AN>'A
Et mon père, qu'a-t-il répondu?
NA>CY
Je l'ignore. Il s'est fiiit un moment de silence... Alors, voulant savoir quel était celui qui prétcnilait ainsi vous enlever ma cousine, j'ai regardé par le trou de la serrure, j'ai vu un grand homme d'une figure belle, si l'on veut... mais d'un regard singulier et effrayant... Il était enveloppé d'un grand manteau noir, et sur son chapeau flottait une longue plume de vautour.... et, tenez, comme vous en avez une maintenant.
TONY
Moi!
NANCY
Enfin , craignant que l'on ne sortît de la chambre et qu'on ne me surprit à la porte, où l'on aurait bien pu m'accuser de curiosité, je suis venue toute tremblante conter ce que j'avais vu et entendu.
TONY , à Anna.
Tu le vois, tout espoir est perdu !
ANNA
Pourquoi ? cet essai a été malheureux ; mais il ne décide rien. Demain tu peux tout réparer; que ne feras-tu pas en songeant que le bonheur de tabien-aimée dépend de ton adresse ?
TONY
Le sort le veut, obéissons. Oui, demain j'aurai le prix, sois-en certaine, quoi qu'il puisse m'en coûter.
( Il s'éloigne. )
ANNA , le retenant.
Tony, pourquoi me quitter ainsi?.... Où vas-tu ?
TONY
Au carrefour de la forêt, aux ruines de Saint- Dunstan.
TRIO
ANNA
Te'méraire !
Quel dessein te conduil dans ce lieu redouté?
NANCY
Tu devrais craindre la colère Des noirs esprits dont il est infesté.
TONY
Non , rien n'alarme mon courage.
ANNA
Hélas ! mes pleurs pourront-ils l'arrêter?
TONY
Un aiîjle allier crainl-il ror.i{5e?
Ainsi que lui je prétends l'affronter.
ANNA
Ah! reste encore.
Encore un seul instant,
Ma voix t'implore
Un seul instant.
NANCY
Ah ! reste encore , etc.
TONY
Non , je ne puis rester encore.
Encore un seul instant :
lîirh.ird ni'allend!
Déjà la lune nous éclaire ; De ses bienfaits , ah! saclions profiter.
Déjà la lune nous éclaire ; Mais pour cela faut-il donc nous quitter? Juste ciel ! que va-t-il faire ?
Ce départ et ce mystère, Tout cela vient me tourmenter.
TONY
Ah ! cachons-leur bien ce mystère.
ANNA
Daigne écouter ma prière.
TONY
Non , je ne puis , il faut partir.
Ah ! ne me reliens plus; il faut, il faut partir! ( Il fait quelques pas et revient. ) Redis, redis encore Le serinent si cher à mon cœur.
Je l'aime, je l'adore, Toi seul feras mon bonheur.
Il quitte celle qu'il adore.
Ah ! quel tourment ! quelle rigueur !
En vain , hélas ! sa voix l'implore.
Maudit chasseur ! maudit chasseur!
TONY
Redis, redis encore Ces mots si chers à mon cœur :
Je l'aime, je l'adore; Et toi seul feras mon bonheur.
ANNA
Hélas! ma voix t'implore.
Tu vois le tourment de mon cœur.
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