ACTE V, SCENE V
glotc: Amélie est étendue à ses pieds; plus luin des femmes sont à genoux et prient.)
(A part.)
Oscar... Dieux! Amélie.
(Regardant Ankaslrom et les conjurés.) Gracp pour eux ! je veux qu'on leur pardonne. OSCAR, sanglotant.
Hélas!
GUSTAVE
Oui, quand je vois vos pleurs , je regrette la vie.
Adieu , Suède! adieu , gloire et patrie! J'espérais mieux mourir ! Mes amis , mes soldats, Entourez-moi ! qu'au moins j'expire dans vos bras!
ENSEMBLE
CHOEUR , A^KASTROM.
CHOEUR
O crime! ô parricide !
Dans le sang du perfide Expions son forfait!
(Tous se mettant k genoUS.)
Dieu! que ma voix supplie , Conserve à la patrie Le roi qu'elle adorait !
ANKASTROM.
Oui , d'un bras inlrépid»
J'ai puni le perfide :
Mon cœur est satisfait !
Frappez!... avec la vie Qui va m'ètre ravie J'emporte mon secret.
OSCAR , à genoux.
O mon'maître ! ô mon roi !...
AMÉLIE , de même.
Prenez pitié de lui ! prenez pitié de moi !
(Les grenadiers qui portent Gustave sur leurs fusils croisés se mettent lentement en marche et se dirigent vers l'escalier de granit, précédés de domestiques qui tiennent des torches : c'est là le groupe principal. A droite , Ankastrom et les conjurés , sur lesquels des soldats ont dirigé la pointe de leurs baïonnettes; Gustave se soulève à peine , et de la main semble leur dire : Arrêtez 1 — A gauche, Amélie, Oscar, les seigneurs de la cour qui ont ôté leurs masques et qui sont pâles , en habit de fête et la terreur sur le visage. — Au fond , les autres personnes du bal différemment groupées et cherchant à apercevoir les traits du roi. Partout le désordre, la confusion: et dans les autres salles où la nouvelle n'est pas encore parvenue , le son lointain des instrumens joyeux, tandis que sur le devant l'orchestre tau entendre un roulement lugubre et funèbre.)