‹ Recueil d'opérasChapitre 328 sur 1141 · ACTE V, SCENE lY · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE lY

;* Pourtant . s'il faut être sincère , J'en meurs d'envie , ch bien...

(Gatment el se reprenant.)

Tra la , la , la , la , la , Non , non , vous ne le saurez pas ; Pour danser on m'attend là-bas , Tra la , la , la.

ANKASTUOM , le relenanl par le bras.

Comment le reconnaître?... achève.

OSCAR

Du silence Pour mieux se divertir, il veut que sa présence Soit un secret pour tous.

ANKASTROM , le flattant.

Mais tu sais distinguer Ses vrais amis.

OSCAR, avec malice.

Vous voulez l'intriguer ?

ANKASTROM.

C'est vrai.

I OSCAR , sautant de joie.

C'est amusant!...

(Se repreuant et d'un air sérieox.)

I Mais, suivant la coutume ,

N'allez pas me trahir.

■ ANKASTROM.

; (Avec impatience.)

Non. Eh bien! son costume?

(En ce moment paraît une femme en domino blanc qui s'approche d'Oscar et écoute.) OSCAR, à demi-voix.

Simple domino noir, puis sur son cœur, en croix, Un ruban amarante...

(Gaîment.)

Adieu ; voici la danse !

ANKASTROM , voulant le retenim Uo mot.

OSCAR

Je ne veux pas que sans moi l'on commence. Et j'entends retentir le fifre et le hautbois.

(Il s'échappe encourant; Ankastrom regarde autour de lui, aperçoit un ou deux des conjurés, va leur parler bas el disparait avec eux dans une des salles du fond en examinant avec attention tous les masques qu'il rencontre.)

CHOEUR

Plaisir, amour, ivresse , 0 nuit enchanteresse , Prolonge encor ton cours 1 Jusqu'au jour qui commence Livrons-nous aux amours !

Livrons-nous à la danse !

(Pendant la 6n du chœur précédent un homme en domino noir et portant sur la poitrine un ruban amarante posé en croix est sorti d'un des salons à droite, et s'avance pensif jusqu'au bord du théâtre ; une femme en domino blanc le regarde, s'approche vivement', et lui dit à demivoix et d'un ton solennel : )

LE DOMINO

Pourquoi paraître ici , Gustave? et quel délire Te rend sourd aux avis qui te sont adressés?

GUSTAVE 111

GUSTAVE, le regardant.

C'est donc toi qui viens de m'écrirc Que mes jours étaient menacés !

LE DOMINO , arrachant le ruban amarante qui est sur la poitrine de Gustave.

Peut-être !... et tu devais me croire !

De me faire trembler l'on n'aura pas la gloire ; ^ J'hésitais à venir el tu m'as décidé ! (Il ôte son masque et le domino fait un geste d'effroi.) Qui donc es-tu , beau masque , el quel soin t'a LE DOMINO. [guidé?

Si l'avis est prudent, qu'importé qui le donne? (A demi-voix et avec chaleur.) Partez . sire ! partez! la mort vous environne.

GUSTAVE

De plus près je l'ai vue au milieu des combats.

LE DOMINO

Us veulent vous frapper !

GUSTAVE

Ils ne l'oseront pas !

LE DOMINO

N'expose point des jours si chers à la patrie !

GUSTAVE

Eh bien ! dis-moi ton nom.

LE DOMINO

Je ne le puis, hélas !

(Avec émotion et reprenant sa voix naturelle.)

Mais si pour le sauver il faut donner ma vie...

GUSTAVE

Qu'entends-je ? quelle voix ! . . . Amélie ! Amélie ! . . .

AMÉLIE

Eh bien! oui... c'est moi!

DLETTO rapide et animé.

GUSTAVE

Je le perds pour la vie ; Tu vas m'être ravie , De grâce, écoute-moi!

AMÉLIE , regardant autour d'elle avec crainte. Je ne puis vous entendre ; On pourrait nous surprendre , Et je tremble d'effroi.

ENSEMBLE

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