VI LORD
Il avait l'air ému, le brigadier. Ce Fra-Diavolo, il effrayait tout le monde.
MATIIÉO.
Vous vous trompez... Lorenzo n'a peur de rien... Il a servi dans l'armée d'Italie avec les Français... C'est un brave garçon qui n'a qu'un défaut...
PA.MÉLA
Et lequel?
MATHÉO.
Il est amoureux, et n'a pour s'établir que sa paie de soldat, et des coups de fusil en perspective.
MILORD
Ce n'était pas assez pour vivre.
MATHÉO.
Sans cela je n'aurais pas demandé mieux... (Regardant sa fille.) Mais il faut de la raison... Allons, Zerline, serrez ces verres, ces bouteilles.
MILORD
Je havais envie de donner du courage aux gens du pays avec des guinées. (S'avançant vers Mathéo.) Messie l'hôtesse, voulez-vous rédiger une pancarte, où je promettrai de l'argent beaucoup à celui qui raj)porlerait à nous ce que nous avons perdu? MATUÉo, se mettant A la table à droite, et érrivani pendant que milord lui dicte à voix basse.
Volontiers.
FRA-DIAVOLO
PAUéLÂ, observant Zerlioe qui a été s'asseoir dans un
coin à gauche.
Miss Zerline pleurait? elle avait du chagrin?
ZEBLiNE, essuyant ses yeux.
Moi ! madame, pas du tout.
PAMÉLA
Fes, je m'y connaissais... La petite brigadier, il avait lancé à vous un regard qui disait : Oli ! je vous aime beaucoup !
ZERLINE , effrayée.
Madame!...
PAMÉLA
Ce était bien... Ce était si joli les mariages d'inclination! (Tendrement.) N'est-ce pas, milord? (Voyant qu'il ne répond pas et avec colère.) Milord ? MILORD, de l'autre côté, occupé avec Malliéo.
Vous voyez que j'étais occupé, et vous tourmentez moi... Je faisais la pancarte pour le récompense. (A Mathéo.) Vous avez écrit que je promettais trois mille francs ?
PAMÉLA
Ce était pas assez! mettez dix mille francs... L'écrin, il en valait trois cent mille ! et s'il était perdu, ce était la faute a vous , qui avez voulu prendre le chemin de traverse.
MILORD
Pour éviter ce cavalier si élégant qui nous suivait partout , et qui s'arrêtait toujours dans les mêmes auberges.
PAMÉLA
Je ne pouvais pas empêcher lui tU faire le même route.
MILORD
Vous pouvez empêcher vous de le regarder et de chanter, comme hier au soir, ce petit banaroUe qui amusait pas moi du tout.
PAMÉLA, avec humeur.
On peut pas faire le musique?
MILORD
Vous faisiez pas le musique, vous faisiez le coquetterie avec lui.
PAMÉLA
Moi ! le coquetterie !
MILOJ'.D.
Vos, milady ; je l'avais vu , cl ji' déclare ici que je ne voulais pas.
PAMÉLA
Vous ne voulez pas ?
UILORD.
C'est-à-dire... je voulais bien, mais je m- voulais pas ! eiUcndoiis-iious !
(Pendant les couplets suivans, Mathéo et Zerline vont pla-
rardcr on dedans et en dehors des piliers de l'auberge
!cs affiches que Mathéo vient d'écrire.)
PltEMlKR COUPLET.
Je voulais bien, je voulais bien Que l'on trouve vous très aimable.
Et que de loin maint fashionable Admire aussi voire maintien...
Je voulais bien, je voulais bien; Mais qu'en tous les lieux où je passe, V.n lors'iaiu vous avec audace.
Un galantin suive vos pas; Je voulais pas... je voulais pas; Non, non, non, non, je voulais pas Goddam ! je voulais pas.
DEUXIÈME COUPLET
Je voulais bien, je voulais bien Payer les bijoux et la soie ; Et pour qu'à la mode on vous voie. Par an dépenser tout mon bien...
Je voulais bien, je voulais bien ; Mais moi suivre votre méthode, Mais être un époux à la mode Comme on en voit tant ici-bas...
Je voulais pas, je voulais pas ; Non, non, non, non, je voulais pas, Goddam ! je voulais pas.
TROISIÈME COUPLET
PAMÉLA
Je voulais bien, je voulais bien Etre sage et jamais coquette, Et s'il le faut pour ma loilelle.
Ne plus dépenser jamais rien...
Je voulais bien , je voulais bien.
Car, par goût et par caractère.
Je suis très douce d'ordinaire ; Mais dès qu'on dit : Je veux... hélas! Je voulais pas, je voulais pas ; Non, non, non, non, je voulais pas, Milord, je voulais pas.
MILORD
Ah! vous voulez pas? Il faudra pourtant bien... car j'entends plus que vous voyiez jamais ce marquis napolitain.
MATHÉO , se levant et écoutant.
C'est le bruit d'une voiture !
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