‹ Recueil d'opérasChapitre 349 sur 1141 · CATHERINE, LESTOCQ · texte numérisé non relu

CATHERINE, LESTOCQ

CATHERINE , Se retirant vivement de sa fenêtre. Dieu! l'on vient! c'est le médecin de la princesse!

LESTOCQ. Eh! mais, ma chère enfant, qu'avez- vous donc?

CATHERINE. Rien, monsieur le docteur, rien, un étourdissement, un éblouissement.

LESTOCQ. Cela se trouve à merveille, me voici... Je vois en effet dans vos yeux que vous êtes très malade.

CATHERINE, à part. Comme il s'y connaît.

LESTOCQ. Maladie que «ous nommons inclination contrariée et à laquelle sont sujettes les princesses comme leurs femmes de chambre.

CATHERINE. Ah ! mon Dieu !

LESTOCQ , la regardant toujours. Attendez donc... un cousin à vous... un pauvre diable... que vous alliez épouser.

CATHERINE. Comment, vous voyez cela.

LESTOCQ. Eh bien d'autres choses encore, je vous dirais même son nom... Strolof, je crois.

CXTHERiyE, vivement. Oui, monsieur le docteur! un paysan de M. le comte qui est bien loin d'ici.

LESTOCQ. Du tout... je vois là qu'il est ici , à St-Pétersbourg.

CATHERINE, à part. Dieu! que c'est dangereux? lisait tout ce médecin-là?

PREMIER COtJPLET.

Ne nous trahissez pas tous deux !..

Long-temps nous fumes malheureux

Ensemble!

Mon cœur en est encor ému , Que de fois pour moi je l'ai vu

Battu !

Ah ! dans mes maux qu'il partageait Son amitié me consolait !

Sans lui dire que je l'aimais.

Il le savait comme moi... mais

Je tremble De vous ouvrir ainsi mon cœur.

Et devant un si grand docteur

J'ai peur!

DEUXIÈME COUPLET

LESTOCQ

Et pourquoi donc trembler ainsi !

Pour moi Strolof est un ami

Fidèle!

D'un hymen qui l'enchanterait J'ai conçu pour lui le projet Secret !

Geste de colère de Catherine.

Ahl réprimez ce grand courroux»

Celle dont il sera l'époux Elle est près de moi, la voilà, Approuvez-vous ce projet Ik,

LBSTOCQ.

Ma belle.

Et l'ordonnance du docteur Calme-t-elle de votre cœur La peur?

TROISlàUB COUPLET.

CATHERINE

Ah ! pardon, monsieur le docteur, Pour mériter un tel bonheur Que faire ?

LESTOCQ

Il faut m'obéir désormais, Il faut seconder en tout mes

Projets!

CATHERINE

Ah ! si Strolof le veut ainsi !

LBSTOCQ.

C'est lui qui vous l'ordonne ici J Autour de vous observer bien , Tout me dire et ne jamais rien

Me taire ! C'est son ordre, car sans frayeur On doit ouvrir à son docteur

Son cœur !

CATHERINE

J'obéiis monsieur le docteur, Vons avez banni de mon cœur

La peur !

LESTOCQ. C'est bien!., vous voilà donc comme Strolof à mon service, et pour commencer... Golofkin est-il sorti ce matin?

CATHERINE. Non, monsieiiT.

LESTOCQ. Il est encore ici!

CATHERINE. Là dans ce salon... auprès de sa femme et de la princesse Elisabeth.

LESTOCQ. Ne pas quitter sa femme. . . estce qu'il en serait jaloux?

CATHERINE. Non, monsieur.

LESTOCQ, a>a?'<. Tant pis... ça l'occuperait !.. II faudra y songer... et qu'est-ce que Golofkin, qu'est-ce que ces dames disaient dans le salon?

CATHERINE. Ilétaitquestion de la fête de ce soir dans les jardins de l'Ermitage.

LESTOCQ. Après.

CATHERINE. On disait quelafégente,que toute la cour devait y assister.

LESTOCQ. Après...

CATHERINE. Qu'il y aurait concert d'abord... et puis ensuite un bal... et l'on a discuté sur le costume que devaient mettre ces dames... Ma maîtresse voulait une paysanne française, et la princesse une bergère russe...

LESTOCQ. O futilités de femmes! c'est pourtant à cela qu'elle pense!., dans un pareil moment...

CATHERINE. Et un jeune officier qui était là, le capitaine Dimitri , un fort joli garçon, a proposé d'apporter à ces dames des dessein nouveaux qu'il allait chercher.

LESTOCQ. Et lui aussi!., et voilà des gens qui se mêlent de conspirer. . . {Haut à Catherine.) Va dans le salon et dis tout bas à

la princesse que je voudrais lui parler au

sujet de la fête qui se prépare.

CATHERINE. Jc n'oseraispas... ces dames essaient les morceaux de musique, moi aussi... ce qui est bien ennuyeux. .. et si vous vouliez me faire répéter...

LESTOCQ.Ils'agitbien décela!,, (y^ par*.) Un concert! de la musique... quand nous jouons pour elle notre existence... quand tout marche, tout s'organise, quand cette nuit peut-être le sang va couler... Mais nos conjurés dont le nombre augmente veulent absolument ou sa présence. .. ou un mot de sa main, et cette proclamation que j'ai promis de lui faire signer... par quel moyen... l'y décider?

CATHERINE, regardant laporte qui s'ouvre. Voici la princesse!..

LESTOCQ. Dieu soit loué... mais elle n'est pas seule.

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