SCÈNE X
I DIANA, DON HENRIQUE , rentrant par le fond.
i DON HENRIQUE.
! Taisez-vous! taisez-vous!
I DIANA
i Ah ! mon cousin , que je suis heureuse de vous voir !.. venez me sauver la vie !
DON HENRIQUE
Silence!..
(En ce moment, laCatarinaentrepar la droite, se place
sur le canapé , derrière la table , et cachée par le
dossier d'un fauteuil, de manière à n'être pas vue
de Diana et de Don Henrique.) DIANA.
Vous ne savez pas que cette Catarina , cette femme horrible... non, qu'on dit si jolie... elle est ici!..
DON HENRIQUE
Quelle folie!..
DIANA
Voyez plutôt son signalement trait pour trait... c'est elle.
DON HENRIQUE
Taisez-vous!
C'est elle , je vous jure.
DON HENRIQUE, lui arrachant le journaL Ça n'est pas vrai.
DIANA, lui montrant le journal.
Maïs ce papier le prouve.
I DON HENRIQUE , le déchirant.
«#3 Une prouve rien! car il n'existe pins.
ACTi; II. SCÈiNE XII.
Mais vousouipt'thoz par là qu'on ne la reconnaisse... qu'on ne Tarrèle.
DON IIKNRIQUE.
L'arrêter, diies-vous?.. plutôt mourir.
DIANA
0 ciel !
DON HENniQLE.
Et si VOUS m'aimez, ma cousine, si vous avez pitié (le moi... vous ne direz rien. Vous garderez le silence ! je vous en prie , je vous en conjure!..
DIANA
C'est vous qui la défendez... qui la protégez. (Avec indignation.) Est-ce que par hasard vous l'aimeriez ?..
DON HENRIQUE , hors de lui.
Vous l'avez dit !
DIANA, caciiant sa tête dans ses mains. Ah!..
DON HENRIQUE
Il faut m'aider à l'éloigner... à la sauver... (Avec fureur, voyant qu'elle hésite.) Vous m'aiderez, ou sinon!..
DIANA, tremblante.
Ehbienloui, mon cousin... mais à une condition.
DON HENRIQUE
Toutes celles que vous voudrez... ma fortune, ma vie!..
DIANA
Je n'en demande pas tant!., mais ce soir, quand il faudra signer le contrat, c'est vous qui refuserez?..
DON HENRIQUE
Je le promets!
DIANA
Qui direz : Non !
DON HENRIQUE
Je le jure!
DIANA
Devant mon père... devant le notaire!..
DON HENRIQUE
Devant le monde entier... mais vous la sauverez?..
DIANA
Et comment?..
DON HENRIQUE
Il faut qu'elle parteà l'instant même... et sa chaise de poste est brisée.
DIANA
Elle ne le serait pas, que ça reviendrait au même. Car toutes les voitures sont arrêtées sur la route... excepté celle du ministre.
DON HENRIQUE
C'est celle-là qu'il faut prendre.
DIANA
Celle de mon père ?
DON HENRIQUE
Il le faut! je le veux !.. On vous a chargée de donner des ordres.., donnez-les... que cette voiture soit prête pour elle... pour elle, entendezvous!., ou sinon je dis: Oui... je signe au contrat... je vous épouse!..
DIANA, vivement.
I Tout sera nrèt. mon ro'isin!.. îoiitsera nr.^t.
"^' DON HENRIQUE
; A la bonne heure !.. Où pourra- telle vous alj tendre?..
I DIANA
Là... dans le cabinet de mon père... personne n'y entre... ily aune seconde porte,,, un escalier dérobé qui donne sur la cour!..
DON HENRIQUE
Très bien.
DIANA
Mais, à votre tour, songez au scandale, au danger et à la perdition de votre âme!..
DON HENRIQUE
Mais allez donc... allez donc!., cette pauvre femme qu'il faut sauver.
DIANA
Celte pauvre femme, dites-vous?,, une femme
épouvant... ah!..
(Catarina s'est levée vers la fin de cette scène et a gagné le milieu du théâtre; Diana l'aperçoit, et reste toute tremblante , puis sur un geste de Catarina elle s'enfuit sans retourner la tête.)