‹ Recueil d'opérasChapitre 119 sur 1141 · TSING-SING , TCHIN-KAO · texte numérisé non relu

TSING-SING , TCHIN-KAO

TSING-SING. Eh bien! maître Tchin- Kao... qu'en dites-vous?

TCHIN-KAO. Que je ne puis en revenir encore î... vous, gouverneur de cette province , qui veniez tous les ans au no de l'empereur, notre gracieux souverain .. pour toucher notre argent ou nous don ^r des coups de bâton; vous, qui me faisiez une si grande peur, eiinsi qu'à tout le monde , vous voilà mon gendre...

TSING-SING. Oui, maître Tchin-Kao , je vous ai fait cet honneur. : j'admets votre fille au nombre de mes femmes

TCHIN-KAO. Est-ce que vous en avez beaucoup ?

TSING-SING. Quatre.

TCHIN-KAO. Est-il possible î

TSING-SING. Objet de luxe! et pas autre chose. Un grand seigneur chinois y est obligé par son rang

TCHIN-KAO. Ici , au village, nous ne prenons qu'une femme ! nous ne pouvons pas en avoir davantage

TSING-SING. C'est juste! vous n'en avez pas les moyesLs!... c'est un luxe qui reliât très-cher, attendu qu'à chaque fille

N THEATRAL

qu'on épouse. . . il faut payer une dot à son père.

TCHIN-KAO. Très-bonne coutume I encouragement moral accordé aux nombreuses familles Du reste, la dot que

j'ai reçue de votre seigneurie était magnifique... Il n'y a qu'une chose qui m'embarrasse

TSING-SING. Laquelle?

TCHIN-KAO . Ce sont vos quatre femmes.

TSING-SING. Elles ne vous embarrassent pas plus que moi! La première est maussade, la seconde colère , la troisième jalouse ; mais celles-là ne diront rien , car elles ne sortent jamais de leur chambre ou de leur palanquin. Ce qu'il y a déplus dificile, c'est ma quatrième, ma chère Tao-Jin...

TCHIN-KAO. Qui est laide ?

TSING-SING. Non , elle est jeune et jolie ; mais elle réunit à elle seule les qualités de

toutes les autres sans compter un petit

mandarin très-assidu auprès d'elle ; et je ne puis la répudier, attendu qu'elle est cousine de l'empereur, au huitième degré.

TCHIN-KAO. Cousine de l'empereur!

TSING-SKVG. Il en a comme ça deux ou trois mille... C'est égal, cette parenté-là donne à ma doucereuse Tao-Jln le droit de paraître sans voile , de sortir seule et de me faire enrager toute la journée.

TCHIN-KAO. Elle votisaime donc bien!

TSING-SING. Du tout : elle ne peut pas me souffrir ; mais , fière et hautaine , elle me regarde comme son premier esclave...

Tu l'as voulu , Tsing-Sing... tu as voulu, parce que tu étais riche , épouser une princesse qui n'avait rien. Aussi , avec elle , il faut que j'obéisse , et c'est pour commander à quelqu'un que j'ai épousé ta fille....

TCHIN-KAO. Je vous remercie bien.

TSING-SING. Mais tout à l'heure, au moment où j'entrais dans la pagode... un exprès m'a appris que ma noble compagne venait d'arriver à mon palais d'été.

TCHIN-KAO. Aux portes de ce village...

TSING-SING. C'est cela qui m'a fait hâter mon mariage avec Péki.. car tu sens bien que si Tao-Jin était apparue au milieu de la cérémonie

TCHIN-KAO. Cela aurait été fort gênant pour ce matin.

TSING-SING. Et ça le serait encore pl«s pour ce soir... Ainsi , tu feras préparer le repas et l'appartement nuptial chez toi...; dans ta ferme.

TCHIN-KAO. Quel honneur !....

TSING-SING. Et d'ici là , si je puis éviter ma quatrième... et he pas lavoir de la journée.-.

(Apercevant Tao-Jin.)

LE CHEVAL DE BRONZE.'

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