‹ Recueil d'observations géodésiques, astronomiques et physiques, exécutées par ordre du Bureau des longitudes de France, en Espagne, en France, en Angleterre et en Écosse pour déterminer la variation de la pesanteur et des degrés terrestres sur le prolongement du Méridien de Paris, faisant suite au troisième volume de laChapitre 75 sur 237 · l,ai75... 46,768l · texte numérisé non relu

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Biot. Le 4 décembre 1808; depuis 6* du soir jusqu'à 11; tems parfaitement calme ; les réverbères de Moogô très-brillans et faciles à observer; ceux de Campvey plus faibles, mais donnant aussi une lumière vive et scintillante qui les fait ressemblera un point brillant. Vers la fin de la série il s’est élevé sur la mer, des vapeurs qui ne permettaient de voir Caoipvey que par intervalles; c'est pourquoi on a lu plusieurs fois les quatre Vernie» , ce que l’on n’aurait pas fait aussi Fréquemment sans cette circonstance» puisqu'il eût mieux valu multiplier les observations. Vers minuit on a cessé de voir les réverbères de Campvey assez constamment pour pouvoir observer. Ceux de Mongô ont été visibles jusqu'au jour; la lumière d’Yvice s’est trouvée précisément au point que l'on avait reconnu pour le sommet de Campvey; et c'est ainsi qu'elle s'est montrée le soir dans la lunette que 1*od avait dirigée sur ce sommet. Barom. = o"%7oa7. Ther. Barom. = -f* i3*,5. Therm. air-f- il*.

Même Angle.

a... 93,535o 4^»7^75-ooo = 4a° 5'a6*7ûo.

Arago. Le 9 décembre 1806; les réverbères d’Iviza ont complètement disparu *après ces deux obiervationj.

td6

PROLONGATION DE LA MÉRIDIENNE

Dcsirrto de La* Pulmi*.

Même Angle.

Nombre

d’Obeeir.

Aofl. nolt. Anjfc»

28 o' 80^0 1' • ' - a8o,eo85o°-- • 46,768o.833 — 4a* 5'a8"59o.

Aràgo. Le 22 décembre 1806. Ce» observation» ont été extrêmement pénible» à cause de la grande faiblesse de» réverbère» d'Iviza, qui même diiparaiasaient de terne en tem» ; aussi la mesure de chaque angle double a-t-elle exigé près d'une heure. Après la 6* observation , les réverbères d'Iviza ont disparu complètement ; on ne les a plus revu» de toute 1a nuit; vent N. fort par intervalles. Tberm. — -f- ta”, O. Barom. = o“, 7092. Tberm. Barom. =+ ia“,o.

Même Angle.

Arago et Biot. Le jeudi a5 décembre 1806 ; depuis 6* du soir jusqu’à 11. Teint parfaitement calme depuis plusieurs jours. Mong6 très-brillant au commencement de la série , plus faible à la fin , mais toujours très-facile à observer. Campvey très-brillant par intervalles, dans d’autres plus faible, et souvent à peine visible; ce qui a prolongé les observations , parce que l’on a toujours attendu jusqu'à ce que l'on fût certain de l'avoir bien placé sous le El. Après la dixième observation il a tout-à-fait disparu et n*a plus été visible de toute la suit. Barom. 0*^71 19. Th erra. Barom. = -f- i3°. Tberm. air = -f- i3*.

Cette série a présenté un phénomène particulier de réfractions extraordinaires. Le soir, au coucher du soleil , on avait entrevu les montagnes d’Yviza. On avait profité de cette circonstance pour diriger d'avance la lunette inférieure sur le sommet de Campvey et la supérieure sur Moogô, ce que l'on faisait ordinairement tous les soirs , soit d'après la vue des montagnes , soit d’après Ica observations précédentes de l'angle compris entre les deux stations. Aussitôt que le soleil Jut couché, la lumière de Campvey parut dans la lunette inférieure : on tenta de l’observer dans le crépuscule ; mais la dilférence de vue des deux observateurs

JigTtized

OBSERVATIONS GKODÉSIQUES. " 107

oblige* d'éclairer les fil» , J'un d’eux ayant besoin de plus de lumière que l'autre pour les observer. La lumière de Campvey était alors unique , bien distincte | „ p?^.° is et à sa hauteur ordinaire sur l'horizon. Nous la vîmes également bien tous deux et nous fîmes ainsi les premières observations. Mais à la quatrième ou à la sixième, nous ne nous rappelons pas exactement si c'est l'une ou l'autre , l'un de nous commença de voir à Campvey deux lumières, exactement dans la même verticale et éloignées l'une de l'autre d'une quantité que , sur le Cl , on estima au moins de trois minutes. La vraie lumière, celle du moins que l'on jugea telle, était à sa place ordinaire ; l'autre , que nous supposâmes être uns seconde image , était plus élevée dans le ciel (en réalité ce qui la mettait plus bas dans la lunette) } elle était aussi plut grosse, plus dilatée , plus irisée. Celui qui tenait alors la lunette dirigée sur Yviza, prit ce point lumineux pour une étoile, fort surpris d'en rencontrer une aussi exactement placée sur la verticale des réverbères de Campvey ; mais 1* prétendue étoile ne disparaissant point , il fut avéré que cette seconde image était un effet de réfraction extraordinaire. Comme d’après les hauteurs inégales de Campvey et de Mongô sur l'horizon, le plan du limbe n'était pas tout-à-fait horizontal , les deux lumières de Campvey n'étaient pas non plus exactement sous le CI perpendiculaire au plan du limbe , et ce fut leur écart même qui nous conCrma leur exacte verticalité. La différence de nos vues ne nous permettant pas de voir distinctement avec les mêmes positions de l'oculaire , le phénomène ne fut d'abord vu que par celui de nous deux dont la lunette était alors dirigée sur Yviza; mais lorsqu’en continuant la série l'autre observateur dut amèner sa lunette sur ce même point, non-seulement il aperçut deux lumières, mais il en vit trois et quatre les unes au-dessous des autres. Le même phénomène se reproduisit également ensuite pour le premier observateur ; de sorte qu’il fut ainsi constaté par tous les deux dans tous ses détails. Quelquefois on apercevait plus de quatre lumières , quelquefois on n'en voyait qu'une seule ; et nous présumions alors que c'était l'image ordinaire. Les autres , toujours plus élevées dans le ciel, se formaient ensuite successivement , et les plus voisines de l'image ordinaire paraissaient plutôt. Nous en vîmes ainsi une se former et disparaître à plusieurs reprises à plus de cinq minutes de distance verticale de l'image ordinaire. A mesure que les images se multipliaient, la lumière ordinaire en devenait plus brillante , et il était plus facile de l'observer. Souvent même les images extraordinaires , ou du moins celles que nous jugeâmes telles d’après les apparences, étaient plus larges et plus belles que la véritable. Ce phénomène remarquable dura tant que l'on aperçut la lumière de Campvey , et disparut avec elle dans les vapeurs.

Le lendemain matin, 1a mer était au loin couverte de masses de brouillard, noires, arrondies, moutonnées, et agglomérées de manière à représenter exactement des montagnes. En dirigeant nos lunettes sur Yviza, on n’apercevait point cette île , mais seulement des masses de brouillard qui en imitaient vaguement la forme.

Nota. Tous les détails que nous venons de rapporter sont fidèlement extraits du registre tenu au Desierto même, et dans lequel ce phénomène fut consigné

•>08 PROLONGATION DE LA MÉRIDIENNE

^ " !e lendemain du jour où on l'aperçut. Nous n 'avons rien voulu y mêler d'étranger ;

La» l'alu,.,. mais pour confirmer cet premières observations nous ajouterons, que plusieurs foie nous avons eu depuis l’occasion de revoir des phénomènes analogues dans la suite de nos opérations. On en trouvera la description aux stations où ils ont été observés. Nous avons toujours remarqué qu'ils se produisaient comme celui que nous venons de décrire, par des tems très-calmes, et lorsque la mer était au loin couverte de masses de brouillards arrondies et moutonnées , qui sont elles-mêmes l'indice do calme le plus parfait. Ces phénomènes , et beaucoup d'autres analogues , ont été discutés dans un ouvrage que l'un de nous a publié sur les réfractions extraordinaires , dans les Mémoires de l’Institut pour l’année 1803 (*). Nous nous bornerons ici A faire remarquer que la température de l’air étant de -f- i3* à la hauteur de notre station , il est extrêmement probable que la température de la surface de la mer était plus froide que celle des couches d'air qui se trouvaient au-dessus et à quelque distance de sa surface , circonstance favorable à la multiplicité des images, comme on peut le voir dans la page i35 de l’ouvrage que nous venons de citer.

j Résume det obttrvalions de l'angle entre JUongb et Campvty.

Le 4 décembre 1806 , ao observations.

Le g idem a

Le aa idem ; . . . G

Le a5 idem 10

Moyenne Arithmétique entre les 38 observations . =

Réduction i Horizon =

Pour l’excentricité de la lunette =

4a*5' a8'8aS 4a°5'aS*7«I 4a°5'a8'5qo 4a“5'37'gi5

+ 8'iGo

-f- o'oo5

Angle horizontal.

4a°5'36'Sa3.

Entre lee réverbèrtt de Mont-Sia et ceux <t Espadon.

ïï:5r* 344,fi"75-- ,7a'3499

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