‹ Recueil d'opérasChapitre 163 sur 1141 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les MÊMES, MUGNOZ, BARBARIGO, Tous LES Ouvriers, sortant du souterrain à droite.

CHŒUR

Amis, dans ce manoir,

Noir, Narguant les alguazils ,

Vils ; Et jamais fatigués,

Gais ; Frappons, d'un même effort, Fort!

Pan I pan ! pan ! pan !

Oui , notre bras, et sans crainte et sans terme, I S'il faut frapper ou boire, est toujours le même. (On a dressé autour du souterrain, des tables où ils '^ sont tous assis; ils boivent et trinquent.)

LES DIAMANS DE LA COURONNE

CATARiNA , les regardant. .

J'aime leurs cris joyeux ! ce bruit et cet éclat! REBOLLEDO , s'approchaiit d'elle avec respect. La Senora veut-elle sur cette table Qu'on lui serve son chocolat?

CATARrXA.

Pas maintenant ; plus tard !

DON HENRiQUE, fiant, à part.

C'est admirable!

Une chef de bandits qui prend du chocolat!.. CHOEUR.

La nuit et dans l'ombre , Toujours travaillant, Pendant la nuit sombre , Nous allons frappant :

Pan, pan, pan, pan, pan I Pour moi, je préfère, Au bruit des marteaux.

Le doux choc du verre , Signal du repos !

MiiGNOz, à table, buvant et élevant la voi.\. Jedemande, en l'honneur d'un retourqui m'enchante,

Que la Catariua nous chante Notre air...

CATARINA

Lequel ?

MCGNOZ.

Celui des Enfaiis de la nuit !

TOCS.

C'est dit !

RONDE

CATARINA

PRERilER COUPLET.

Le beau Pédrille, amoureux, pauvre et tendre, Dans la forêt, un soir, alla se pendre! Sans fortune ici-bas , Il cherchait le trépas.

Quand il croit tout-à-coup entendre sous ses pas... CHOEUR, à voix basse.

Voici minuit, voici minuit!

Dans l'ombre de la nuit ,

Travaillons , frère ; L'or qui brille et qui luit , Seul, nous éclaire.

CATARINA

Brave, et sans être ému,

Pédrille s'élance...

Téméraire, où vas-tu?..

Sous la voûte immense.

Franchis avec crainte

Cette sombre enceinte, C'est là le terrible réduit Des enfans de la nuit.

CHOEUR

Dans les entrailles de là terre, Il est un démon soiitLiirc, Dont le flambeau qui brille et luit, Garde les enfans de la nuit!

CATARINA

DEUXIÈME COUPLET

Que fit Pédrille, et quel fut le mystère Qui le retint dans le sein de la terre?

Chacun l'ignore , hélas !

Mais i! ne mourut i)as !

Et le soir, on l'entend qui chante aussi tout bas :

CHOEUR

Voici minuit !

Dans l'ombre de la nuit ,

Travaillons, frère I L'or qui brille et qui luit ,

Seul , nous éclaire.

CATARINA

Mais dès le lendemain ,

O surprise extrême !

Riche, il obtient la main

De celle qu'il aime.

Et discret et sage,

Dans son doux ménage, A chaque instant, son cœur bénit Les enfans de la nuit!

TOUS

Brava ! brava !

La Catarina!..

(Barbarigo apporte une petite cassette , qu'il pose sur la table. lleboUedo lire de sa poche la clé qu'il présente à Catarina , qui la prend, ouvre la cassette , et examine avec attention ce qu'elle contient.)

DON HENRiQCE , Ics obscrvant.

Eh ! quoi ! le même lien rassemble Ces traits si doux.

Ces coeurs de fer!

D'honneur, on croirait voir ensemble Et le paradis et l'enfer !..

REBOLLEDO, à Catddna, qui examine ce que contient la cassette.

Êtes-vous satisfaite?

C'est bien, très bieni

(^Rebcllcdo.)

D'une telle conquête, A toi l'honneur !

DON HENRiQUE, qui jette un regard sur la cassette.

Oh ! ies beaux diamans!

Quel immense lré.scr! D'où vienl-il? Je comprends! Volé par ces bandits , que sa voix encourage, Ah ! quelle horreur 1

'R< j;ardaiil Catatiiia J

Ah ! quel dommage I

CHOEUR, à table, et trinquant.

La nuit et dans l'ombre,

Toujours travaillant ,

Sous la voûte sombre,

Nous allons frappant :

Pan, pan, pan, i;an, pan !

Pour moi, je préfère ,

Au bruit des marteaux ,

Le doux choc du verre.

Signal du repos!

Tin, tin, tin, tin, tin!

Repos et bon vin ,

Voilà notre refrain !

REBOLLEDO, passaut au milieu du théâtre. Écoutez , maintenant , écoutez , mes amisl De la Catarina, voici l'avis suprême:

Les ordres sont donnés. .. vous êtes poursuivis; Dansquelquesjours... demain, peut-êtreaujourd'hui

(même , Ces lieux seront cernés par deflombrenx soldats. Il faut mettre à l'abri vos trésors et vos têtes, Chercher un autre ciel et de lointains climats s Où vous puissiez, en paix, couler des jours honnêtes.

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