SCENE m
Les Mêmes , ROBINSON , entrant par le fond.
TOBY, irèS'Vivement à Robinsoii.
Eh bien?
ROBINSON , dans le plus grand trouble.
Mes pauvres enfans, nous sommes perdus!
Ah ! mon Dieu !
TOBY
Expliquez-vous!
r.OBINSON.
Tout-à-l'heure, on m'introduit dans la grande salle; le roi était assis, entouré de sa cour ; on me dit tout bas de mettre un genou en terre, et ça se trouvait très-bien, car je sentais mes deux jambes s'en aller.
EFFIE
Mon pauvre Robinson!
TOBY
Laissez parler, femme.
ROBINSON
Le roi, prenant sans doute ma peur pour de l'émotion, me fait signe de me rassurer, et me présente sa main à baiser... jusque là, ça allait à merveille; toul-à-coup un officier, un colonel, je crois, les habits en désordre, couverts de poussière, entre dans la salle du trône et remet une lettre au roi. Le monarque l'ouvre, la lit, et la froisse dans ses mains avec colère, puis, me regardant fixement, il me dit: «Je vous ordonne, monsieur, de ne pas quitter le palais ! vous m'entendez? » Oui, sire, que je réponds en balbutiant; et sa majesté sort, suivie de ses officiers.
TOBY
Et vous ?
ROBINSOK.
Moi, je suis d'abord resté pétrifié à la même
LE BRASSEUR DE PPiESTON.
place, mais, co.nc fois, les tlcux genoux à terre, parce qu'un seul ne sutïisait plus.
TOIiY.
Mille tonnerres !
EFFIE
Allez, le roi sait tout ; mon pauvre fiancé !
Tonv.
Mon pauvre lieutenant! mais, qui a pu nous trahir! si je le savais!
nOBINSON.
Mon frère! mon bon Georges! n'y a-t-il plus d'espoir 1
ROMAKCE.
PREMIER COUPLET
Pour sauver ta vie,
J'aurais tout quilté ;
Jusqu'à mon Effie !,..
Rien ne m'aurait coûte'.
Pour un militaire Le premier bien, oui, c'est l'honneur ; Si tu le perds, mon pauvre frère, Je perds aussi tout mon bonheur !
Ah ! je desespère
De sauver tes jours !
Ciel, venez à mon secours; Au prix des miens, sauvez ses jours ;
TOBV et EFFIE.
Ciel, venez à mon secours ;
Au prix des miens, sauvez ses jours!
DEUXIÈME COUPLET
ROBINSON
Mon Dieu, je t'implore !
Au gré de mon cœur,
Qneje puisse encore Prolonger leur erreur !
Pour un militaire, Le premier bien, oui, c'est l'honneur ; Si tu le perds, mon pauvre frère.
Je perds aussi tout mon bonheur !
ENSEMBLE
Ah ! je désespère
De sauver \ (jours!
Ciel, venez à ' } secours ;
' I mon )
Au prix des miens, sauvez ses jours ! ROBI.NSON.
On vient me chercher, entendez-vous?
TOEY.
Allons, du calme, de la dignité ! songez à l'uniforme que vous portez !
ROBINSON
Oui, sergent, je vais tâcher de ne songer qu'à mon uniforme.
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