‹ Recueil d'opérasChapitre 36 sur 1141 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

Les Mêmes , ROBINSON , entrant par le fond.

TOBY, irèS'Vivement à Robinsoii.

Eh bien?

ROBINSON , dans le plus grand trouble.

Mes pauvres enfans, nous sommes perdus!

Ah ! mon Dieu !

TOBY

Expliquez-vous!

r.OBINSON.

Tout-à-l'heure, on m'introduit dans la grande salle; le roi était assis, entouré de sa cour ; on me dit tout bas de mettre un genou en terre, et ça se trouvait très-bien, car je sentais mes deux jambes s'en aller.

EFFIE

Mon pauvre Robinson!

TOBY

Laissez parler, femme.

ROBINSON

Le roi, prenant sans doute ma peur pour de l'émotion, me fait signe de me rassurer, et me présente sa main à baiser... jusque là, ça allait à merveille; toul-à-coup un officier, un colonel, je crois, les habits en désordre, couverts de poussière, entre dans la salle du trône et remet une lettre au roi. Le monarque l'ouvre, la lit, et la froisse dans ses mains avec colère, puis, me regardant fixement, il me dit: «Je vous ordonne, monsieur, de ne pas quitter le palais ! vous m'entendez? » Oui, sire, que je réponds en balbutiant; et sa majesté sort, suivie de ses officiers.

TOBY

Et vous ?

ROBINSOK.

Moi, je suis d'abord resté pétrifié à la même

LE BRASSEUR DE PPiESTON.

place, mais, co.nc fois, les tlcux genoux à terre, parce qu'un seul ne sutïisait plus.

TOIiY.

Mille tonnerres !

EFFIE

Allez, le roi sait tout ; mon pauvre fiancé !

Tonv.

Mon pauvre lieutenant! mais, qui a pu nous trahir! si je le savais!

nOBINSON.

Mon frère! mon bon Georges! n'y a-t-il plus d'espoir 1

ROMAKCE.

PREMIER COUPLET

Pour sauver ta vie,

J'aurais tout quilté ;

Jusqu'à mon Effie !,..

Rien ne m'aurait coûte'.

Pour un militaire Le premier bien, oui, c'est l'honneur ; Si tu le perds, mon pauvre frère, Je perds aussi tout mon bonheur !

Ah ! je desespère

De sauver tes jours !

Ciel, venez à mon secours; Au prix des miens, sauvez ses jours ;

TOBV et EFFIE.

Ciel, venez à mon secours ;

Au prix des miens, sauvez ses jours!

DEUXIÈME COUPLET

ROBINSON

Mon Dieu, je t'implore !

Au gré de mon cœur,

Qneje puisse encore Prolonger leur erreur !

Pour un militaire, Le premier bien, oui, c'est l'honneur ; Si tu le perds, mon pauvre frère.

Je perds aussi tout mon bonheur !

ENSEMBLE

Ah ! je désespère

De sauver \ (jours!

Ciel, venez à ' } secours ;

' I mon )

Au prix des miens, sauvez ses jours ! ROBI.NSON.

On vient me chercher, entendez-vous?

TOEY.

Allons, du calme, de la dignité ! songez à l'uniforme que vous portez !

ROBINSON

Oui, sergent, je vais tâcher de ne songer qu'à mon uniforme.

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