‹ Recueil d'observations géodésiques, astronomiques et physiques, exécutées par ordre du Bureau des longitudes de France, en Espagne, en France, en Angleterre et en Écosse pour déterminer la variation de la pesanteur et des degrés terrestres sur le prolongement du Méridien de Paris, faisant suite au troisième volume de laChapitre 115 sur 237 · OBSERVATIONS DE PA SSAGES DES ÉTOILES ET DU SOLEIL · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE PA SSAGES DES ÉTOILES ET DU SOLEIL

Faites avec la lunette méridienne , pour déterminer la marche de la

pendule , le temps absolu , et l’azimut h du dernier côté de lu chaîne

des triangles.

Les observations que nous allons rapporter ont etc faites avec une excellente lunette méridienne de Lenoir que nous avions apportée de Paris. Elle avait quatre pieds de longueur. Nous l'avons étaîdie avec beaucoup de soin et d’exactitude sur deux gros piliers de pierre qui étaient eux-mêmes posés et encaissés dans le roc sur lequel était placée notre cabane de Fonuentera. On concevra tout ce que cette construction nous a donne de peine, quand on saura que dans toute Elle d’Yviza , il n’existe pas un seul chariot de transport, ni une seule machine avec laquelle on puisse charger des fardeaux. Il fallut donc transporter les blocs de pierre à bras d'hommes, depuis la roche d’où nous les avions fait extraire, jusqu’au sommet de La Alola, où notre station était située; et ce n’était pas une entreprise facile avec des hommes mous et effrayés du moindre travail, tels que sont les naturels de celte petite lie.

Nos piliers furent établis dans les premiers mois de 180G; mais cette année fut consacrée à la mesure des triangles , et nous n’entreprlmes les observations de passages qu’en 1807. Nous commençâmes par amener l’axe de rotation de notre lunette à une horizontalité parfaite, au moyen d’un niveau à bulle d’air trèssensible. Ensuite nous réglâmes avec un soin extrême l’axe optique du micromètre, et nous rendîmes les fils bien verticaux; cela étant fait, notre lunette, d’après les dispositions que nous avions prises, se trouva dirigée à très-peu de chose près dans le méridien, et il ne nous importait nullement de nous approcher davantage de ce plan, puisque l’on peut calculer aisément la déviation d’après les passages observés des étoiles, au moyen de la méthode qui a été donnée par M. Delambre. Nous nous attachâmes donc à fixer bien précisément l’azimulh dans lequel nttlre lunette était dirigée, afin de nous assurer quelle ne s’en écartait pas. Pour cela, nous cherchâmes dans Elle d’Yviza, placée à cinq lieues de distance, des objets fixes et reconnaissables qui se trouvassent exactement sous

Obvcnation*

ik P«u.^cs.

Obtcrrations

dcPasnges.

184 PROLONGATION DE LA MÉRIDIENNE

quelques-uns de nos fils , et quand nous les eûmes trouvés , ces objets nous servirent de point de mire pour reconnaître la direction de notre instrument , qui au reste ne varia jamais de quantités considérables, chose à laquelle nous pouvions nous attendre d'après la solidité avec laquelle il était établi. Nous regardâmes avec raison ces précautions comme suffisantes, tant que nous n’eûmes besoin de la lunette méridienne que pour régler les opérations à faire avec le cercle répétiteur, et trouver le temps absolu de passage de la polaire au méridien. Mais , quand nous en vînmes à vouloir déterminer l'azimulh du dernier côté de la chaîne de nos triangles, nous pensâmes qu’il fallait chercher une nouvelle précisiou. En conséquence nous fîmes placer dans l’ilc d’Yviza un de nos réverbères, à très-peu près dans la direction de notre lunette méridienne. Quand celte direction fut trouvée, le réverbère fut attaché d’une manière invariable à un gros pilier de bois enfoncé en terre. Un matelot, établi dans une tente auprès de ce signal , veillait constamment à sa conservation , et l’allumait toutes les nuits. Sans altérer l'horizontalité de notre lunette , nous amenâmes le fil du milieu du micromètre sur cette lumière qui paraissait comme une étoile de première grandeur , et nous nous mimes à observer des passages dans ce nouvel azimulh. Il faut avoir soi-même fait des observations de ce genre , pour apprécier l’exactitude qu’elles comportent ; on en verra des preuves dans nos observations mêmes , lorsque nous rendrons compte des soins que nous avons pris pour les vérifier. Nous avions regardé la lunette méridienne comme le moyen le plus simple, le plus sûr et le plus direct, pour déterminer des azimulhs dans un lieu où l’on peut établir un Observatoire fixe , et l’épreuve de cette méthode, n'a pas trompé nos espérances. Nous allons maintenant transcrire nos observations dans l’ordre où elles ont été faites , et telles qu’elles se trouvent rapportées sur nos registres. On y verra jusqu’à nos essais; on y verra, par exemple, qu’après avoir observé durant quelque temps avec un compteur, nous avons renoncé à cette méthode qui nous a paru toujours susceptible de quelque inexactitude, le compteur et la pendule n’étant jamais pendant long-temps parfaitement 8'accord ; mais les petites erreurs qui ont pu en résulter, et que nous avons indiquées, ne peuvent être d’aucuue importance sur les observations des distances méridiennes , et

elles

OBSERVATIONS GÉODÉSÏQUES. >*"> _______

elles n’ont pas eu lieu dans les observations d'azirauth , parce qu'alors OI,>,irn[; nl ou a observe les passages des astres d’après les battetnens du la ^ Passage*, pendule j sans intermédiaire et directement.

Nous avions deux horloges: Tune sexagésimale, qui servait pour les observations des astres, l’autre, décimale, qui était destinée, et qui a élu en effet employée à la mesure de la longueur du pendule simple. Il fallait donc que la marche de cette dernière fût aussi bien connue que celle de l’autre, aussi les avons-nous très-souvent comparées, et ce n’est qu'après avoir suivi pendant trois mois leur marche et nous être assurés de sa régularité, que nous avons commencé nos expériences sur la longueur du pendule simple. Ces deux horloges étaient placées aux deux extrémités de la cahane qui nous servait d’Observatoire ; clics étaient solidement attachées h des colonnes de grosses pierres incrustées dans la muraille , et celte muraille elle-même, faite seulement de terre délayée dans l’eau, formait un eorps trop mou pour transmettre et communiquer aisément les vibrations ; la comparaison des deux horloges se faisait au moyen d’un chronomètre que l’on comparait d’abord à l’une, puis à l’autre et à chaque fois par trois ou quatre observations.

Ce chronomètre nous servait encore pour comparer chacune de nos pendules à elle-même, lorsque nous étions obligés de la remonter. L'habitude nous a fait voir que ces comparaisons peuvent se faire avec une extrême exactitude, et nous croyons que la marche de nos horloges ne laissera rien à desirer. Nous sommes entrés dans tous ces détails, afiu que l'on pût connaître toutes les précautions que nous avons prises, pour rendre nos résultats exacts, et toute la véracité que nous avons mise à les rapporter fidèlement.

4 Décembre 1807.

Premier jour des observations. La lunette méridienne dirigée sur la mire qui est près de l’Observatoire; on n’a pas encore allumé les réverbères d'Y viza ; le niveau est réglé et l’axe optique vérifié.

Dîffîrences. Moyennes.

y de Pégase 1" fil. 8* g' 5t*3

a io.iS.5

4 nuages. .

Observation* de limage*.

Différence*.

Aldebaran 1" RI.

Moyennes.

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