CHER LUCIEN
Du pays où l’Oranger fleurit, Où croissent l’Olivier, le Cactus et l’Agave, Où les fleurs ont toujours leur parfum si suave,
Où le soleil toujours splendide et pur, sourit;
Où sous le ciel d’azur, la Méditerranée Bleuissante, déferle en flots clairs et bruyants, — Dentelle blanche au bord des rochers verdoyants —
Où le printemps remplit douze mois de l’année;
* Actuellement professeur à l'École Polytechnique de l'Université libre de Bruxelles.
Où les trois éléments de toutes les splendeurs Se trouvent réumis : Je ciel Ma meret TAIpE Où le Midi se sent, où le beau temps se palpe,
Où le ciel n’est point prude et les soleils boudeurs;
Où sur les monts fleuris et doucement déclives, Comme sur les rochers abrupts en dur granit, La figue s’'empourpre, et la caroube brunit;
Où blondit la datte, où noircissent les olives.
Eh bien! de ce pays charmant, mon cher Lucien, Que traversant les airs jusques à ma patrie, Ma voix parvienne à toi retentissante, et crie :
Vivat, vivat, vivat le polytechnicien!
Nice, le 2 janvier 1873.