SCÈNE YIlï
Les Mêmes, CAMPO MAYOR.
campo ma.yor.
Enfln, et, grâce au ciel, mes ordres sont donnés et mes courriers expédiés dans toutes les directions... Je suis à vous maintenant pour toute la soirée !
DON HEXRIQUE.
Les dépêches que vous avez reçues sont donc bien importantes ?
CAMPO MAYOR
rius que je ne peux te dire!.* Imagine-toi que les ministres mes collègues, qui forment avec moi le conseil de régenee , m'ont écrit que par un attentat audacieux , inoui, on avait enlevé à Lisbonne , et dans le palais même , tous les diamans de la couronne.
DON BENRIQUEt
Est-il possible ?
Les plus beaux diamans de l'Europe , qui de temps immémorial étaient renfermés sous triple serrure dans le coiïre royal... Des sommes immenses, incalculables!
DIANA
Et comment un pareil vol a-t-il été commis?
, CAMPO MAYOR
C'est ce ^l'on ne peut s'expliquer!.. Mais les coupables ne sont point encore sortis du royaume... peut-être même n'ont-ils pas encore quitté Lisbonne... et je viens d'ordonner sur toute la roule la surveillance la plus active.,. Défense de fournir des chevaux à personne... Défense de laisser passer aucune voiture , excepté la mienne , dont les armes sont connues ainsi que ma livrée... et pour peu que le plus léger indice nous mette seidement sur la trace...
DON HENRinuK , serrant la main de Campo Mayor,
Disposez de moi , mon cher oncle... et comptez sur mon activité , mon zèle...
CAMPO MAYOR, lui prenant la main.
Ah ! mon Dieu ! qu'as-tu donc là ?
DON HENRIQUE
Rien... une étincelle de peu de prix.
CAMPO MAYOR
De peu de prix, dis-tu?.. Eh! mais, je ne me trompe pas... je la reconnais... je ne connais que cela... C'est la brésilienne!
DIANA
Que dites-vous ?
Un des diamans de la couronne... une étincelle renommée par son éclat... et qui dans la nuit éclairerait comme uneescarboucle... (Voulant éteindre les bougies.) Tu vas voir, DON HENRIQUE,
Non , non , c'est inutile , et je vous crois.
CAMPO MAYOR
Comment est-elle en ton pouvoir?
DON HENRIQUE
Je ne sais... je l'ai achetée dernièrement,
CAMPO MAYOR
D'un des voleurs... c'est certain!,. Nous voilà sur la trace... Quel est-il?
DON HENRIQUE, hésitant.
C'est... c'est... un marchand de Coïmbre.
CAMPO MAYOR
Lequel ?
DON HENRIQUE
C'est dans la grande rue qui mène au château.
CAMPO MAYOR
Ce riche magasin... Samuel Mendoza le joaillier...
DON HENRIQUE
C'est possible... je ne connais pas,.. Après cela, il se peut que lui-même ne soit pas coupable.
Et, n'importe! on peut toujours l'arrêter.
DON HENRIQUE
Mais, mon oncle...
CAMPO MAYOR
1 Ca ne peut pas faire de mal.,. On arrête «©«toujours, quitte à s'informer après,,, à cou-
sa
LES DIAMANS Dlî LA COURONNE.
naître après ses vendeurs, ses aflidés, ses com-" plices... car ils doivent être une bande.
DIANA
Ah! mon Dieu! si c'était celle de la Catari» na , ces bandits de l'Estramadure ?
DON HENRIQUE
Qui n'existent pas , mon oncle le disait luimême ce matin...
CAMPO MAYOR
Oui, mais, depuis ce matin...
DON HENRIQUE
Impossible !
CAMPO MAYOR
N'importe ! il faut voir.
Mon père a raison... Il faut voir.
DON HENRIQUE
De quoi vous mêlez-vous?.. Est-ce que cela regarde les femmes, les demoiselles?.. Et cette sarabande que nous devions danser, l'avez- ?ous oubliée ?
DIANA
Eh bien! par exemple! vous y aviez renoncé... et je veux d'abord montrer à mon père l'article du journal où l'on parle de la Catarina... où l'on donne son signalement.
DON HENRIQUE
Est-ce que mon oncle a le temps?., occupé comme il est... Ne parlait-il pas de prendre des informations sur Samuel Mendoza?..
CAMPO MAYOR
C'est juste ! je vais expédier un alguazil à cheval , pour l'arrêter.
DON HENRIQUE
Ce n'est pas cela que je disais !
CAMPO MAYOR
Et tu as raison de m'y faire penser !.. je vais signer l'ordre... (Il s'assied , et en écrivant il dit à Diana.) Mets ce journal sui- ma table, dans mon cabinet... car dans ce moment, tu vois que je n'ai pas le temps.
DON HENRIQUE. , à Diana.
Il n'a pas le temps !
N'est-ce que cela?,, je vais vous le lire!..
DON HENRIQUE
Pour l'empêcher d'écrire... pour le troubler... il va en faire arrêter un autre.
DIANA
Du tout! (Lisant.) « La Catarinaest une jeune » et jolie femme, qui a des cheveux blonds et » des yeux bleus!..
DON HENRIQUE, à Campo Mayor.
Mon oncle... et Samuel Mendoza?..
DIANA, lisant.
» Des cheveux blonds, des yeux bleus !..
CAMPO MAYOR, disirait, à Don Henrique.
Samuel Mendoza a des cheveux blonds?..
DIANA, lisant.
» La Catarina!..
DON HENRIQUE, à Campo Mayor.
Et votre départ pour Lisbonne , vous n'y pensez pas?..
CAMPO MAYOR
Ce soir, après le contrat!.. Ma fllle!..
DIANA , lisant toujours, » La Gatarjuaî..
> DON HENRIQUE, à Diana.
Écoulez donc votre père, qui vous parle...
Tu donneras des ordres... tu commanderas ma voiture et mes chevaux , pour qu'après le contrat nous partions tous les deux.
DIANA
Oui, mon père !..
CAMPO MAYOR
Entends-tu?., car demain de bon matin, il faut que je sois à Lisbonne.
DIANA , parcourant le journal.
Ah ! mon Dieu ! quelle .ressemblance ! quelle rencontre!.. Est-ce possible?..
DON HENRIQUE , à Campo Mayor qui s'est levé. Venez, mon oncle... venez, je ne vous quitte pas... donnons cet ordre et d'autres encore... tous les ordres possibles.
CAMPO MAYOR
Tu as raison!., hâtons-nous.
(Ils sortent vivement par le fond.)
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