DIEU
Discours de Dieu en personni:,
EN RÉPONSE A CELUI DE M. TlliERGIlIEN
Venez, mes chers enfants ! — Avant toute autre chose
écoutez bien : moi je n'cxivStc point!!
La calomnie, hélas! sans que je le sache, ose
me démentir carrément sur ce point!
N'en croyez mot!... Car, sur mon dos, ce qu'on entasse
d'ineptie, est si pesant à porter, que lorsque mon malheur voudrait que j'existasse,
j'aimerais mieux ne pas même exister!
Chacun selon ses goûts, suivant sa fantaisie,
me donne un nom, des vertus, dés défauts; ce qui pour l'un est foi, pour l'autre est hérésie,
ce qui pour l'un est vrai, pour l'autre est faux ! C'est — quoiqu'en dise l'un ou l'autre savantasse —
si bête, tout ce qu'on vient vous chanter, que lorsque mon mallieur voudrait que j'existasse,
j'aimerais mieux ne pas même exister!
Figurez-vous, mes chers enfants, qu'ils vous radotent
d'absurdités un tel flux et reflux, qu'ils n*ont jamais, à tous ces noms dont ils me dotent,
eux-mêmes rien compris,., ni moi non plus!!
Ils sont si creux» ces mots qu'à la langue ou de Stace
ou d'Aristote, ils s'en vont emprunter, que lorsque mon malheur voudrait que j'existasse,
j'aimerais mieux ne pas même exister!
J'aurais — loin d'établir l'équité sur la terre —
fait le moins bien^ pouvant faire le miêtix\ et qu'on vous dise alors : « le mal est salutaire! i>,
mon rôle n'en est pas moins odieux!!
Je ne veux plus que, grâce à moi. Ton rapetasse
un bâtiment vieux, qui ne peut rester,., et lorsque mon malheur voudrait que j'existasse,
j'aimerais mieux ne pas même exister!
On abuse de moi : je veux me mettre en grève!
Le pauvre a faim, on répond : « Dieu le veut! »> « Espoir en Dieu! » dit-on à l'ouvrier qui crève
de misère,,. Or, j'oppose un désaveu immense, à qui voudrait qu'ainsi je me prétasse
aux cent forfaits que Ton veut me prêter» *.
Non!! lorsque mon malheur voudrait que j'existasse,
j'aimerais mieux ne pas même exister !
Université libre cl^ Uruxdlee, février iKyS.
L'hymen des fleurs se prépare Sur Tarbre en fête, qui pare D'un diadème son front ; Peupliers, ormes et frênes Mûriront bientôt leurs graines...
Et les feuilles tomberont !
Juchés sur les branches souples Les oiseaux perchent par couples, Sous les grands dômes feuillus; Quand les petits de Tannée Auront leur tour d'hyménée...
Les parents n'y seront plus!
Nature, âpre Créatrice, Il faut donc que tout fleurisse...
Puis tu dis à chacun : « Meurs! »
Tu veux que les êtres s'aiment.
Et dès que leurs fruits se sèment.
Tu viens faucher les semeurs !
Entre Vivier d'Oye et Bruxelles, le iijmai iSyS.