‹ Recueil d'opérasChapitre 382 sur 1141 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LESTOCQ seul, puis STROLOF et ses compagnons.

Moi, j'y reste!., en ce palais... il m'appartient... je m'en empare, et malgré les dangers qui m'y environnent, si Strolof et ses amis sont exacts au rendezvous...

Il va ouvrir la fenêtre du fond. On aperçoit en dehors Strolof et une douzaine de conjurés qui sautent de la fenêtre dans Tintérieur de l'apparlement,

CHOEUR

Dans l'ombre et le silence L'heure de la vengeance Va-t-elle enfin venir ?

{A Lestocq.) Que ton bras intrépide Nous dirige et nous guide Il faut vaincre ou mourir.

LESTOCQ , au milieu des conjurés.

Amis, vos cœurs sont-ils au-dessus de la crainte f A braver le trépas ètes-vous résolus ?

CHcœuR.

Oui, tous!

Alors , on peut parler sans feinte I On nous a dénoncés, nos projets sont connus. Tors.

O ciel !

LESTOCQ

Eh bien ! nous sommes tous perdus !

Je le sais , et pour fuir lu mort qui nous menace, Quel péril peut alors arrêter notre audace? Je connais un moyen désespéré... hardi , Mais qui peut tout sauver !

TOUS

Ordonnez, nous voici 1

CHOEUR

Sur notre obéissance Tu peux compter d'avance.

Nous saurons te servir!

Que tou bras intrépide Nous dirige et nous guide, Il fiiut vaincre ou mourir.

LESTOCQ , les rassemblant autour de lui. Il ne faut plus songer à nous emparer de

dà

LE MACASIN THÉATBAL.

Munich et de Golofkin , ils sont avertis , et sans doute sur leurs gardes... Il faut renoncer à nous saisir du prince Ivan... il n'est plus au palais.

TOUS. O ciel!

LESTOCQ. Mais sa mère, la régente, Anne de Courlande, y est encore; elle sort du bal et vient de rentrer dans ses appartemens qui sont de ce côté; voici la porte qui conduit chez elle...

STROLOF. Eh bien?

LESTOCQ. Il faut y pénétrer ; vous la trouverez, ou déjà endormie, ou entourée de ses femmes. A votre seul aspect, elle s'effraiera aisément... et, de gré ou de force, il faut qu'elle signe l'ordre d'arrê^ ter Golofkin, Munich et Osterman, et qu'elle me charge, moi, d'exécuter cet ordre... le reste me regarde... Je connais le soldat russe et son obéissance passive... je commanderai auxtroupes mêmes de Golofkin , au nom de la régente... et aux nôtres, au nom d'Elisabeth.., mais il faut qu'elle signe... {à Strolof.) Il le faut, tu m'entends!..

STROLOF. Si elle résiste !

LESTOCQ, souriant. A la vue d'un poignard, c'est impossible... elle est femme et je la connais.

STROLOF. Et si l'on vient à son secours, si les gardes du palais attirés par ses cris..

LESTOCQ, atec insouciance. Alors, comme je vous disais tout-à-l'heure... cela revient au même... nous sommes perdus et nous ne risquons pas davantage à tenter l'entreprise. ( Avec force. ) Du reste, si l'on accourt à son aide, on n'arrivera à vous qu'après m'avoir tué... car je reste ici à cette porte, dont je défendrai l'entrée... Vous, mes amis, vous m'avez compris...

CHOEUR

Sur notre obéissance Tu peux compter d'avance, Nous saurons te servir !

Oui, ta voix intrépide Nous dirige et nous guide Il faut vaincre ou mourir.

(Ils entrent tous par la porte à deux battans qui est à droite, et Lestocq reste debout devant la porte, un pistolet dans chaque main.)

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