FE^ELI.A
(Elle répo.id quelle n'est point coupable; clic en allcsle le ciel.)
ELVlItE.
Qui troubla ton repos ?
FENELI.A. j
(Elle fait signe que l'amour s'empara de son coeur, et qu'il a
causé tous ses maux.) I
ELVIRE
Hélas! pauvre victime! Je te comprends : l'amour a su toucher ton cœur. |
Mais de tes maux quel est l'auteur? j
FESELLA.
( Elle fait signe qu'elle l'ijinore; mais il jurait qu'il l'aimait, il la '
pressait contre son cœur; puis montrant 1 écharpe qui l'en- i
toure , elle fait entendre qu'elle l'a reçue de lui. ) ,
ELVIRE. I
Cette écharpe, il te l'a donnée?
FESELLA. i
(Elle soupire et fait signe que oui. ) i
ELVIRE. 1
Mais dans ces lieux cnii t'a donc entraînée? I
FENELLA. I
(Elle désigne Selva : il est venu l'arrêter, malgré ses larmes j
et ses prières. Faisant le geste de tourner uneclef et de fermer j
des verroux , elle exprime qu'on la plongea dans un cachot, j
Là, elle priait, triste, pensive, plongée dans la douleur, i
quand tout-à-coup l'idée lui vint de se soustraire à l'esclavage. | Montrant la fentlre, elle fait signe qu'elle a attaché des draps , qu'elle s'est laissée glisser jusqu'à terre, qu'elle a remercié le
ciel. Mais elle a eiitendu le qui vive de li sentinelle; ou l'a j mise en joue ; elle s'est sauvée à travers le jardin , a aperçu
la princesse, et est venue se jeter a ses pieds.) '
RLVIP.E. i
Que ses gestes parlanis ont de grâce et de charmes ! } •Jeune tille, sèihe tes larmes.
Je veux te protéger auprès de mon époux; De ta douleur je serai l'interprète.
FENELLA
(Elle lui ténmigne sa reconnaissance.)
LORENZO, sortant de la chapelle.
"Voici de voire hymen la pompe qui s'apprête, Princesse, et dans le temple on n'attend plus (jue
[vous.
(La rparche commence; Elvire et tout le cortège entrent dans la chapelle. Selva place différents postes de soldats qui empêchent le peuple d'avancer. )
LE CHOEUR
O Dieu puissant! Dieu tutélaire!
Du haut des cieux Entends nos vœux!
(Le peuple se presse à l'entrée du péristyle et regarde dans l'intérieur du temple la cérémonie qui est censée commencée. Fcnella se levé sur la pointe des pieds et fait aussi ses efforts pourvoir, mais la foule l'en empêche.)
Dieu puissant! Dieu tutélaire!
Nous l'implorons à genoux.
(Tout le monde se met à genoux et Fenella aussi.) Daigne exaucer notre prière, Et bénis ces heureux époux, Dieu tutélaire!
SELVA, regardant.
O quel spectacle auguste et solennel !
Ce couple heureux s'avance vers l'autel. Dans leurs regards quelle tendresse brille!
( Elle legarde pendant que tout le inonde est à genoux, et ses gestes expriment la surprise et la douleur; elle ne peut en croire ses veux, et s'élance vers le péristyle.)
LE CHOEUR DE SOLDATS
Mais que veut cette jeune fille?
Loin du temple retirez-vous; Du vice-roi redoutez le courroux.
FESELLA.
(Elle les supplie de la laisser passer: il y v^de son repos, de son bonheur. Elle se désespère de ne pouvoir parler, de ne pouvoir expliquer ce qui l'intéresse si vivement.
ENSEMBLE
LE CHOEUR DE SOLDATS
Jeune fille, n'approchez pas!
Loin de ces lietix portez vos pas.
LE CHOEUR DU PEUI'LE, bas à Fenella.
Jeune fille, n'approchez pas!
Craignez ces lai-ouches soldats.
FESELLA.
(Elle redouble ses instances, se tord les mains de désespoir. Il faut absçlument qu'elle voie le prince : c'est elle qui est son épouse; c'est à elle qu'il a donné sa foi. Elle veut pénétrer dans le temple pour interrompre la cércnmnie.)
SELVA
Pour prix de tant d'audace Craignez qu'on ne vous chasse De ces lieux révérés, au profane interdits!
FENELLA
(F.llc les supplie encore.)
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LA MUETTE DE PORTICI
CHOBUR DE PEUPLE, regardant dans la chapelle. Ils sont unis!
FENELLA
(Elle pousse un cri, et tombe sur un siège dans le plus grand
désespoir. )
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