Recueil d'oeuvres
Ces volumes du recueil que nous publions avec un soin religieux, afin que les pensées de Léo Errera et ses travaux d'ordre général ne périssent point avec lui, n'intéressent pas les botanistes seulement. On peut même dire qu'ils ne s'adressent pas plus à eux qu'à d'autres lecteurs. Les œuvres spéciales de botanique qui nécessitent des études approfondies, paraissent dans le Recueil de l'Iustitiit botanique. C'est là, du reste, que leur auteur voulait les voir imprimer ou réimprimer.
Dans le premier volume, nous avons repris une série de publications et nous les avons disposées dans un ordre strictement chronologique. Nous n'avons dérogé à cette règle que pour le travail posthume : u Sur les caractères hétérostyliques secondaires des Primevères )), que nous avons placé à la suite de la longue étude, parue il y a vingt-neuf ans : « Sur la Structure et les Modes de Fécondation des Fleurs ». M^i^ Joséphine Wery a bien voulu compléter le manuscrit; elle était toute désignée pour ce travail, ayant collaboré aux recherches de Léo Errera,
11 ne nous a jnis été possil)lc de réimprimer tous ses travaux exactement ct)mme il l'eût tait lui-même. Les progrès de la science obligeaient l'auteur, en vue d'éditions nouvelles, à garder de ses œuvres des exemplaires qu'il mettait soigneusement au courant, en les criblant de notes et d'additions. Nous en avons tenu compte autant que nous avons pu. Malheureusement, quelques-unes sont à ce point concises, qu'on ne peut pas les utiliser; en les publiant à contresens, nous trahirions la pensée de Léo Erreka; on approuvera sans doute notre abstention. Ainsi, l'auteur lui-même avait presque doublé le travail « Sur la Structure et les ]^Iodes de Fécondation des Fleurs » ; nous n'avons pu utiliser qu'une partie des additions. Par contre, dans « L'efficacité des Structures défensives des Plantes », nous avons pu reprendre la plupart des notes manuscrites.
L'intérêt descriptif nous a poussés à réimprimer l'opuscule sur la Norvège, bien que certains détails aient vieilli. Il semble, en effet, que les recherches de ScHUBELER soient viciées par des erreurs d'expérimentation et que le climat du Nord n'intervienne pas directement dans la transformation des races de Céréales.
Enfin, les (luekjues pages sur la u ^Méthode des Bactéries » sont un résumé cjue ht Léo Errera d'une de ses causeries sur un travail d'ENGELMANN. De même, les « Plantes-Boussoles » sont un exposé des expériences dues à vStahl. Ces deux petits travaux, sans être originaux, nous ont paru assez intéressants pour trouver place ici.
Nous avons peu de remarques à faire au sujet du second volume.
Léo Errera lit en i8go une série de leçons de Physiologie végétale aux Cours publics de la ville de Bruxelles. Les leçons avaient été vSténographiées, car l'auteur avait l'intention de les publier; pour la seconde seule, intitulée « Respiration des Plantes », il mena ce travail à bonne fin ; il la fit paraître la même année. Nous la reproduisons en ajoutant, entre crochets, quelques notes nouvelles de l'auteur, mises au point par M. Massart. Nous en avons cependant enlevé une page descriptive; Errera l'avait écrite bien avant de faire le cours, mais il l'avait reprise en publiant la seconde leçon. Nous l'avons fait paraître dans le volume des œuvres littéraires. Nous avons également supprimé quelques paragraphes relatifs à la phosphorescence considérée uniquement comme phénomène ph^^sique.
La « Première leçon de Physiologie », du Cours de la Ville, paraît aussi dans ce volume, mais parmi les œuvres posthumes. Il nous a été possible de l'éditer, le manuscrit .étant prêt. Les autres leçons de ce Cours, bien que sténographiées, n'ont pu être reprises : il aurait fallu trop les modifier.
Parmi d'autres réimpressions, dans le second volume paraît « Une leçon élémentaire sur le Darwinisme », avec addition de quelques notes et figures destinées par l'auteur à une troisième édition.
Outre la « Première leçon de Physiologie », nous avons pu donner deux autres œuvres posthumes ;
« Les Plantes vis-à-vis de la Nature », première conférence, la seule écrite par Léo Errera, faisant partie d'une série de causeries au «. Cercle des jeunes botanistes » en 187g; et V c( Epopée d'un ravon de Soleil », conférence faite en igo3-igo4, et rédigée par M. Crismer, d'après les notes de Léo Errera.
Les amis et les anciens élèves qui ont bien voulu se dévouer à ce travail, ont témoigné par là de leur amour pour la science et de leur respectueux souvenir pour LÉO Errera : ils ont ainsi largement contribué à la réédition de tant d'œuvres épuisées du botaniste et du penseur.