SCENE Vil
Les Mêmes , URSULE , entrant p.ir fond.
TiRSULB , montrant la porte h droite.
Quoi ! vous n'entendez pas qu'ici L'on frappe encore ?
TOUTES
Et la clef?
BRIGITTE, la leur donnant.
La voici.
URSULE, bas à Brigitte.
Vous qui ne l'aviez pas?..
BRIGITTE, d'un air naïf.
Tout-à-l'heure, ma chèic.
Je l'ai retrouvée.
URSULE, a part, d'un air de défiance.
Ah!
TOUTES
Comment, c'est la tonrière ?
Qui donc l'amèoc ?
LE DOMINO NOni,
Là TODRIBRF, entrant ftir la fi«rte n droite, que l on vitni d'ouvrir.
On le saura.
Et sur un fait auquel notre honneur s'intéresse Je Tiens pour coiisultei ma'lame notre abbesse. insDLr.
.-/ part.
Oi) ne peut la voir. Kt cela r.aclu- encore un iiiy-tèrc.
nUICITTE.
Kt tenez. , la voilà!
SCeK'F. VIII.
Les MÊMES, AINGEI.E, sortant de la porte à gauche, qui est celle de son appartement. Elle porte le costume d'abbesse.
ANGBLK.
Mes sœurs, mes sœurs, (jue l'allégresse Et la paix rèî^neiit dans vos cœurs, Que Dieu vous prott-a;e sans cesse Et vous comble de ses faveurs !
CHOEUR
Qu'elle est çenlille, notre abbesse !
Qu'elle a de giâco et de douceur!
Avec elle régnent sans cesse La douce paix et le bonheur.
VRSULE, a part.
Qu'elle est heureuse d'être abbesse !
Mais tout s'obtient par la faveur, Et bientôt, grâce à mon adresse, J'aurai peut-être ce bonheur.
Alliint a ,^ngèle.
Ah! madame, combien j'étais incjnie'te'e... Comment avez-vous donc passe la nuit !
angèle.
Fort bien.
Regardant Brif^it/e.
Une nuit assez agite'e ; Mais ce matin ce n'est plus rien.
tIRSULF.
Quel bonheur!
ANGÈLE, a la tourière gui s'avance.
Eh bien ! qu'est-ce?
LA TOURIÈRB.
Hélas ! dans ces saints lieax n'avais jamais vn scandale delà sorte... portier du couvent qui se trouve à la porte.
URSULE
la nuit dehors, c'est un scandale affreux.
CHOEUR
Ah! quelle horreur, etc.
A>'GÈLB.
instant... un instant... ayons de l'indolgence Quelquefois, mes sœurs, on ne peut Rentrer aussitôt qu'on le vent.
vnrt. A la tnurière.
le sais !.. Que dit-il en6n pour sa défense ?
LA TOURIÈRE
Par des brigands, hier snir arrêté
ANGÈLE, a part.
\\i\ comme il ment !
LA touriÈre.
Par enx enchaîné, garrotté.., ANGÈLE, à part.
Ah ! comme :1 ment !
LA TOURIÈRE
Et de tout son areent.
BRiGiTTB, retfiirdiint tes des quelles a pr itO$f Les voici !
angèi.e , vivement et a voix basse.
Cachfi-les !
Hai.t et les jcuar fijcés sur les clefs.
Je vois bien qu'an couvent Il ne pouvait rentrer... et qu'il faut qu'on pardoDOe.
URSULE
C'est scandaleux ! Elle est trop bonne.
TOUTES
Ah ! qu'elle est indulgente et bonne! AKGÈLE , à part.
Et comme à lui que le ciel me pardonne Ici on coni'tience à entendre sonner matines^ petite cloche de chapelle.
LA TOUHIBRB.
Ce u'est p;is tout encore, et voilà qu'an parloir,
Un cavalier demande à voir Madame notre abbesse.
angÈle.
Impossible à cette heure.
Voici matines, et déjà Nous sommes en retard... Son nom?
LA TOURIÈRE
Massarena.
asgèle , à part.
Haut.
Horace ! ô ciel ! Que dans cette demeure , Il nous attende !...
URSULE
Eh ! mais, à ce nom-là.
Madame semble bien émue.
ANGÈLE
A part.
Qui. moi? non pas... M'aurait-on leconnue?
faisant un pas.
Et saurait il ?
ORBULE , l'arrêtant et avec intention, pendent que la cloche va toujours.
Voici matines, et déjà Nous sommes en retard.
BRIGITTE, ai'(f in/pntie/ue.
Eli ! mon Dieu, l'on y va.
CHOEUPi.
Les cloches argentines Pour nous sonnent matines, Allons d'an cœur fervent Prier pour le couvent !
Elles défilent ton'es par les partes du fond, que l'on referme, et la tuurière, ci qui yingèle a parlé bas, reste la dernière.
>CK>^E iX.
LA TOUFvIÈRli; puis HORACE.
LA TOURIÈRE, allant ouvrir la porte à droite. Entrez ! entrez, seigneur cavalier.
HORACE. C'est bien heureux' depuis une heure que j'attends. J'ai une p» nnission de M. le comte de San-Lucar, poui me présenter à sa fille , la senora Brigitte, ma fiancée.
LA TOUiîlÈnE. On ne parle pas ainsi à nos -eunes pensionnaires, sans l'autorisation et la présence de M"* l'abbesse.
IlOU.\CE , avec impatience. Eh I je le sais bien!... et voilà pourquoi je désire lui parler d'abord... (à part) à Cf**^ vieille abbesse.
MAGASIN THEATRAL
LA TOURIÉRE. Elle est à la cbapelle.
HORACK. Comme c'est agréable!... ça n'en finira pas.
LA TOLHiÈiiE. Voilà un beau cavalier qui est bien impaùeut... et l'impatience est uu pt'clié. ( Mouvement (f Horace. ) M"' la swpéîieui e vous prie de l'attendre dans c? parloir, «iù vous serez plus cominodémi nt. [Parlant aoec volubilité.) Nous avons aiiiioaid bui bien peu de temps à ocms... Une céif^-monie... une prise de voile où doit assister tout Madrid... Mais c'est égal, ou vou.s accordera quelques minutes en sortant de matines... cardans ce niomeui nous sonimos toutes à matines!
HORACE , Uifec intention et la regardant. Pas toutes, à ce que je vois I
LA TouuiÈRE. Aussi j'y vais... Dieu vous gatde, mon frère.
Elle sort.
OC0OCH}0O00O00tJ01?ÛVJtK>00O0O^jftOQ0t?tj0OftfcMlQQOfltfP
HORACE, seul.
M'en voilà débarrass;\.. c'est 1) en heureux {Se jetant sur le faut uil à §■««-
cAe.) Respirons lin instant... Depuis hier je me croyais sons l'iiifluence de Satan lui-niènie... Heurevist ment, et depuis
que je suis entré dans ce saint lieu
mes idées sont devenues plus sames... plus
raisonnables.
On entend le son de Torgue dans la chapelle à droite.
A ces accords religieux, Le calme renaît dans mon ame.
Filles du ciel, vons qu'un Siiint zèle enflamme , A vos pieux accens je veux mêler mes vœux. Avec elle prions.
IL se lèi'e et s'appmche ih la irax'ée à droite qui donne sur la chafielle. Il s'agenouille sw une chaise qui est contre la travée.
AKGÈLE, chantant ta dehors-