SONNET
Or, je dois vous conter cette étrange aventure. Nous errions, Elle et moi, dans les sentiers ombreux, La nuit, comme perdus dans l'immense Nature; Et la lune épanchait ses rayons ténébreux...
Nous errions, enlaçant nos deux bras amoureux... Les arbres frissonnaient; et leur déchiqueture, Se profilant au ciel, sur le fond vaporeux, Dessinait d'un géant l'effrayante stature...
Elle et moi, nous errions L'épouvante la prend
Soudain, à cet aspect, et, sur moi se serrant, Elle appuie à mon sein sa tête qui captive.
Et pose sous ma lèvre un doux front que j'aimais... Et dès lors je bénis la Nature, à jamais.
Qui fit la nuit terrible et la femme craintive !
Août 1874.