‹ Recueil d'opérasChapitre 184 sur 1141 · ACTE 11, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCENE V

•â^»ulOIl oncle pour intendant, c'est une érnnomie.

DON IIENRIQOE.

Avoue plutôt qu'il n'est ni l'un ni l'autre !

CATARINA

C'est possible!

DON HENRIQUE

Quel est-il donc, alors?., ton fiancé?., ton mari?..

CATARINA, riant.

Lequel aimes-tu le mieux?

DON HENRIQUE , avec colère.

Ah! si je le savais!., j'irais à l'instant vous livrer tous les deux !

CATARINA , froidement.

Je t'en défie !

DON HENRIQUE

Et qui m'en empêcherait?

CATARINA

Ta promesse !.. tu l'as juré !.. et dans le peu de temps que nous avons passé ensemble , j'ai vu sans peine que tu étais un galant homme... un homme d'honneur... et je suis tranquille!..

DON HENRIQUE

Tranquille! dans un état pareil !.. mais moi,' qui n'y suis pour rien. . . c'est-à-dire , qui , malgré moi, suis votre confident et votre complice... je sentais tout à l'heure comme un battement de cœur... comme une sueur froide à l'idée seule de vous voir reconnus et arrêtés devant tout ce monde !.. je tremblais... je tremble encore pour vous!..

CATARINA, vivement, lui prenant la main.

C'est vrai !

DON HENRIQUE

Oui. oui, partez! allez-vous-en!., car depuis que vous êtes ici. je n'existe plus... je ne sais ni ce que je dis, ni ce que je fais... et au trouble , à la terreur que j'éprouve, je croirais presque, si ce n'était profaner un tel nom et un tel sentiment , je croirais presque que je vous aime ! CATARINA , froidement.

Je l'ai bien vu !

DON HENRIQUE

Non, non!,, cela n'est pas... ce n'est pas possible... ce serait trop indigne... trop honteux!., va-t'en, te dis-je!.. va-t'en!..

CATARINA

Tuas raison... Toi, Don Henrique de Sandoval, tu ne peux pas sans rougir jeter les yeux sur moi !.. co soir , d'ailleurs, on signe ton contrat avec une personne de haute naissance... tu dois Taimer... tu l'aimes!..

Eh bien! non... je ne l'aime pas!., c'est ce dont j'enrage... je ne l'aimerai jamai»,.. je le sens maintenant... et l'honneur et la probité me défendent de contracter une union qui ferait mon malheur et le sien!.. Écoute, Catarina, écoute-moi... nous sommes seuls, et personne ici ne peut me voir rougir... si tu veux, je te cache à tous les yeux... je t'emmène à Lisbonne... tu oublieras le passé... je Toublierai moi-même... cet or! ces parures! ces richesses que tu aimes tant... je te les prodiguerai... à toi ma fortune entière!., mon existence... niQH

L'un n'empêche pas l'autre!.. Si je prends*®» amour!

LES DIAMANS DE LA COURONNE

CATARINA, avec fierté. '

Moi ! votre maîtresse !

DON HENRIQUE

Silence!., je veux t'^rracher au châtiment., à la honte qui te menacent!., tn ne fus qu'égarée... et ma voix rappellera dans ton âme des sentimens d'honneur et de vertu que tu es faite pour connaître et pour comprendre... oui, tu abjureras tes erreurs passées... ni les oublieras... tu deviendras une honnête fille... (voyant qu'elle détourne la lête.) et déjà , je le vois , tu es émue... tu plem'es... (Catariua se retourne en riant.) Non... tu ris... tu ris de moi!., ah ! c'est indigne!., et je te déteste !..

CATARINA

Et vous avez tort. Monseigneur... Je vous remercie de vos bonnes intentions... Mais je ris de vous entendre me parler de vertu, en me proposant d'y manquer !

DON HENRIQUE

Elle a raison !

CATARINA

Moi, bohémienne, j'ai de l'honneur à ma manière... et jamaisje neserai votre maîtresse.., passe pour être votre femme !

DON HENRIQUE , avec indignation.

Ma femme !

CATARINA

Mais , rassurez-vous, je refuserais.

DON HENRIQUE

Tu refuserais ?

CATARINA

Pour VOUS, don Henrique... pour vous, qui méritez mieux que Catariua la bohémienne... car vous êtes un bon et loyal jeune homme... que j'estime, que j'aime... autant que je puis aimer... Et si mon amitié ne vous paraissait pas trop audacieuse... outrop indigne... jevous prierais d'en recevoir un gage... un souvenir... Cette bague...

DON HENRIQUE

Donne.

CATARINA

Mais votre cousine peut-être s'en oflenserait ?

Non, non... car désormais ce mariage est impossible... Je le lui dirai. Donne, te dis-je... (Il prend la bague et aperçoit Diana , qui entre par e fond.) Dieu 1 c'est ejle !

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