. De La Rive.
Parts > 1 5 Mai 1 82 r •
• • J 'en viens à un autre article relatif à la
lettre que /j'ai reçue de l'illustre H. Davy ; afin que vous puissiez mieux juger , Monsieur , de ce dont il est question, je joins ici une copie de cette dernière ; vous y verrez qu'il n'y a pas des détails sufiisans sur les deux points qui lui paroissent présenter quelques difficultés relativement à ma théorie, mais, autant que j'ai pu en juger, ils se réduisent i ce que i.® «des corps très-mauvais conducteurs de l'éleo- » tricité peuvent acquérir les propriétés des fils métallique»