‹ Recueil d'opérasChapitre 192 sur 1141 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

DON HENRIQUE , CAMPO MAYOR , DON SÉ- BASTIEN , Seigneurs et Dames.

FINAL

CAMPO MAYOR, à quclqucs seigneurs.

Oui, je pars cette nuit... Dans le posie où je brille,

canoOn ne s'annartient rlu5... on se doit à l'état.

LES DIAMANS DE LA COURONNE

Mais avant tout, je veux qu'entre amis, en famille, ^ De ma fille , Messieurs, nous signions le contrat.

DON SÉBASTIEN, à part.

Le contrat! plus d'espoir I Dieu! voici le notaire I (Le notaire paraît. Campo Mayor va au-devant de lui. Des valets apportent au milieu du théâtre une table et toutce qu'il faut pour écrire. Le notaire s'y installe et écoute, en écrivant , les instructions que Campo Mayor lui donne à voix basse.)

DON HENRiQUE, près du Cabinet, à part.

L'on ne part pas! j'écoute et n'entends rien. DON SÉBASTIEN, apercevant Diana qui paraît. C'est elle I,.

(Eas.)

C'en est fait! je vous perds !

DIANA, gaîment, et regardant Don Henrique.

Au contraire!

DON SÉBASTIEN , à dcmi-voix.

Mais voici le contrat !

DIANA, de même.

N'importe!

DON SÉBASTIEN

Et le notaire!..

DIANA

N'importe I tout va bien!

DON SÉBASTIEN , à part , avec colère.

Quel air de joie et de conquête! DON henriq7;e , à demi-voix , à Diana.

Eli bien! la voiture?

DL\NA , de même.

Elle est prête.

DON HENRiQnE , de même, alors, Catarina peut fuir?

DIANA, de même.

Bans doute.

(Lui prenant la main.)

Allons! du cœur!

DON HENRIQUE, cherchant à se remettre.

J'en aurai!

DIANA, souriant.

Comme il tremble!

A I votre tour, tenez votre serment.

(Tous deux causent à la gauche du théâtre.) DON SÉBASTIEN, les regardant avec dépit. C'est qu'ils ont l'air de s'adorer !

CAMPO MAYOR, d'un air de triomphe.

Traiment, Ils en ont l'air? Allons , voici l'instant. (Il leur montre le Notaire, qui vient d'achever le contrat et qui lui présente la plume.

ENSEMBLE

DON SÉBASTIEN

Ah ! je tremble , je frissonne ; Rien n'égale mon tourment, L'espérance m'abandonne.

Toici le fatal moment !

CAMPO MAYOR

De Tépoux que je lui donne.

Je suis fier , je suis content.

D'un nouvel éclat rayonne Mon nom , déjà si brillant.

DIANA, regardant Don Henrique.

A l'espoir je m'abandonne.

Oui, je crois à son serment.

Et l'effroi que je lui donne, Ne va durer qu'un moment.

DON HCNRiQiE, regardant la porte à gauche. Il faut, son salut l'ordonne ,

Ah ! pour elle je frissonne , Rien n'égale mon iourmcnl !

CHOEUn, montrant Campo Mayor.

Au bonheur, il s'abandonne.

Par cet hymen séduisant.

D'un nouvel éclat rayonne Son nom, déjà si brillant !

CAMPO MAYOR, présentant la plume à Diana. A toi , ma fille !

DON SÉBASTIEN , à part.

0 ciel !

DIANA , à demi-voix.

Ne craignez rien...

Je vous l'ai déjà dit: Tout va bien ! tout va bien! DON sÉBASTiEX , à part.

Mais quelle est donc sa dernière espérance? Je devine... Elle va refuser... Ah! grand Dieu! Elle signe?..

CAMPO MAYOR , à Dou Hcnriquc.

A vous, mon neveu.

DON SÉBASTIEN, qui s'cst rapproché d'elle d'un air

triomphant.

Perfide I

DIANA, souriant.

Tout va bien! Lu peu de patience.

CAMPO MAYOH , à Dou Hcnrlque.

C'est à vous de signer.

DON SÉBASTIEN , à part.

Quel malheur est le mien I DON HENRIQUE, jetant la plume et redescendant la scène. Je ne le puis !

CAMPO MAYOR et Ics assistaus qui l'entourent. O ciel !

DON HENRIQUE , apcrccvant Catarina.

Encore ici ?

CATARINA , avec tendresse et approbation. C'est bien! Merci! merci! merci!

DON HENRIQUE , à part , avcc effroi.

Fuyez! fuyez!

DIANA, bas, à Don Sébastien.

Je vous le disais bien...

Tout va bien ! tout va bien ! '

(Campo Mayor et les assistans descendent la scèm en désordre.)

ENSEMBLE

DON HENRIQUE

Ahl j'en perdrai la tête!

Au diable le contrat!

Je brave la tempête.

Le scandale et l'éclat !

D'empêcher qu'on l'arrête.

Quel est donc le moyen?

Je cherche dans ma tête , Et je n'y trouve rien.

Ah! j'en perdrai la tête!

Quel tourment est le mien I

DON SÉBASTIEN

C'est à perdre la tête !

Ah! quel heureux éclat!

A sa voix tout s'arrête.

Ah! j'étais un ingrat!

Elle fut bon prophète; Mais quel fut son moyen ? Je cherche dans ma tête, Et ne devine rien !

CAMPO MAiOll.

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