ALPHONSE, LORENZO
ALPHONSE
Lorcnzo , je te vois, réponds, ami fidèle: De Fenella sais-tu quel est le sort ?
LOnESZO.
Seigneur, je l'ignore ; et mon zèle Pour découvrir sa trace a fait un vain effort.
ALPHONSE
De mes coupables feux ô suite trop cruelle ! Hélas! son malheur est certain.
LOP.ENZO.
Quand Naples retentit du l)ruit de votre hymen. Quand la jeune et charmante Elvire Consent à vous donner sa main , Quel intérêt en ce jour vous inspire
La Hlle d'un pêcheur et son obscur destin ?
ALPHONSE
Quel intérêt ?... le remords qui m'accable. J'ai su m'en faire aimer en lui cachant mon nom ; Et je suis d'autant plus coupable
Que son destin étrange et misérable Rend plus facile encor ma lâche trahison.
LORENZO
Qu'entends-je?
ALPHONSE
La parole à ses lèvres ravie Par un horrible événement, La livrait sans défense à l'infidèle amant Doflt l'ab.Tndon empoisonna sa vie.
Aimable fille, alors je t'ai chérie.
Dans ces entretiens pleins d'attraits Oîi nos cœurs semblaient se confondre, Muette, hélas ! tu m'entendais :
Tes yeux seuls pouvaient me répondre.
LORENZO
De cet indigne amour vous avez triomphé ?
ALPHONSE
Ce n'est pas ma raison qui l'a seule étouffé : J'oubliai ma victime en adorant Elvire ; Elle prit sur mes sens un souverain empire. Mais ne sois pas surpris qu'en ce jour fortuné, Où l'amour va m'unir à celle que j'adore,
Ami, la pitié parle encore
Pour celle que j'abandonnai.
Depuis un mois elle a fui ma présence , V( sa mort...
LORENZO
Ecartez un présage odieux ; Peut-être votre père a voulu , par prudence , La soustraire à vos yeux.
Vous connaissez son humeur inflexible , A ses sujets comme à son fils terrible. Vous le savez; on craint que sa rigueur De ce peuple opprimé ne lasse la douleur.
ALi'HONSE.
Mais du cortège qui s'avance J'entends déjà les accents solennels.
Cher Lorenzo , de la prudence !
Viens rejoindre mon père et nous suivre aux autels.
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