PLANCHE XI. — FIGURES 3-4. HÉLIOTROPISME NÉGATIF
se fait l’adhérence au support (figure 4). La germination peut s'effectuer sur un substrat inerte, du verre par exemple, ou sur les branches d’un grand nombre d'arbres, notamment le Pommier (Pirus Malus), le Peuplier de Virginie (Populus momlfera), l'Aubépine
(Crataegus oxyacantha) ; et parfois sur le Gui lui-même. Mais cette germination n’est jamais immédiate : elle n’a pas lieu avant le mois de mars de l’année qui suit la maturité de la baie. Cette période de repos que les graines de Viscum album doivent traverser s’expliquerait, d'après WIEsNER, par les transformations lentes que les réserves subissent après la maturité, par l’intervention de la lumière et surtout par la présence, dans le mucilage environnant, d’une matière qui retarde la germination.
Même après la période de repos, les graines ne germent qu’à une lumière assez intense. Elles renferment généralement un ou deux embryons (figures 3 et 4), rarement trois. Les cotylédons restent enfermés dans la graine d’où sort l’axe hypocotylé terminé par un épatement, que l’on prend quelquefois à tort pour une radicule. C’est cet axe hypocotylé qui présente à un haut degré l’héliotropisme négatif. Si l’on applique des graines sur la face extérieure et sur la face intérieure de la vitre d’une fenêtre, on constate donc que dans le premier cas l’axe hypocotylé se recourbe contre le verre (figure 4), tandis que dans le second, il s'écarte de cette surface (figure 3). À cet héliotropisme négatif s'ajoute plus tard un géotropisme faible. Ces deux propriétés ont pour effet de diriger et d'appliquer l’épatement terminal de l’hypocotyle du Gui contre l’écorce de l’arbre sur lequel il germe; le géotropisme négatif intervient surtout pour les graines fixées par hasard à la face inférieure des branches et, par conséquent, peu exposées à la lumière.