SCÈNE XI
Les Mêmes. CAMPO MAYOR, DON SÉBASTIEN.
CAMPO MAYOR, à don Sébastien.
Arrêtez ce gentilhomme !
DON SÉBASTIEN
Lui, mon ami?
CAMPO MAYOR
Votre épée, IVlonsiPur, votio épée !
s®» DON IIKNniQUE.
Et de quel droit, mon oncle?
Par l'ordre de sa Majesté , qui a daigné me charger de m'assurer de votre personne.
DON HENRIQUE, remettant son épée à don Sébastien.
Tiens mon ami! (A Campo Mayor.) Mais il y a erreur !
CAMPO MAYOR
Non, Monsieur ; je ne me trompe jamais !..
r 1N SÉBASTIEN , à Campo Mayor.
Qu'a-liî fait, de grâce?..
DON HENRIQUE
Et de quoi m'accuse-t-on ?
CAMPO MAYOR
Du crime de lèzemajesté.
DIANA , à part.
Là! j'en étais sûre!
CAMPO MAYOR
D'outrages envers la Reine!..
DON HENRIQUE
La Reine!., je ne l'ai pas encore vue!
DIANA, i part.
Il croit cela !
CAMPO MAYOR
Et de plus, de complicité avec cette indigne, cette infâme...
DIANA, vivement.
Mon père , taisez- vous !
CAMPO M AYOB, élevant la voix.
Et pourquoi donc me taire!.. Cette infâme Catarina!..
DON HENRIQUE
Ociel!,.
CAMPO MAYOR
Pour cela. Monsieur, vous ne pouvez le nier... Ma flile le sait trop bien... et moi aussi... (Lui montrant la bague qu'il a au doigt.) C'est-àdire... non, non... nous ne savons rien... et je vous prie de ne pas nous compromettre , quand vous serez confronté avec elle... ce qui ne peut tarder...
DON HENRIQUE , avec effroi.
Gomment cela ?
CAMPO M AYOB.
On est sur sa trace... car elle a osé pénétrer, dit-on jusqu'en ce palais... et maintenant, sans doute , elle est arrêtée. *
DON HENRIQUE. V
Ah ! ;là ce que je craignais !
DON SÉBASTIEN
Que dii-il?.. C'était donc vrai?..
DIANA
Eh ! mon Dieu ! oui.
DON HENRIQUE
Je cours aux pieds de la Reine , lui demander grâce... non pas pour moi, mais pour elle! (La marche commence en dehors.)
Écoutez... écoutez!., c'est la Reine qui se rend à la salle du trône... (Regardant par la fenêtre.) Oui, voici le cortège... la maison militaire... les grands-officiers!..
(Il fait signe aux soldats d'emmener don Henrique» , i^ ceux-ci descendent et l'entourent.)