‹ Recueil d'opérasChapitre 364 sur 1141 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DIMITRI, ELISABETH , GOLOFKIN,

dans le cabinet d droite.

TRIO

BMSABETH , au fond du théâtre.

A chaque pas je sens mon cœur Battre d'amour et de frayeur!

(Apercevant Dimitrii, Ah 1 le voilà ! c'est lui-même , O moment plein de douceur !

Mes dangers même et ma terreur...

Tout est plEÙsir ! tout est bonheur !

DIMITRI, d part.

Quel contre-temps , hélas 1 mon cœur Bat de dépit et de frayeur.

Ah ! quand j'attends ce que j'aime, Faut-il donc qu'un sort jaloux Vienne troubler un sort si doux , Et déranger mon rendez-vous!

ELISABETH , s^avançant vers Dimitri.

De trouble et de bonheur que mon ame est saisie l

DIMITRI, regardant autour de lui.

Ah ! que je crains de voir arriver Eudoxie ! (77 veut faire un pas pour sortir et se trouve orè* d'Elisabeth.)

ELISABETH , ovec émotion, Dimitri.» dès long-temps je voulais vous parles»

DIMITRI , s'inclinant.

Madame..» un tel honneur...

LE MAGASIN THÉÂTRAL

ELISABETH, à part et se soutenant à peine. (Haut à Dimitri.) Ah ! je me sens trembler.

Asseyons-nous de grâce.

DiMiîai, à part.

O contre-temps funeste '.

60L0FKIM, à part, dans le cabinet.

Que va-t-elle lui dire ?,. Ecoutons.

DiMiTBi, avec désespoir.

Elle reste.

ENSIMBLE.

DiMiTRx, à part.

O ciel ! elle ne s'en va pas I Âh l je me meurs d'impatience On va venir , l'heure s'avance. Tout redouble mon embarras!..

A chaque instant je crois , hélas 1 Entendre le bruit de ses pas.

ELISABETH

Que j'aime ce doux embarras 1 Oui, par respect en rua présence Il n'ose rompre le silence.

Il veut parler et n'ose pas.

Malgré moi je partage , hélas !

Et son trouble et son embarras!

GOLOFKiN, à part.

Qui peut ici guider ses pas ?

Oui, dans un tel lieu sa présence Doit exciter ma défiance.

Ecoutons , ne nous montrons pas.

A ma surveillance... à mon bras.

Les traîtres n'échapperont pas !

ELISABETH, regardant Dimitri qui s^est assis près d'elle.

(A part.) (Haut.)

Il se tait!., c'est à moi de parler... et d'abord- Il faut qu'Elisabeth ici vous remercie Du zèle qui vous fait exposer votre vie Pour défendre sa cause et partager son sort !

DIMITRI, virement.

De moi , de mes soldats, je vous réponds, madame.

GOLOFKiN, à part.

Qu'enteods-je?

DiMiTBi, de même.

Dans l'ardeur qui pour vous les enflamme, De la révolte attendant le signal , Ils sont tous prêts !

GOLOFKiN, dpart.

0 complot infernal !

ELISABETH, sourlant.

Oui, Lestocq me l'a dit 1

GOLOFKIN, à part.

Lui , Lestocq ! ah 1 le tredtre !

ELISABETH

Il prétend qu'on peut croire à leur fldélité !

{Avec intention.) A la vôtre surtout. . .

DiMiXBi, vivement et avec chaleur.

Vous pourrez la connaître Dès ce soir.

ELISABETH

Ce soir!

DIMITRI , de même et rapidement.

Oui, le plan est arrêté !

Tous les principoux chefs, moi, Lestocq et vingt

(autres.

Nous devons à minuit nous rendre tous d'ici

Aux quartiers Préobajenski, Haranguer les soldats qui déjà sont des nôtres. Nous marchons à leur tête et saisissons soudain La régente, Munich et surtout Golofkin !..

GOLOFKIN, à part.

Grand merci ! d'un tel soin la récompense est prête.

DIMITRI, se levant.

Si tels sont les projets que vous vouliez savoir... ELISABETH , le retenant.

Ce n'est pas tout encore !

DIMITRI , à part.

Ah ! plus d'espoir , C'est fini 1 j'en perdrai la tête !

DIMITRI, dpart.

O ciel ! elle ne s'en va pas !

Ah ! je me meurs d'impatience !

On va venir, l'heure s'avance ; Tout redouble mon embarras.

A chaque instant je crois, hélas !

Entendre le bruit de ses pas.

ELISABETH, à part.

Que j'aime ce doux embarras !

Oui, par respect en ma présence, Il craint de rompre le silence ; Il veut parler et n'ose pas.

Malgré moi je partage , hélas 1 Et son trouble et son embarras.

GOLOFKIN, d part.

De leurs coupables attentats.

Grâce au ciel , j'ai donc connaissance , Et je bénis leur imprudence Qui vient les livrer à mon bras I Dans l'ombre je suivrai leurs pas :

Les traîtres n'échapperont pas.

ELISABETH

Je veux savoir encore...

DIMITRI, vivement.

Ah ! je vous en conjure !

Parlez vite J

ELISABETH

On prétend.. . c'est Lestocq qui l'assure, Qu'à tous ces noirs projets de conspiration Vous vous êtes mêlé non par ambition, Mais par amour.. . par excès de tendresse I

DIMITRI

Ce Lestocq est-il indiscret !

(Avec embarras.) Oser ainsi parler à votre Altesse. . .

ELISABETH , le regardant avec tendresse. C'est une trahison !. . c'est bien mal en effet !

DIMITRI, avec impatience et chaleur.

Eh bien 1 si vous savez pour qui mon cœur soupire, Si vous savez par lui mes amours, mes projets, A quoi bon feindre encore Pet s'il faut tout vous dire.

Celle que j'aime et qu'ici j'attendais. . . [On frappe violemment en dedans du cabinet à gauche où est Lestocq. Dimitri et Elisabeth s'arrêtent j

étonnés.) Du silence !

ELISABEIH.

DIMITRI, dpart.

0 terreur mortelle !

ELISABETH, montrant le cabinet à gauche C'est là, de ce côté !..

DIMITRI, à part.

Grand Dieu ! si c'était elle !

{A Elisabeth.) Qui que ce soit... fuyez des regards indiscrets ! ENSEMBLE.

DIMITRI, à Elisabeth.

On pourrait vous surprendre.

On pourrait nous entendre !

Il est trop dangereux

1E8T0CQ.

De rester en ces lieux , Partez, partez, de grâce!

Le danger vous menace I Mais comptez sur ma foi î L'honneur m'en fait la loi!

ÉLISÂbETH.

Oui , l'on peut nous surprendre!

On pourrait nous entendre 1 Il est trop dangereux De rester en ces lieux !

Partez , partez de grâce !

Le danger vous menace!

Adieu, pensez à moi, Et croyez à ma foi !

GOLOFKiN, d part.

Ce que je viens d'enteudre , Ce qu'il vient de m'apprendre Peut suflire à mes vœux!

Quittons ! quittons ces lieux !

O criminelle audace!

Point de pitié... de grâce !

Leurs secrets sont à moi , Qu'ils pâlissent d'effroi !

(Elisabeth sort par la porte du fond, et Golofkin sort du cabinet à droite où il est, par la porte extérieure qui donne sur le parc.)

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