DLO
GOLOFKIN.
Prends garde et songe d'avance Que je veux la vérité '.
Ou bien crains de ma vengeance Un châtiment mérité l
CATHERINE
Je vous dois obéissance, Je vous dois fldélité , Et je jure ici d'avance De dire la vérité 1
GOLOFLIN.
Réponds donc! ce malin que t'a dit la niaiUesse, En recevant de toi ce billet fortuné ?..
CATHERINE
Quel billet ?
G0L0FK.I1Î.
Ce billet si rempli de tendresse Que ce jeune officier pour elle l'a donné!
CATHERINE
four elle... aucun!
GCLOFK.IN.
Ah ! c'est une imposture !
Tu mens !
CATHERINE
Non, monseigneur, c'est la vérité pure!
GOLOrKlN.
Lai ièttfe était pour elle !..
CATHERINE
Oh ! non, je vous le jnie!
GOLOFKIN.
Pour qui donc ce billet? à qui l'as-tu rtniis ?
CATHERINE, tremblante.
Je ne sais!..
COLOFKIK.
Pour qui donc ?
CATHERINE, à part.
Dieu ! que dire et que faire ?
GOLOFKIN.
Réponds ! réponds I
CATHERINE
Je ne le puis !
GOLOFKIN.
D'un esclave qui veut à mes lois se soustraire, Tu sais pourtant quel est le sort I Le knout, jusqu'à la mort.
ENSEMBLE
CATHERINE
Pour calmer sa colère, Hélas que dois-je faire?
Grâce !.. grâce pour moi I Grâce '..je meurs d'effroi !
GOLOFKIN.
Malheur au téméraire Qui brave ma colère , Obéis à ma loi, A l'instant réponds-moi.
GOLOFKIN , appelant.
Holà ! quelqu'un !
(Deux csclaies paraissent dans le cabinet à droite.] GOLOFKIN, leur montrant Catherine.
Qu'on la saisisse.
CATHERINE, poussant Un cri.
Ah! monseigneur!..
GOLOFKIN.
Que sous vos coups A l'instant même elle périsse !
Catherine, se Jetant a ses pieds.
Qu'ils ne me battent pas ! .. j'embrasse vos genoux.
GOLOFKIN.
Alors, parle... ou sinon j'ordonne ton supplice. CATHERINE, vitemeut.
Je dirai tout ! {A part. ) J'ai promis au docteur. Mais commenl tenir sa promesse, Hélas ! quand on se meurt de peur !
GOLOFKIN.
Eh bien I donc ce billet...
CATHERINE
Etait pour la princesse Elisabeth !.. j'en jure sur l'honneur.
GOLOFKIN, étonné.
Pour la princesse !.. et cette lettre, Qui t'a dit de la lui remettre.'
CATHERINE, hcsitanl.
Hélas 1 GOLOFKIN, faisant un geste aux esclaves Réponds, ou bien...
CATHERINE, vixement.
C'est le docteur.
GOLOFKIN, surpris.
Et lui-même m'a dit qu'elle était pour ma femme ; A quoi bon ce mensonge... il faut donc, je le voi , Qu'un de vous deux me trompe 1
CATHERINE, vivement.
Ah ! sur mon amc, !\Ion doux maître , ce n'est pas moi!
Je le jure... ce n'est pas moi.
ENSEMBLE
CATHERINE
Pour calmer sa colère,
lESTOCQ.
Hélas l que faut-il faire ?
Grâce!.,, grûce pour moi l Giilce!.. j e meurs d'effroi l
GOLOrKIN.
Malheur au téméraire Qui brave ma colère...
Je ne sais si je doi Me fler à sa foi !
[On frappe en ce moment à la porte du fond. Golofkin fait signe aux deux esclaves de sortir par la porte à droite.
GOLOFKiN, d Catherine, lui montrait la porte du fond.
On vient... réponds !
CATBEKiNE , d'une vola, tremblante.
Qui frappe ainsi !
DiMiTRi j en dehors parlant.
Moi , Dimitri.
Catherine, d part. Le jeune capitaine !
GOLOFKiN, à part.
Serait-ce un rendez-vous !.. Un rendez-vous ici i Avec qui? cette fois c'est le ciel qui l'amène ; Je saurai tout !
{Montrant le cabinet à droite.) De cet endroit secret Je puis tout voir et tout entendre !
[A Catherine.) Toi pas un mot qui lui fasse comprendre Que je suis là !..
CATHERINE, tremblante.
Mon cœur vous le promet!
ENSEMBLE
GOLOFKIN, à demi-voix.
Ouvre-lui... dans ces lieux
Un hasard trop heureux
Près de moi le conduit 1
Oui , le sort me sourit ,
Tu m'entends... je l'ai dit ,
Pas un mot... pas de bruit !
CATHERINE, de même.
Je voudrais dans ces lieux
Lui parler... je ne peux !
Tout me manque à la fois,
Et la force et la voix !
Ça suffit... tout est dit.
Pas un mot... pas de bruit! (Golofkin se cache dans le cabinet à droite dont la fenêtre le laisse en vue du spectateur. Catherine va ouvrir à Dimitri et revient toute tremblante se remettre près du cabinet à droite).