‹ Recueil d'opérasChapitre 1087 sur 1141 · M.VX · texte numérisé non relu

M.VX

Sans doute.

ACTK II,

AGATUE.

Est-il vrai ?

J'ai le droit, Siins être téméraire, D'espérer beaucoup pour demain !

AGATHK.

Mon bonheur était dans ta main.

Tu fus heureux, eniîn !

MAX

Certes ! mais non pas h la cible !

(Il lui montre les plumes de son chapeau.)

Vois ce que mon bra.s invincible Hors de portée en l'air frappa d'un plomb certain !

(A Agathe.)

I^îais qu'as-tii donc ?.. du san(ï !..

AGATHE

Ce portrait m'a blessre*

(Max paraît contrarié.)

Quel accueil pour ta fiancée !

MAX

Oh ! dis-moi, ce portrait...

AGATHE

Etait mal suspendu.

ANNETTE

Au=si pourquoi donc à sept heures Te mellre à ion balcon ?

A sept heures, dis-tu?

ANNETTE

tile guette toujours lorsqu'au loin tu demeures.

MAX, à part.

C'est Ihture où cet oiseau par moi fut abattu.

AGATHE

Tu parles sf ul, (u parais triste ?

Te plaindriiis tu de moi ?

MAX

Quand j'apporte joyeux Un gage de succès, il offense les yeux !.. lisl-ce en cela qu'un tendre amour consiste?

AGATHE

Ah ! ne sois pas injuste, ami... Ces gi'ands oiseaux boni il'uti fatal présage.

ANNETTE

Ils sont nobles et beaux !

AGATHE, à Max.

Pour(juoi rêver ainsi ? Sais-tu combien je t'aime?

O Max , sans toi le plus beau sort Tour mon fidèle cœur.... ne vaudrait pas la moif.

SCEAE VI. 1

MAX

II faut pourtant partir à l'instant même.

Eh quoi !

MAX

Je fus heureux tine seconde fois.

AGATHE

Vraiment,

MAX

Le plus beau des exploits.

Un vieux cerf scize-cors !

AGATHE

Se peut-il!

MAX

Pourleprendi Les paj'sans nu fond des bois Celle nuii i-ourraient bien se rendre.

Je ne veux pas manquer le prix d'un si beau couj

AGATHE. '

Où donc l'as- tu laissé?

MAX

Dans la Gorge du Loup AGATHE et ANNETTE, effvaijées.

Dans la Gorge du Loup!!... »

TRIO

AGATHE

Non! Non! de grâce!... ,

Toi d.ins ce lieu d horreur!

ANNETTE

Le Chasseur Noir souvent y passe , Et qui l'eiUend fuil de terreur !

MAX

Mon cœur est fier et plein d'audace,

AGATHE

Braver le ciel ! Malheur! Malheur!

MAX

Au fond des bois, parmi les ombres,

Je n'ai jamais connu l'effroi :

En vain les vents, les chênes sombres

Mugissent tous autour de moi.

(Il prend son chapeau, sa carn.assière et son fusil.)

AGATHE

Vois mon angoisse ! Pi'ste !

Pourciuoi parlir déjà ?

Quille un projet funeste,

<;,(!• ic m «!i:oiircsl là.

ir>

LE rKETSCUUTZ.

ENSEMBLE

ANNETTE

OnLlie un vœu funeste Quand son mulheur est là.

MAX

Non ce projet n'est pas funeste Et rien jamais ne me troubla.

HAX, regardant avec inslesse par le balcon.

La lune au loin, flambeau céle-le,

Embrase encor

Son disque d'or, Mais il aura bientôt des voiles.

AKNETTE.

Quoi , tu regardes les éioilcs !

Ma foi ! j'y songe peu ce soir, Anxeieux, dis-moi, que crois-îu voir?

ÎIAX.

L'heure m'appelle dans ce lieu , Le devoir et l'honneur m'ont imposé ce vœu,

TOUS TROIS

Adieu !

(Max sort rapidement, mais il revient sur le seuil de la

porte.)

ENSEMBLE

Page 1