A MADEMOISELLE JEANNE TORDEUS
« Ma statue est finie ! » — Et, rame satisfaite, Le sculpteur regardait et la trouvait parfaite! « Oui, plus je la contemple et plus j'en suis content ! » Il y manque... il y manque une chose pourtant... » Car c'est du marbre mort !... Il y manque... la vie! »
J'écoutais en silence et l'oreille ravie,
Et, retenant mon souffle, ému, l'esprit tendu
A vos lèvres, j'étais tout entier suspendu.
Je me disais : « Que sont ces lignes si parfaites
» Des maîtres écrivains, prosateurs ou poètes ?...
» — La page sans défaut du grand littérateur
» C'est comme la statue en marbre du sculpteur !
» Et que ce soit Hugo, que ce soit Praxitèle,
» L'artiste en est divin, et l'œuvre est immortelle !
» Tout est bien, tout est beau : la pensée, et les traits, » Et la forme et le fond y joignent leurs attraits !
» Mais c'est un marbre mort !...
Vous lui donnez la vie !! »
J'écoutais en silence et Toreille ravie!...
L'auditeur charmé et reconnaissant.
Bruxelles, le nj février 1874, à i«» heures du soir