SEI.VA
Rebelle, éloigne-toi:
Obéis sans murmure aux ordres de ton roi. MaSAMELLO, tirant son poignard.
Crains la fureur qui me transporte !
SKLVA , faisant signe à un soldat.
Arrachez-lui ce fer dont il ose s'armer!
MASANIELLO, poifjnardant le soldat.
Levez-vous, compa;]nons! on veut nous opprimer!
Un lâche, un mercenaire Osa porter sur moi son insolente main ;
Il n'est plus , et le téméraire De la tombe aux tyrans vient d'ouvrir le chemin !
SELVA
Tremblez ! je punirai des traîtres.
MASA^'IELLO.
Va dire aux étrangers que tu nommes tes maîtres Que nous foulons aux pieds leur pouvoir inhumain.
N'insulte plus, toi qui nous braves,
A des maux trop long-temps soufferts.
Tu crois parler à des esclaves,
Et nous avons brisé nos fers.
LE CHOEUR
Non , plus d'oppresseurs, plus d'esclaves! Combattons pour briser nos fers !
(Tous les paysans, qui étaient restés assis, se lèvent en tirant leurs armes, et en un instant Selva et ses soldats sont entourés et désannés. )
LE CHOEUB.
Courons à la vengeance !
Des armes, des flambeaux!
Et que notre vaillance Mette un terme à nos maux !
(Ils agitent leurs armes et vont pour sortir.) MASAMELLO, les arrêtant.
Invoquons du Très-Haut la faveur tutélaire:
A {jeiioux , guerrieis , à genoux !
Dien nous juge : que sa colère Aux combats marche devant nous!
( Le peuple se prosterne. )
MASANIELLO et LE CHOEUR.
Saint bienheureux , dont la divine image De nos enfants protège les berceaux Toi qui nous rends la force et le courage, Toi qui soutiens le pauvre en ses travaux.
Tu nous vois tous
A tes genoux ;
Sois avec nous,
Protége-nous!
Saint bienheureux, dont la divine image De nos enfants protège les berceaux , Toi qui nous rends la force et le courage , Fais aujourd'hui pour nous des miracles nouveaux! (On entend le roulement du tambour et le bruit du tocsin.) MASAMELLO.
L'airain s'agite, et vos armes sont prêtes ; Assurons donc, par nos sanglants travaux , Ou des vainqueurs les lauriers à nos tètes, Ou des martyrs la palme à nos tombeaux !
CnOECn GÉNÉRAL.
Marchons! des armes! des flambeaux!
PIETRO
Le temple ne pourra défendre
Le sang impur de nos bourreaux ;
Par torrents il faut le répandre !
CHOEUR GÉNÉRAL
Marchons! des armes! des flambeaux!
PIETRO
Ils n'auront dans leur ville en cendre D'antre asile que leurs tombeaux.
CHOEUR GÉnÉKAl.
Marchons ! des armes ! des flambeaux !
( Ils se partagent des cU^mes; ils courent, des torches à la main; les femmes les excitent à la lueur de l'incendie. )