‹ Recueil d'œuvres de Léo Errera (volume 2)Chapitre 8 sur 66 · A LA LECTURE DE CES VERS · texte numérisé non relu

A LA LECTURE DE CES VERS

c( La liberté est une femme qui

» Se plaît

)» A l'odeur de la poudre, aux lointaines volées

Des cloches et des canons sourds; » Oui ne prend ses amours que dans la populace » et qui veut qu'on l'embrasse

Avec les bras rouges de sang ! »

flambes : Lj Curée. ^

La Liberté, poète, aime la mort, dis-tu !

Il lui faut du canon, des balles, du carnage. Elle veut dépecer l'adversaire abattu,

Et c'est dans le sang qu'elle nage !

La Liberté pour moi n'est point libre à demi : Non, non, ma Liberté, poète, est différente ! Elle est plus généreuse, elle est plus tolérante, Plus large envers son ennemi !

Elle aime mieux la Paix que la poudre et la cendre ; A côté du Progrès elle marche à grands pas, Elle avance toujours... elle sait se défendre Et vaincre!... elle n'attaque pas :

Le despotisme seul est ami de la guerre ! — Deux sœurs forment encore avec la Liberté, Le grand trio divin qu'on proclamait naguère : Égalité ! Fraternité !

Avec l'Égalité pour guide, La Fraternité pour égide, Sous l'aile de la Liberté, O peuples ! désormais chantons avec fierté :

<c Allons, enfants de la patrie,

M Le jour de paix est arrivé !

» Plus de meurtre et de barbarie :

» De Mars, le règne est achevé !

» Voyez partout dans la campagne, . » Le calme et la prospérité ;

M C'est le fruit de la Liberté

» Que partout l'aisance accompagne !

w A l'œuvre, citoyens, formez les bataillons; » Marchons, que le travail féconde nos sillons!! »

En chemin de fer entre Bruxelles et Honn, août 1873.

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