SCÈNE VII
Les Précédents, REYNOLD, ANNA, DICK, NANCY , L INTENDANT.
(L'intendant porte des papiers; en arrivant, il va se placer à la table et écrit.)
REYNOLD
Ah! le voici enfin, ce cher Tony!
TONY , allant au-devant de Reynold.
Mon cher oncle !
REYNOLD
Pourquoi me quitter ainsi, mon libérateur , mon fils? Voudrais-tu te dérober à mes embrassements, à ma reconnaissance? tu n'y réussiras pas; elle te suivra par-tout; par-tout je proclamerai quejete dois la vie... Oui, mes amis, sans lui , sans son adresse incroyable, c'en était fait du vieux Reynold.
DICK
J'en suis encore tout tremblant, moi.
ROBIN DES BOIS
Ah! mon ami! tu as sauvé mon pure : que je voudrais pouvoir t'aimer davantage !
TON Y
C'est attacher trop d'importance à ce service. Tout autre en eut fait autant que moi.
REYSOLD.
Oui , mais tout autre n'eût pas aussi bien réussi, et je ne voudrais pas recommencer, quand même ce serait pour le vainqueur d'hier au soir... Enfin je ne crois ])as le fameux coup de mon aïeul Reynold plus étonnant !
RICHARD, bas à Tony.
Tu le vois : elles sont infaillibles.
niCK.
Par exemple, je n'ai jamais vu de fusil porter aussi loin.
RICHARD, à part.
Je lecrois bien !
TONY
Il me fait frémir!
REYNOLD
Ni moi non plus ; mais tant mieux pour lui si son arme vaut mieux que les nôtres. Maintenant je n'hésite plus à me soumettre aux ordres de Milord. Hier je crai{;nais encore de compromettre le bonheur de ma fille ; mais à présent j'accepte la dot que lui offre Milord , et m en- {jage à unir Anna au vainqueur, bien certain , monsieur l'intendant, que ce sera Tony : n'estce pas, mon garçon?
RICHARD, bas à Tony.
Voici le moment de te prononcer.
DICK
Pardine! celui qui a tué le sanglier à cinq cents pas abattra bien la colombe au bout du mât!
RICHARD , à Tony.
Oui , avec les mêmes moyens.
DlCK.
Je gagerais qu'il a fait exprès de manquer hier... c'était pour nous faire venir l'eau à la bouche.
( L'intendant se lève et remet un papier à Reynold.) REYNOLD.
Enfants , voici la liste des candidats : nous allons faire l'appel, et chacun tirera de suite... Les garde-chasses passeront les premiers , les paysans viendront après..
DICK
C'est l'usage... Allons, allons nous placer pour juger les coups. . moi, je me tiens toujours à une distance respectueuse... un coup de maladroit est bientôt fait... L'autre jour, en tirant à l'oie, ils ont manqué de me tuer. (Il fait quelques pas et revient à Tony.) Je VOUS fais d'avance mon compliment, monsieur le forestier. (Apôirt, en sortant.) Il faut me raccommoder avec lui , parceque, s'il a la place, il pourra me protéger quand j'irai le soir...