A LA LECTURE DE CES VERS
c( La liberté est une femme qui
» Se plaît
)» A l'odeur de la poudre, aux lointaines volées
Des cloches et des canons sourds; » Oui ne prend ses amours que dans la populace » et qui veut qu'on l'embrasse
Avec les bras rouges de sang ! »
flambes : Lj Curée. ^
La Liberté, poète, aime la mort, dis-tu !
Il lui faut du canon, des balles, du carnage. Elle veut dépecer l'adversaire abattu,
Et c'est dans le sang qu'elle nage !
La Liberté pour moi n'est point libre à demi : Non, non, ma Liberté, poète, est différente ! Elle est plus généreuse, elle est plus tolérante, Plus large envers son ennemi !
Elle aime mieux la Paix que la poudre et la cendre ; A côté du Progrès elle marche à grands pas, Elle avance toujours... elle sait se défendre Et vaincre!... elle n'attaque pas :
Le despotisme seul est ami de la guerre ! — Deux sœurs forment encore avec la Liberté, Le grand trio divin qu'on proclamait naguère : Égalité ! Fraternité !
Avec l'Égalité pour guide, La Fraternité pour égide, Sous l'aile de la Liberté, O peuples ! désormais chantons avec fierté :
<c Allons, enfants de la patrie,
M Le jour de paix est arrivé !
» Plus de meurtre et de barbarie :
» De Mars, le règne est achevé !
» Voyez partout dans la campagne, . » Le calme et la prospérité ;
M C'est le fruit de la Liberté
» Que partout l'aisance accompagne !
w A l'œuvre, citoyens, formez les bataillons; » Marchons, que le travail féconde nos sillons!! »
En chemin de fer entre Bruxelles et Honn, août 1873.