‹ Recueil d'œuvres de Léo Errera (volume 2)Chapitre 58 sur 66 · A WILHELM JORDAN · texte numérisé non relu

A WILHELM JORDAN

Pour i,e jour de ses 8o ans

Gloire à vous! L'unanime écho qui vous acclame, L'éclat avec lequel votre nom est fêté, Ne sont point les reflets d'une dernière flamme : Non ! ils sont faits d'aurore et d'immortalité !

Le 7 février 1899.

POUR L\\LBUM Dl^: MA PETITE IDA

A ton âge charmant la route de la vie Paraît noyée encor dans un brouillard lointain; La pente semble douce avant qu'on Tait gravie; Tout rhorizon s'éclaire en rose, le matin.

A cet âge charmant où le regard commence A deviner le monde au delà des jouets, A Tàge heureux du rire et de Tinsouciance, Je veux, pour Tavenir, t'adresser trois souhaits.

N'est-ce pas que tu sens combien c'est chose triste Que de petits bébés tremblent, bleuis de froid; Que des hommes aient faim et que la guerre existe; Que si souvent la force opprime encor le droit?

Et ne rêves-tu pas, confusément, d'une ère De mutuel secours, de travail et de paix.

Où la méchanceté, la haine et la misère Seront des cauchemars effacés à jamais?

De ce que tu crois beau, de ce que tu sens juste. De tout ce qu'entrevit le vieux prophète hébreu. De ce rêve dore, de cet espoir auguste. Forme ton Idéal : tel est mon premier vœu.

Et le second, vois-tu, c'est de vouloir sans cesse, Avec un entrain jeune et sincère et loyal.

Réaliser un peu la lointaine promesse Et marcher, sans faiblir, vers ce noble Idéal.

Car, dès qu'on a connu quelle est la droite route. Il faut, il faut la suivre et ne point s'émouvoir, Quelque abnégation, quelque effort qu'il en coûte... Voilà ce que résume un seul mot : le Devoir.

Après ces deux souhaits, quel sera le troisième? Écoute, le voici : pour gravir le chemin.

Trouver un compagnon qu'on aime et qui vous aime. Et les yeux dans les yeux, et la main dans la main.

Marcher à son côté, radieuse, sereine, Fière d'avoir son nom, sûre d'avoir son cœur... C'est mon souhait : qu'un jour la flamme souveraine D'un pur rayon d'Amour échauffe ton bonheur...

Ainsi donc, dans ton nom, chaque lettre rappelle Un des vœux que pour toi je formule en ce jour. C'est une belle vie, ô ma fille, que celle Qu'éclairent l'Idéal, le Devoir et l'Amour.

Ce I" janvier 1901.

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