‹ Recueil d'opérasChapitre 298 sur 1141 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les PrÉcédens; GUSTAVE ,en robe de chambre de velours , garnie de fourrure. Il s'approche des différens groupes qu'il salue.

GUSTAVE , aux officiers généraux , leur tendant la main.

Mes soldats, mes amis, mes nobles frères d'armes!

( Aqi -léputés de la bourgeoisie et de l'ordre des paysans. )

Et vous tous, mes enfans !

( Ils lui présentent des pétitions qu'il prend avec empressement.)

Ah ! donnez!.", c'est à moi

D'écouter vos chagrins et de tarir vos larmes ;

C'est pour cela que je suis roi !

( S'approchant de Roslin à qui il frappe surTépauIe.)

Salut! et qu'Apollon le soit toujours en aide ; Mon jeune peintre . il faut préparer tes pinceaux.

Se retournant vers Sergell. ) Et tei , grand statuaire , honneur de la Suède , Je veux te commander des chefs-d'œuvre nou-

(Aui autres artistes. ) [veaux*.

Tous vos talens dont l'éclat m'environne Seront, dans l'avenir, mes titres les plus beaux; Des palmes, qu'à chacun la gloire ici vous donne , Détachez un laurier pour former ma couronne! Air :

O VOUS qui consolez mon cœur !

Doux charme de ma vie , Beaux-arts, par qui j'oublie Les soins de la grandeur ; Venez ! je vous implore !

Que par vous seuls encore Je rêve le bonheur!

( A part , s'avançant au bord du théâtre. )

Et toi, dont l'image chérie

•Jean-Tobie Sergell, fils d'un paysan suédois , le plus grand statuaire de la Suède , ami de Canova, qu'il a surpassé en certaines parties. Il fut le favori et le protégé de Gustave III pour qui il composa ses plus beaui ouvrages, le groupe de Cupidon et Psyché, Diomède enlevant le Palladium , etc., etc., etc.

Me poursuit de son souvenii', Amélie!... hélas ! Amélie!

L'honneur m'ordonne de te fuir !

Et de mon cœur pour te bannir...

Doux charme de ma vie ,

Beaux-arts, par qui j'oublie

Les soins de la grandeur.

Venez! je vous implore;

Vous seuls pouvez encore

Consoler ma douleur!

LE GÉNÉRAL KAIJLBAKT, ARUFELT , s'approcliant

de lui.

Sire...

GUSTAVE

Que voulez-vous"?

KADLBART.

Le travail de la guerre.

ARMFELT.

Celui delà justice.

OSCAR

Et le bal de demain.

GUSTAVE

[affaire.

C'est pour toi , mon beau page , une importante

( A Kaulbart, à Armfelt et à Oscar, prenant les papiers

qu'ils lui présentent. ) .

Donnez!... donnez! ■

OSCAR

Oh ! notre souverain Dicte , comme César, à plus d'un secrétaire ! GUSTAVE , lisant.

« Armer sur-le-champ nos vaisseaux :

» Mettre en état nos arsenaux. »

(A part.)

Oui , la fortune moins jalouse ,

Sur les rives de la Neva ,

Bientôt vengera Charles-Douze

Et les affronts de Pultawa !

(Lisant un autre papier. )

« Nous octroyons le privilège

» Promis par noire aïeul Vasa ; » 1

( A part. )

Et du peuple que je protège

L'amour seul me protégera.

(A Oscar. )

Des dames je veux voir la liste.

OSCAR , la lui donnant.

Oh! rien que des beautés !

GUSTAVE

Sur ce point-là j 'insiste.

( Lisant. )

La duchesse d'Holberg et celle de Gothland... La comtesse Ankastrom !..

OSCAR, à part elle regardant.

D'honneur, c'estétonnanl!

Oui., depuis quelque temps, j'ai cru le reconnaître. Ce nom-là fait toujours de l'effet sur mon maître. ( Gustave reste plongé dans la rêverie. ) ENSEMBLE.

GUSTAVE, rêvant.

Elle y viendra... par sa présence Cette fête s'embellira.

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